Sensibiliser

Marie console Eve

Publié par Marie-Noëlle Yoder le 15/12/17

mary comforts eve
Marie console Eve
Dessin au crayon, sœur Grace Remington, OCSO
2005, Sisters of the Mississipi Abbey

 

Ce magnifique dessin à la craie et au crayon de couleurs a fait le tour du monde et touche ceux qui croisent sa route. Chaque détail est subtilement choisi et orchestré. Avez-vous vu les pieds de Marie et d’Eve ? Sœur Grace Remington a su traduire un point sensible de l’espérance qui habite les chrétiens en ce temps de l’avent : la victoire de Dieu en Jésus sur la mort, le mal et le péché.

Face à Eve, « celle qui porte la vie », souvent pointée du doigt dans la tradition religieuse comme étant celle par qui le péché est arrivé dans le monde, se trouve Marie choisie pour porter le Messie. Ces deux femmes, si souvent mises en opposition par les théologiens sont ici réunies en un seul dessin, et pourrait-on dire, en un seul destin. Au-delà de leur féminité, elles représentent toutes deux l’humanité pécheresse et appelée à porter le Christ.

Le tableau est baigné de couleur dorée, symbole de la sainte présence de Dieu. Marie et Eve se font face sous une arche. Celle-ci symbolise traditionnellement la force et le soutien mais aussi le début et la fin. Les arches sont comme des seuils qui connectent différents mondes et différents espaces. Ici, l’arche peut être interprétée comme un passage du chronos, le temps de l’histoire au kairos, le temps de Dieu. La tristesse d’Eve et la joie de Marie ne font qu’une dans l’humanité brisée et délivrée. Cette rencontre a lieu dans le jardin, temple idéal où la présence de Dieu est pleine et entière.

Eve, habillée de sa chevelure de terre, serre le fruit contre elle comme si elle peinait à s’en défaire. C’est la triste réalité du péché qui se traduit dans son regard et empourpre ses joues. Eve ne peut plus relever la tête, pourtant une bonne nouvelle s’annonce ! Le message est dans le ventre de Marie.

Marie regarde le fruit d’Eve avec un regard plein d’espoir car elle vit la grâce de Dieu de l’intérieur. Elle sait qu’elle porte en elle le fruit (Luc 2.42) de l’espérance : Jésus. Avec douceur, Marie touche le visage d’Eve afin de détourner le regard de son péché et le diriger vers son propre ventre chargé d’espoir. Son autre main amène celle d’Eve sur son ventre pour qu’elle aussi puisse sentir bouger celui qui la délivrera. Marie ne fait pas un long sermon à Eve, elle la guide vers la réalité présente : Emmanuel, Dieu parmi nous.

La tendresse du toucher entre ces deux femmes traduit celle avec laquelle Dieu s’est fait homme. Il est venu habiter notre humanité pour la toucher, la guérir, la relever et la redresser.

Des reproductions de ce dessin sont disponibles à au magasin de l’abbaye du Mississipi. Un poème, commandé à une autre sœur, Columba Guare, est inscrit à l’intérieur de la carte (original en anglais ici).

O Eve !

Ma mère, ma fille, Eve porteuse de vie,

Ne sois pas honteuse, ne porte pas le deuil.

Les choses anciennes sont passées

Notre Dieu nous a donné un nouveau jour

Regarde, je porte un enfant,

À travers lequel tout sera réconcilié.

O Eve ! Ma sœur, mon amie

Nous nous réjouirons ensemble

Pour toujours

La vie sans fin

 

 

Articles en anglais qui ont inspiré cet article

Un article sur la même image sur le blog de Marg Mawczko

Un site catholique qui détaille les symboles présents dans le dessin

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