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Rien dans la Bible ne justifie une « allergie aux femmes »

Mon vœu au début de cette nouvelle année, c’est que l’on en finisse avec cette « allergie aux femmes » qui empêche la mise en œuvre des dons et ministères au sein de l’Église !

C’est un cri du cœur ; c’est une prière.

Quelqu’un s’étonnait de ce que j’écris parfois : on n’entend quand-même plus ce genre de chose négative sur les femmes, vous grossissez le trait, vous exagérez…

Malheureusement, non. Sans prétendre parler de toutes les personnes, Églises ou dénominations (car je ne les connais pas toutes !) il existe néanmoins des contextes où il règne une sorte d’« allergie » concernant les femmes dans le ministère pastoral.

Cela fonctionne comme une allergie sévère : même un petit contact avec l’allergène provoque une réaction instantanée et violente.

Je ne parle pas de ceux et celles qui ne sont pas convaincus, ou qui s’interrogent, mais qui de façon sérieuse creusent les Écritures. Tout étudiant sérieux, toute étudiante sérieuse de la Parole de Dieu sait que les arguments de part et d’autre sont trop complexes pour être méprisés d’emblée, ce qui reviendrait à s’accrocher à des conclusions simplistes prévues ou désirées d’avance.

Et il existe des explications avancées par celles et ceux qui sont en faveur du ministère pastoral des femmes qui sont sérieuses, informées et avant tout bibliques. C’est un critère incontournable : nous avons une « haute » opinion de l’inspiration de l’Écriture.

Mais plusieurs n’entendent pas ces explications, sans parler de les examiner avec soin ou de dialoguer ensemble.

Cela semble fonctionner comme une allergie sévère : même un petit contact avec l’allergène provoque une réaction intempestive.

Cela fait même penser à une sorte de « perte de contact » avec la vérité de l’Évangile, la rédemption en Christ Jésus. Les émotions et la colère prennent le dessus : rien ne semble plus horrible ou hérétique ou menaçant ou laid, paraît-il, qu’une femme qui exerce un ministère pastoral.

Et ça, c’est le cri du cœur : pourquoi est-ce si horrible et menaçant ?
Qu’une chrétienne prêche la vérité de l’Évangile et serve l’Église ?

Jésus a dit :

« Eh bien, moi je vous dis : celui qui se met en colère contre son frère ou sa sœur mérite de comparaître devant le juge ; celui qui dit à son frère ou sa sœur : “Imbécile !” mérite d’être jugé par le conseil suprême ; celui qui lui dit : “Idiot !” mérite d’être jeté dans le feu de l’enfer. » (Matt 5 : 22)

Paroles hyperboliques fortes qui constituent un avertissement important de la part du maître. Jésus diagnostique la haine secrète des cœurs, source d’agressions et de meurtres qui aboutissent effectivement à une comparution devant un juge.

Nous condamnerions-nous, nous insulterions-nous les uns les autres parce que nous avons des interprétations bibliques différentes ? Oserions-nous nous aventurer sur un tel terrain ? Seul le Juste Juge qui règne au ciel a le pouvoir de juger ses propres « serviteurs et servantes » (Ac 2).

Paul était de bon conseil pour l’Église de Rome :

« Accueillez la personne qui est faible dans la foi, sans critiquer ses opinions.
Par exemple, l’un croit pouvoir manger de tout, tandis que l’autre, qui est faible dans la foi, ne mange que des légumes. Que celui qui mange de tout ne méprise pas celui qui ne mange pas de viande, et que celui qui ne mange pas de viande ne juge pas celui qui mange de tout, car Dieu l’a accueilli lui aussi. Qui es-tu pour juger le serviteur d’un autre ? Qu’il demeure ferme dans son service ou qu’il tombe, cela regarde son maître. Et il demeurera ferme, car le Seigneur a le pouvoir de le soutenir. » (Rm 14 : 1-4)

Bien entendu, le statut spirituel d’une enfant de Dieu n’a pas de commune mesure avec celui d’une pièce de viande (le problème avec la viande proposée sur les étals de l’empire romaine, était en lien avec le culte païen ; elle était sacrifiée à des idoles, et donc, dans l’esprit de plusieurs, à des démons ; mais pour le chrétien fortifié, toute viande appartient en réalité au Dieu souverain).

Le statut spirituel des croyants n’est pas non plus une question d’opinion personnelle, mais s’enracine solidement dans l’œuvre de Christ.

Paul écrit dans une démarche pédagogique, pour calmer les esprits, pour éduquer, pour fixer les regards sur le Seigneur de tous.

En toute sincérité, pourquoi est-ce si horrible ou hérétique ou menaçant ou laid ?

Pourquoi cette allergie paralysante et asphyxiante devant l’idée qu’une sœur en Christ exerce un ministère pastoral ?

Car :

Il ne faut pas opposer à ce plan de salut magistral, à la rédemption de l’humanité, les réalités culturelles et sociales des temps bibliques qui se reflètent dans la Bible.

Car :

Rien dans la Bible ne justifie une « allergie aux femmes » !

Affirmons-le : elles ont été créées à l’image de Dieu pour le représenter au sein de la création.

Il y a eu la chute, résultat de l’intervention horrible et mensongère du serpent rusé qui a réussi à désolidariser le couple crée pour être uni. Mais l’Évangile est la bonne nouvelle de la rédemption en Jésus-Christ et de la création d’une nouvelle humanité en Lui.

Je connais une personne allergique aux pommes de terre, aux carottes, aux petits pois et lentilles… des aliments courants de tous les jours. Même la vapeur de l’eau de cuisson de ces bons aliments pleins de vitamines, de fibres et de protéines nécessaires à la vie lui retourne le cœur… Le problème ne réside pas dans les aliments crées par Dieu, mais dans un dysfonctionnement de son propre système immunitaire.

On peut dialoguer, avec respect, sur les interprétations bibliques. Je prie que ceux et celles qui expérimentent des réactions fortes contre l’implication des femmes dans le service du Maître s’interrogent sincèrement sur l’origine de ces réactions (finalement, ne perdurent-elles pas depuis la chute ?)

Jésus, lui, n’en souffrait pas ! Alors une excellente cure serait d’étudier dans le détail la manière dont il accueillait et dialoguait avec les femmes. Les Évangiles sont l’arrière-plan indispensable pour comprendre les épîtres.

En 2022, par la grâce de Dieu, devenons les imitateurs du Maître et oeuvrons à l’instauration d’une paix messianique parmi nous.

Et ça, c’est la prière.

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