Le terrible procès de Mazan jette une lumière crue et blafarde sur un homme ayant recruté plusieurs dizaines d’hommes pour violer son épouse droguée pendant que lui filmait les séances.
Terrifiante réalité d’une violence sexuelle deshumanisante et avilissante !
L’horreur des faits, outre leur durée et leur impact sur la santé physique et mentale de l’épouse, a été aggravée depuis la révélation publique de l’affaire, par une prise de parole scandaleuse d’un avocat de la défense souhaitant distinguer entre ‘viol et viol’ selon l’intention de l’auteur. Maitre De Palma a en effet déclaré au tribunal puis a réitéré ses propos devant la presse, qu’“Il y a viol et viol, à partir du moment où il y a une intention coupable, à partir du moment où on arrive à rapporter la preuve du fait que la personne a commis des actes de viol avec conscience de commettre des actes de viol. Sinon il n’y a pas de viol.”
Sur les réseaux sociaux les réactions ne se sont pas fait attendre. Ainsi, la philosophe Sophie Galabru : « “C’est donc au violeur de définir, à sa guise, ce qu’est un viol, selon qu’il ait ressenti ou non une intention ? Je découvre la notion de viol accidentel à l’insu du plein gré de son auteur…”
Ce procès met en lumière la permanence profondément ancrée dans notre société de présupposés sexistes contre lesquels le texte biblique s’élève farouchement depuis des siècles, même si la religion des siècles passés a mis sous le boisseau certaines affirmations jugées excessives et par là-même occulté le projet de Dieu pour le couple et plus particulièrement son projet pour la sexualité féminine.
Ainsi le regard positif posé sur la sexualité qui est un cadeau de Dieu (Genèse 2 donne à l’humanité l’ordre « Multipliez ») et surtout qu’elle a pour but le plaisir, lire le texte du cantique des cantiques suffit à s’en convaincre.
Mais le plaisir de qui ? Celui de l’époux ! répondaient les docteurs de la loi tout comme les représentants de la religion, puisqu’en mettant le focus sur la nécessité de la procréation, ils rendaient en même temps nécessaire le plaisir masculin ! Quant au plaisir féminin, il a très vite été suspecté de contenir des relents de soufre et ce d’autant plus qu’il ne sert à rien dans la procréation et qu’il n’existe que pour lui-même. Il valait donc mieux l’éviter et pour cela il fut déconsidéré, jugé scandaleux et indigne des ‘bonnes chrétiennes’.
Certaines sociétés notamment en Afrique, vont aujourd’hui encore jusqu’à la mutilation génitale pour s’assurer que jamais les femmes ne puissent expérimenter le plaisir sexuel. Mais le problème du plaisir féminin n’existe pas seulement en Afrique ; ici même, en France, des femmes âgées, ‘bonne chrétienne’ et mariées durant de très longues décennies, m’ont confié avec tristesse ne pas savoir ce qu’est un orgasme…
La triste réalité c’est que la sexualité des femmes pose question à un grand nombre de personnes, souvent masculine d’ailleurs. Je me souviens avoir vu il n’y a pas longtemps une émission télévisée qui avait invité de grands spécialistes médicaux tous masculins pour parler de sujets dont ils n’expérimenteraient jamais rien puisqu’il s’agissait de la ménopause et plus particulièrement de la sexualité des femmes après la ménopause et de ce que ces femmes ménopausées devaient mettre en oeuvre pour continuer à … satisfaire leurs maris… Sic !
Depuis la nuit des temps, les femmes semblent ainsi vouées à n’être que des corps mis à disposition pour le bon vouloir et le plaisir de l’homme. L’apôtre Paul ne dit-il pas en 1 Corinthiens 7 que « la femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari » ?
Dans la droite ligne de cette croyance, des internautes réagissant aux commentaires souvent violents de personnes ulcérées par les faits, ont affirmé que les hommes jugés dans l’affaire Mazan étaient dans leur bon droit puisque le mari les avait autorisés à avoir des relations sexuelles avec l’épouse. D’autres encore affirment qu’il s’agissait d’un jeu entre époux…
Dans ces systèmes de pensées, ces hommes pensent légitimer leurs actes par le fait que l’épouse aurait consenti à être utilisée comme jouet sexuel par des inconnus alors même qu’elle était endormie par de puissants somnifères et qu’en toute bonne foi, le mari qui transmettait l’autorisation avait respecté le consentement initial de son épouse. C’est la ligne de défense choisir par plusieurs d’entre eux.
On croit cauchemarder devant tant de perversion ! Malheureusement, les présupposés donnant naissance à ces systèmes de pensées existent également dans nos milieux chrétiens évangéliques.
Au cours de mon ministère pastoral, j’ai entendu quelques-uns de ces présupposés dans la bouche de chrétiens qui affirmaient en toute bonne foi que :
- Le corps de femme est destiné au plaisir des hommes.
- Les hommes ont des droits sexuels, les femmes n’ont que des devoirs sexuels.
- Les pulsions sexuelles masculines sont incontrolables !
- Le désir masculin est impératif, la femme doit l’accepter !
- On ne peut ‘garder un homme’ si on ne le satisfait pas sexuellement
Il est connu que dans la société juive du premier siècle, l’épouse était un être humain avec un statut de mineure perpétuelle, vivant en permanence sous la tutelle d’un homme, père, mari ou frère lui garantissant respectabilité et subsistance. Que dans la société romaine, les corps féminins étaient au service des hommes, celui de l’épouse servait à donner des enfants à l’époux, celui de la courtisane à lui donner du plaisir. Entre hier et aujourd’hui, rien de nouveau sous le soleil depuis Genèse 3 et les conséquences du péché !
Or, et c’est bien là le problème, il y a eu ‘Du nouveau sous le soleil’ et ce nouveau s’appelle Jésus-Christ ou encore Paul, qui, à la suite du Christ a révolutionné la place des femmes dans l’église et dans la société du premier siècle avec des affirmations étonnantes dont les conséquences peinent encore à se faire entendre aujourd’hui.
Ainsi, le verset tel que je l’ai cité ci-dessus est tronqué de sa meilleure partie, tronqué de la partie innovante. En effet, l’autorité du mari sur le corps, la vie et la sexualité de l’épouse n’était pas une nouveauté, c’était la norme. Ce qui en revanche était totalement innovant poru l’époque, c’est la seconde partie du verset :
« et le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. »
Autrement dit, époux et épouse se retrouvent tous deux dépouillés de toute autorité contraignante sur le corps de l’autre puisqu’il y a réciprocité d’autorité. Aucun des deux membres du couple n’a le droit de s’imposer à l’autre. Et dire que l’apôtre Paul a si souvent été traité de misogyne !
Or, dans deux textes majeurs, 1 Corinthiens 7 : 1-6 et 1 Corinthiens 11 : 3 – 16, l’apôtre Paul affirme justement que les épouses ont de l’autorité et pour les deux textes, c’est le mari qui est l’objet de l’autorité de l’épouse ! Malheureusement, les deux textes semblent avoir perdu toute leur potentialité révolutionnaire au cours des siècles passés en passant par des chemins différents.
Pour 1 Corinthiens 7, ce sont les lecteurs eux-mêmes qui ont fait l’impasse sur la deuxième partie du verset, celle qui affirme l’autorité que l’épouse possède sur le corps du mari en privilégiant la première partie du verset. Durant des siècles, l’église a râbaché des enseignements portant sur les versets choisis, souvent prônant la soumission féminine sans insistance sur la part du mari. N’ayant pas accès aux textes par eux-mêmes comment les couples pouvaient-ils connaitre la profondeur de l’innovation introduite par l’apôtre ?
Pour 1 Corinthiens 11, ce sont les traducteurs qui ont ajouté des bribes choisies pour détourner l’autorité que l’épouse doit avoir sur la tête et la transformer en signe de soumission, elle devient une tête vidée de toute initiative puisque c’est l’homme qui est la tête de la femme ! Dans les traductions du XXème siècle, seule la version de Darby mentionnait les rajouts en les mettant entre crochets et en signalant en note que ces mots n’existaient pas dans le texte grec : « C’est pourquoi la femme doit avoir sur la tête [une marque de] l’autorité [dont elle dépend]. »
Femme objet sans corps et sans tête qui traverse les siècles comme une proie facile à capturer !
La femme, l’épouse chrétienne ne subit que rarement la soumission chimique (du moins je l’espère), mais on la bassine de versets tronqués, de focalisation partielle (Ephésiens 5:22 sans Ephésiens 5:25), voire de traductions éhontées (1Cor.11:10) sacralisant le rôle de chef de son époux pour lui imposer une domination qui a tout à voir avec les conséquences du péché et rien avec l’Evangile.
Je le répète, ce n’est pas ce que le texte biblique dit ! Le texte biblique affirme au contraire en 1 Corinthiens 7 que nous sommes en présence de deux corps pleinement agissants, avec deux autorités, qui s’exercent chacune sur le corps de l’autre !
Quant à 1 Corinthiens 11, le texte grec dit textuellement : « la femme doit avoir autorité sur la tête » et les grammairiens assurent que le terme grec « exousia » utilisé ici signale toujours une autorité active, exercée et jamais passive, subie. Les termes « marque » ainsi que « dont elle dépend » qui sont des ajouts des traducteurs, démontrent clairement la récurrente difficulté masculine à accepter que les femmes puissent être détentrice d’une autorité propre, à fortiori une autorité qui s’exercerait sur le mari (puisqu’il est impossible dans le texte de déterminer avec précision si la tête en question est celle de la femme ou du mari).
Néanmoins, deux raisons me font pencher vers une lecture de mutualité :
- Premièrement, nous sommes dans le même fonctionnement que dans 1 Corinthiens 7
- Deuxiemement, l’apôtre Paul aurait pu ajouter un complément pour désigner de quelle tête il s’agit. Il le fait au verset 5 ‘sa tête à elle’ et il ne l’utilise pas ici. Il laisse planer le doute d’autant plus que les deux termes chef et tête de nos versions traduisent un seul mot grec, kephalé !
| 1 Cor 7 | 1 Cor 11 | |
| Mutualité | Le mari a des devoirs envers l’épouse/ l’épouse a des devoirs envers le mari / Commun accord pour les temps d’abstinence | L’homme est la tête de la femme / la femme doit avoir autorité sur la tête / Tout vient de Dieu |
| Place de la femme | La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari | La femme a été tirée de l’homme |
| Place du mari | Le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme | L’homme existe par la femme |
Deux corps actifs susceptibles de produire du désir sexuel ou de le refuser sont en présence l’un de l’autre dans 1 Corinthiens 7. Deux têtes pensantes susceptibles de produire de la réflexion, d’émettre des propositions sont en présence l’une de l’autre dans 1 Corinthiens 11. Et dans les deux textes, le lien entre ces deux corps et têtes c’est l’autorité, chacun ayant autorité sur le corps et la tête de l’autre.
A travers ces deux textes, l’apôtre Paul donne donc aux femmes un statut d’égal à égale avec les hommes, un statut d’adulte émancipé et sujet de droits : Elles ont un corps dont elles peuvent jouir pour elles-mêmes, un corps qui leur procure de la joie et du plaisir sexuel. Elles ont une tête et elles peuvent également en tirer une satisfacation intellectuelle, tout en participant aux décisions familiales.
Les « femmes sans corps et sans tête » des sociétés patriarcales ne devraient plus avoir de place, ni dans nos églises, ni dans nos pays occidentaux.
L’Evangile a donné aux femmes des droits bien avant que les sociétés occidentales ne légiférent à ce sujet :
Au niveau de la sexualité, les épouses reçoivent le droit d’être pleinement actives, de provoquer le désir sexuel de son mari sans pour autant être suspectées, méprisées et considérées comme des chrétiennes indignes, voire pire, mais également celui de repousser le corps désirant du mari et donc de se refuser à lui !

Au niveau de la vie intellectuelle ou décisionnelle du couple, les femmes reçoivent le droit de se poser en vis-à-vis réel, pleinement adulte et participante à la vie familiale à mesure égale avec le mari. Elles redeviennent les Ezer Kenegdo voulues par Dieu avant la chute de Genèse 3.
Les explications ou motivations des hommes qui refusent aux femmes, aux épouses, les droits imprescriptibles de tout être humain, le droit à la dignité, au respect, le droit de refuser une relation sont-elles encore recevables aujourd’hui face à des textes vieux de presque 2000 ans qui leur reconnaissent ces droits ? Giséle Pelicot a raison, il est grand temps que la honte change de camp, que ces affirmations délétères concernant les femmes soient dénoncées comme perverses jusque dans nos milieux chrétiens.
Comment ne pas se révolter en entendant les légitimations maladroites et infantiles que les hommes violents apportent si souvent à leurs actes ?
Comment réagir face à ces actes de violence sexuelle qui prouvent le refus d’un vis-à-vis adulte et conscient puisque ces hommes vont jusqu’à droguer des êtres humains pour assouvir leurs besoins de puissance et de domination ?
Si la société peine à « éduquer » les garçons et les hommes à controler leurs pulsions parce qu’elle n’a pas encore saisi l’importance de différencier les masculinités toxiques et de les rejeter, le féminisme quant à lui, est régulièrement accusé de chercher à émasculer les hommes, comme si la violence était constitutive de la masculinité !
Dans nos églises également, des épouses sont encore violées, battues, tuées parfois. Oui, oui, je répète et j’assume ce que je dis : Des épouses sont violées au nom de la sacro-sainte affirmation du devoir conjugal et souffrent de la double peine lorsqu’en s’adressant à un pasteur en espérant de l’aide, elles s’entendent dire qu’elles doivent se soumettre au bon vouloir et plaisir de leur mari puisque c’est la volonté divine !
J’ai presque honte d’écrire cela, mais dans leur manque d’écoute et d’empathie, de nombreux pasteurs de nos églises deviennent complices des violences vécues par ces femmes et ce faisant, ils en sont également les bourreaux !
En conclusion de ces quelques réflexions sur l’affaire Mazan, je voudrais signaler que la question de la nature du rôle de chef revient souvent sur la table dans les discussions entre complémentariens et égalitariens. A quoi fait référence ce terme de chef, s’il ne désigne plus cette place prééminente, forte et directrice qui est la sienne dans le système conservateur traditionnel d’un grand nombre d’églises ?
Je renvoie toujours mes interlocuteurs vers quelques textes bibliques forts comme Matthieu 20 : 25 – 28 où Jésus dit que « Si quelqu’un veut être chef, qu’il devienne serviteur », ou encore Luc 14 : 11 qui affirme que « Celui qui s’abaisse sera élevé ».
Ainsi, à mon sens la place et le rôle (que je trouve magnifique !) qui leur revient aujourd’hui est celui de :
Devenir le garant de cette mutualité, celui qui la soutient, la valorise, la mette en œuvre le premier, tout comme le Christ a lui-même pris l’initiative en faveur de l’Eglise, en prenant forme humaine.
Qu’au lieu de s’approprier les corps des femmes (et bien trop souvent les corps des enfants !) pour leur plaisir et les têtes des femmes pour leur gloire, ils se mettent pleinement et volontairement au service de cette mutualité, comme Christ s’est mis au service de l’église en Ephésiens 5 : 25 – 32.
Je prie que ces terribles crimes commis contre cette femme et cette famille dans ce qui porte aujourd’hui le nom d’affaire Mazan, deviennent pour nos églises le lieu d’une réflexion approfondie sur les droits des femmes, sur la sexualité masculine et féminine également. Car si l’Eglise redevenait cette lumière montrant au monde des hommes et des femmes, des époux et des épouses capables de respecter les corps et les têtes des unes et des autres, de cheminer, de servir ensemble, le monde pourrait voir un peu mieux la beauté du Christ et la sagesse de Dieu.
J’en suis persuadée !
Joelle Sutter-Razanajohary


Merci beaucoup pour cet article Joëlle! je prie que votre voix porte dans cette sovité et dans nos églises!
Tout est dit, et bien dit ! Mais qui le lira, et qui le mettra en oeuvre ? Là est la question….
Bonsoir,
on sent beaucoup de détermination dans vos propos, à la mesure de l’indignation que provoquent certains comportements et justifications intolérables, surtout dans nos milieux chrétiens.
« les pulsions sexuelles masculines sont incontrôlables » : cette remarque m’interpelle
car j’ai été éduquée avec l’ idée que l’homme ne peut pas dire non, et que c’est donc
toujours à la femme de prendre des précautions, l’homme étant une pauvre victime,
victime de ses hormones, le jouet de la terrible séduction féminine !
On trouve toujours de nouvelles excuses : autrefois on parlait de « crime passionnel »,
qui atténuait le crime de l’homme jaloux (cela a été supprimé). Aujourd’hui on parle des abus de l’enfance et autres pour déresponsabiliser, pourtant toutes les personnes violées ou maltraitées ne violent pas à leur tour !
Merci pour ce texte juste! Mais (je suis éternel râleur) si déjà tu évoques certaines croyances j’aurais aimé voir quelques références non pas bibliques mais pour le reste. Pourquoi d’ailleurs choisir seulement un « présupposé sexiste?
Dans ma grande étude de 2023 18% des jeunes femmes évangéliques ont déjà vécu un viol.
Ces même femmes disent à 89% qu’ils aimeraient que le sujet des violences sexistes et sexuelles soient davantage abordés dans nos églises !
C’est un combat pour la justice !!!
Merci André Letzel pour vos remarques. Nous attendons avec impatience les résultats de votre travail ! Je ne comprends pas votre remarque concernant les présupposés sexistes. Concernant les références choisies, notre public étant les milieux chrétiens évangéliques, nous privilégions dans la rubrique ‘textes bibliques’ l’analyse … des textes bibliques.
Dommage qu’une grande partie du début du texte contienne la citation tronquée de Paul, j’ai failli abandonner. Mon expérience de généraliste me conduirait à nuancer d’avantage ce constat d’inégalité dans le couple. Et j’ai eu bien plus de confidences de femmes que d’hommes. Il y a des initiatives érotiques des femmes pour décider un mari fatigué, qui ne demande qu’à dormir…et généralement est content de l’initiative. Tout dépend de l’amour réel (et pas seulement le sexe). Qualifier cela de viol par femme serait osé. Dans un couple qui se déchire, il s’agit bien sûr de viol.
Merci pour vos remarques. Vous avez parfaitement raison de signaler que les femmes savent mettre en oeuvre des initiatives érotiques pour éveiller les désirs de leurs maris qui en demandaient qu’à dormir. Cela relève d’une sexualité normale et ce n’est pas mon sujet ici. Néanmoins je tiens à signaler que notre public, les chrétiens évangéliques, s’avère encore très perméable à des visions ‘machistes’ de ce que la sexualité conjugale devrait être. Du moins, c’est mon expérience de pasteur qui a également reçu plus de ‘confidences’ féminines que masculines… Ce qui est normal puisque nos églises sont composées de plus de femmes que d’hommes !
Merci beaucoup pour cet article remplit de vérité si peu dites dans l’église . Soyez bénies .
Merci Joelle pour cet article courageux et ce cri du coeur ! Que Dieu nous aide à être des maris-présidents « garant de mutualité » …comme vous décrivez si bien ce si beau rôle, mais pas facile…
L’Eglise et les familles n’en serait que plus belles et bénissantes.
Bonjour Florian, merci pour votre réflexion. Juste une question, qu’entendez-vous par ‘mari-président’ ? C’est la première fois que j’entends ce qualificatif…
C’est ainsi que je comprends la place de « primauté » que Dieu semble confier au rôle de l’homme dans le couple … plus proche d’une présidence bienveillante que d’un chef-decideur…
Que les anciens qui qui président bien soient jugés dignes d’un double honneur ( 1 tiothée 5. 17) J’aime bien le terme et la réalité de présider ( proistémi ) , qui , tout en se mettant en avant , affirme : voici un chemin praticable, allons – y – mais sans forcing… Cette présidence est bien sur alternative et peut être excercée également par la femme. C’est justement ce que me paraît suggérer Eph 7.
‘Présidence bienveillante’, ‘primauté’… Autant de termes qui dénient la véritable mutualité… Le role du mari dans le couple est à mon sens dans le double abaissement présenté comme étant la manière d’aimer du Christ en philippiens 2 : 6-11 ! Puissent les maris chrétiens cesser de revendiquer cette primauté et consentir à un réel abaissement, seule manifestation véritable du sacrifice du Fils qui leur est présenté comme leur tâche spécifique dans le couple. (Ephésiens 5 : 25).
Ah quelle bonne odeur que l’équilibre prôné dans des relations où tout – au niveau des réseaux se relativise ou « s’extrêmise ». Je salue l’ excellence du rappel du principe de l’autorité de la femme sur le corps du mari, qui relativise aussi l’absolutisme accordé tellement longtemps au « chef »… dans l’autre sens. L’absence de l’expérience sexuelle de la prêtrise catholique a coulé sur l’enseignement protestant – évangélique jusque dans l’interprétation et le vécu des textes. L’Eglise a tellement besoin d’instructions différenciées et réquilibrées. Merci beaucoup !