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Des hommes, comme des fauves ! Masculinisme et Bible (3)

En France, la colère gronde. Avec raison. Des petites filles se font violer, puis assassiner. Des mères s’adressent à la justice qui ne fait rien et ne convoque même pas la personne nommée alors qu’elle avait déjà été accusée pour d’autres faits similaires…

Vous avez compris que je parle ici de la toute jeune Lyhanna, disparue ce 29 mai puis retrouvée assassinée le 05 juin. Quelques mois après l’affaire des viols par soumission chimique de Mazan qui a secoué l’hexagone fin 2024, le procès du docteur Joël Le Scouarnec en mai 2025, les révélations autour de l’affaire Betharram, des 78 animateurs périscolaires suspendus en région parisienne pour suspicion de violences sexuelles sur enfants, après tout ce qui se dit autour de Patrick Bruel, voilà une nouvelle affaire violente et sanglante qui met en avant des crimes sexuels, mais cette fois-ci également un système juridique pris en flagrant délit de défaillance grave !

Depuis plusieurs années, la France est secouée de crises successives dans lesquelles le grand public horrifié découvre que des femmes et des enfants en très grand nombre, sont la proie d’hommes aux comportements de fauves !

En quoi cela concerne-t-il l’église et les chrétiens, me direz-vous ? « Le monde est monde et il est ‘normal’ d’y trouver ce genre de choses », penseront certains, là où d’autres ne parleront que de le nécessité de la prière, de l’annonce de l’Évangile et de la repentance.               

J’ai déjà abordé courtement ce thème dans le premier article de cette série sur le masculinisme et la Bible en affirmant que lorsque les chrétiens mettent en avant les rôles d’autorité et de leadership masculin sur les femmes, ils empêchent le monde de percevoir la nouveauté de l’Evangile, le levain du royaume de faire lever toute cette pâte (Matthieu 13.33) qu’est le monde ; ils jettent au contraire dans la pâte du sel frelaté et renforcent les forteresses spirituelles présentes en son sein !

Je voudrais prendre maintenant le temps d’explorer ces points en commençant par quelques mises en parallèle des modèles masculinistes et complémentariens (même si je sais bien que tous les complémentarismes ne se valent pas et que les moyens mis en oeuvre pour vivre ces réalités sont différents de part et d’autre de ce tableau)

Regard des masculinistes sur la relation homme-femme. (Données HCE, rapports 2025 et 2026)Regard des complémentariens sur la relation homme-femme (Site TPSG, notamment les articles de John Piper entre autres.)
Les hommes ont autorité sur les femmesLes hommes ont autorité sur les femmes
Les hommes pourvoient et protègent les femmesLes hommes pourvoient et protègent les femmes
Le rôle des hommes est de diriger, celui de la femme de suivre.Le rôle des hommes est de diriger, celui de la femme d’ être une « aide », un soutien au ministère de l’homme. (Dernier rajout en date, une aide à la transformation du caractère de l’homme !)
Les femmes doivent se soumettre aux hommes et répondre à leurs besoinsLes femmes doivent se soumettre aux hommes et répondre à leurs besoins
La sexualité est un dû parce que plus pressante chez les hommes. Le corps des femmes appartient aux hommes.La sexualité n’est pas un dû, (bonne prise en compte de la mutualité présente dans 1Co7), mais la mise en valeur de « Ne vous privez pas l’un de l’autre » produit un effet de pression chez les femmes souvent considérées comme responsables de la satisfaction du mari et du fait qu’il n’aille pas voir ailleurs !
Inégalité de valeur et différence de rôleEgalité de valeur et différence de rôle

Je constate immédiatement combien la proximité entre les deux positionnements est réelle ; Autorité, direction (où son corollaire moderne de leadership), protection, soumission, différence de rôle se retrouvent des deux côtés et créent des deux côtés, un réseau d’attentes bien plus fortes concernant le comportement des femmes à l’égard des hommes que l’inverse.

Et c’est là mon sujet du jour :

Comment les églises et les chrétiens  pourraient-ils être Sel et Lumière pour le monde si leurs discours sont aussi proches de ceux du monde et aussi éloignés de la vérité biblique ?

Si les mots utilisés par les deux courants sont les mêmes, si les définitions sont les mêmes, alors le sel a perdu sa saveur… Alors la trompette qui aurait dû résonner d’un son clair[5] ne fait qu’augmenter la confusion, et légitimer les abus. Peut-être est-ce l’une des raisons pour lesquelles les abus sexuels, les abus de pouvoir de toutes sortes ont pu perdurer aussi longtemps dans nos milieux pourtant épris de sainteté et de pureté !

Face à cette situation de confusion, nous avons été nombreux et nombreuses à Servir Ensemble et ailleurs, à poser des questions sur les termes utilisés, notamment : « De quelle autorité parlons-nous ? » ou encore « Quel type de leadership l’homme doit-il exercer sur la femme ? » ou bien encore « Sur quel texte biblique s’appuie le concept ‘autorité soumission’ si cher aux complémentariens ? »

Les réponses ont été variées, allant des plus obscurantistes (insultes, qualifications diaboliques, accusations de rébellion etc…) aux plus « subtilement spirituelles » (mention de versets biblique, sur la qualité de l’homme nommé chef de la femme, sur l’interdiction faite aux femmes d’enseigner etc.) Puis, lentement, les discours se sont mis à bouger : Il est commun aujourd’hui (Ouf !) d’entendre parler du rôle de l’homme comme étant de l’ordre de l’amour et non plus de l’autorité. (Chouette !) Et lorsque les méchantes féministes chrétiennes rétorquent « de quel type d’amour parlez-vous ? », il leur est répondu, qu’il est attendu des hommes pour leurs épouses un amour sacrificiel ! (Amen, encore une fois !)  Et en continuant à gratter, il est répondu, « un amour qui se manifeste par le service » ! (Paf !)

Mais là encore, le piège est réel : dans l’église catholique, les hommes affirment également « être dans le service » sans voir qu’ils bénéficient tous des travaux des petites mains féminines autour d’eux. Le service attendu de la part des hommes et des femmes n’a pas la même valeur ni les mêmes effets sur les unes et sur les autres.

Il y a ainsi des mots qui sont devenus des pièges sournois au milieu de nous et qu’il nous faudrait à tout le moins creuser et redéfinir en écoutant chaque partie en présence. Ce travail de redéfinition des termes utilisés s’avère important, c’est vrai et il est en cours de réalisation dans de nombreux milieux, mais il se situe en fait aux marges du problème, parce qu’il ne questionne pas le texte biblique lui-même qui va beaucoup plus loin :

Nous sommes en effet bien loin du compte de ce que le texte biblique demande aux hommes dans leurs relations à leurs épouses notamment et qui ne parait jamais lorsque les hommes parlent de leurs propres rôles dans la famille même en redéfinissant l’autorité…

La Bible demande aux hommes de s’abaisser !

Pas seulement une seule fois mais deux fois[6], et à travers deux mouvements différents et consécutifs ! Tant que cette réalité ne sera pas comprise, validée comme profondément biblique, enseignée dans nos églises, nos groupes de jeunes et d’ados, la vérité biblique continuera d’être corrompue et l’église ne pourra pas être sel et lumière pour le monde sur ce sujet si crucial aujourd’hui que les relations entre les hommes et les femmes.

Reprenons ce mouvement de double abaissement mis en œuvre par Dieu lui-même dans l’incarnation tout d’abord puis sur la croix.

  • C’est le texte de Philippiens 2.5-7 qui nous présente les motivations de celui qui allait devenir le Christ avant son incarnation : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ,  lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,  mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes »

Voilà le point de départ de la compréhension de ce qu’est un amour sacrificiel, pointé comme la responsabilité masculine dans un couple : rejeter les ‘avantages’ de sa situation pour s’abaisser et rejoindre ceux qui sont en situation structurelle d’infériorité !

Le Fils n’a pas retenu avec avarice (le terme grec utilisé ici, Harpagon, a donné naissance au fameux Avare de Molière) les privilèges issus de la structure sainte et divine dont il participait pleinement de par sa nature même. Il s’est abaissé pour participer à la vie de  l’humanité  Le mari ne doit pas retenir avec avarice les privilèges issus de la structure terrestre à laquelle il participe pleinement de par sa nature même. (D’autant plus que ces structures sont issues du péché, là où la structure divine n’est que lumière !) Il est invité à s’abaisser pour prendre pleinement part à la vie des ‘plus faibles’ que sont les femmes et les enfants.

Cet abaissement est clairement signifié par Jésus lui-même lorsqu’il donne une définition claire et précise de ce que c’est ‘être un chef’[7] :

 « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. 26Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur »

Lorsqu’à la suite d’une invitation à écrire un article pour les cahiers de l’Ecole pastorale[8], Henri Blocher rend son écrit[9], c’est en tant que sommité dans le monde évangélique qu’il parle ; sa parole a donc un poids indéniable et son propos liminaire (sa deuxième phrase ! ) définit le public auquel il s’adresse : « Un mari évangélique qui se veut monarque dans son foyer » Sic ! Il termine son propos en affirmant « La différence quant à l’autorité, compte-tenu de la plus grande liberté de l’homme dans le rapport au monde et l’initiative qu’il en reçoit, se concrétise suprêmement dans l’appel au sacrifice, à l’image du Christ » sans réaliser les conséquences de ce qu’il dit lui-même : C’est ce même rapport à l’autorité, à la place de chef si souvent revendiquée sur la base de l’ordre créationnel, et à tous les privilèges reçus qu’il est demandé aux hommes d’abandonner pour s’abaisser soi-même afin d’élever ceux que le monde à cause du péché place tout en bas de son échelle de valeur.

Ainsi, tous les chrétiens qui revendiquent l’autorité, la direction, le leadership comme étant du rôle masculin que ce soit dans les familles, dans l’église ou partout ailleurs, se trompent lourdement et travaillent contre le Christ qui s’est donné lui-même en exemple pour eux. Tous ceux (et trop souvent encore celles) qui citent ‘l’ordre créationnel’ comme base nécessaire pour une juste relation hommes-femmes ne font qu’invisibiliser le moyen choisi, décidé et mis en œuvre par le Seigneur lui-même comme remède au mal qui ronge le monde !

En ce sens-là, si l’homme doit être l’initiateur de quelque chose, ou bien donner une direction, c’est bien celle de cette démarche d’abaissement. S’il doit orienter sa vie conjugale, sa relation aux femmes, s’il doit être le chef, c’est pour refuser de dominer, de prendre le pouvoir. C’est pour faire barrage à la violence systémique du monde contre les plus faibles, femmes et enfants compris. S’il doit se sentir seul responsable de quelque chose dans le couple et la famille, c’est bel et bien de ce mouvement d’abaissement dans le service. Lui seul peut produire cela, parce que lui seul est placé par le monde pécheur dans cette situation d’élévation et de domination. Lui seul peut donner l’exemple de l’abaissement volontaire, choisi et être le reflet du Christ dans sa famille et dans le monde. Ce faisant il démontre que cet abaissement ne le détruit pas mais au contraire qu’il est source de vie aussi bien pour lui-même que pour tous ceux qui vivent autour de lui, parce que cet abaissement met en lien avec la source suprême de la Vie comme l’affirme Jean 7.38 :

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Ecriture. »

Mais ce qui est constaté aujourd’hui dans le monde avec l’émergence de ce mouvement masculiniste, c’est le rejet massif de l’évolution de la place des femmes au profit d’une violence systémique aussi bien dans les relations interpersonnelles que dans le fonctionnement politique. Ainsi, lorsque des hommes-fauves abreuvés de partout par des rhétoriques de puissance aussi bien profanes que religieuses, ne trouvent plus une « chair féminine suffisamment disponible, malléable et fraîche » pour satisfaire leurs pulsions, ils se tournent vers la prédation des enfants… (Quelle horreur de parler ainsi ! Je sais que je fais ici une affirmation en apparence ‘gratuite’ en mettant en lien le déferlement de pédocriminalité auquel nous assistons actuellement avec l’émancipation des femmes, mais bien d’autres l’ont fait avant moi. Et même des prédateurs : ainsi, en 1990, dans l’émission TV Apostrophe, Gabriel Matzneff, affirmait ouvertement face à Denise Bombardier que les très jeunes filles étaient plus agréable pour lui parce que dès 20 ans les femmes devenaient « hystériques et folles ».)

Ce que je constate dans l’église, c’est qu’en continuant pendant des siècles à mettre en avant un modèle de relations hommes-femmes dans lequel le pouvoir était d’un côté et la soumission de l’autre, elle a favorisé la situation actuelle où la défense des femmes et des enfants passe loin derrière la préservation de l’immuabilité d’un ordre sociétal protégeant les agresseurs parce qu’ils sont des hommes !

Mais il y a plus parce que ceci n’est que la première partie du mouvement spirituel initié par le Fils en faveur de l’humanité et donné en exemple aux maris pour construire un juste comportement envers leurs épouses. Mais déjà là, nous pourrions nous poser des questions : Combien d’hommes sont engagés dans nos églises auprès des enfants, des ados et des jeunes ?  Combien au milieu de nous considèrent ces choses comme suffisamment importante pour leur donner du temps, de l’énergie autant qu’aux projets professionnels, et plutôt qu’au sport, à la TV, aux loisirs, laissant derrière eux des femmes épuisées et meurtries ? Quelle image offrons-nous au monde lorsque les hommes sont omniprésents sur l’estrade et les femmes dans les cuisine et les garderies ? Lorsque le monde voit des églises dans lesquelles des pasteurs prédateurs sont protégés par des structures entièrement masculines, est-ce que cela ne conforte pas, ne valide pas la croyance sociétale habituelle dans une forme de supériorité ou de préséance masculine ?

Ces églises-là sont devenues des structures qui luttent contre le Christ.

Le texte biblique de Philippiens 2 continue son propos au sujet du Christ au verset 8 et affirme « Et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

A la perte choisie et volontaire de sa structure de vie privilégiée pour rejoindre l’humanité, Jésus ajoute deux éléments à son comportement envers l’humanité et ces éléments sont souvent demandés aux femmes, attendu des femmes, rarement adressés spécifiquement aux hommes : l’humiliation et l’obéissance ! Voici les moyens que le texte biblique précise aux hommes pour qu’ils puissent entrer dans cette vie subversive d’abaissement qui leur est demandée à la suite du Christ !

Alors que le premier abaissement parle de quitter volontairement une structure extérieure favorable  (la pleine participation au sein du Divin pour Jésus, une structure sociétale favorisant le masculin), le second abaissement propose un travail intérieur lourd de conséquences et aboutissant à la mort. A la pire des morts aux yeux du monde, en plus, la mort sur une croix pour Jésus, à la mort des passions de la chair pour les disciples masculins comme le stipule Galates 5 : 24 :

« Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »

Il est de notoriété publique aujourd’hui, les réseaux sociaux aidant, que les hommes sont nombreux à avoir du mal à comprendre les demandes actuelles des femmes. Qu’ils trouvent qu’elles en demandent trop. Que leurs exigences sont excessives etc. D’où bien évidemment les crispations masculines et les innombrables revendications d’un retour vers des compréhensions anciennes de ces relations[10]. Voir pire, le retour de la domination pure et simple. Certains chrétiens n’ont pas attendu l’émergence de ces mouvements pour y aller de leurs interprétations des textes bibliques et ce afin de ne surtout pas entrer en conflit avec leurs propres passions pécheresses. (Sic, un homme en surpoids évident qui veut contrôler le poids des femmes !)

Et voici que le texte biblique demande aux hommes de s’humilier eux-mêmes et d’obéir ! Bien sûr, il ne s’agit pas d’obéir aux femmes ! Mais à Dieu lui-même, qui crie aux puissants d’abandonner leurs privilèges et leurs désirs de domination pour revêtir le sang (signe de perte de contrôle sur sa vie) et le coeur (siège des motivations) de Christ.

Faut-il encore s’étonner que 70% des divorces sont aujourd’hui demandés par des femmes ? Faut-il s’étonner que le divorce s’est aujourd’hui engouffré jusque dans nos églises ? Non ! Tant qu’il ne sera pas globalement compris que les hommes se doivent d’évoluer, d’entrer en humiliation intérieure pour obéir à l’appel du Seigneur, les choses ne changeront pas et je ne me permettrais jamais de dire à une femme qu’elle ne doit pas divorcer sous prétexte que Dieu déteste le divorce[11]. Dieu déteste tout autant si ce n’est plus, la violence, les appels frontaux ou insidieux à la soumission et au silence des femmes, la maltraitance, le mépris et les abus trop souvent à l’œuvre sournoisement dans nos familles chrétiennes sous couvert du dogme autorité/soumission !

Pour avancer encore, je voudrais me pencher sur le très connu texte d’Ephésiens 5 : 25 à 33 qui a été peu analysé à travers ce thème de l’abaissement demandé aux hommes. Et les enseignements que j’ai pu trouver sur le net s’égarent régulièrement parce qu’ils ne tiennent pas compte d’un phénomène omniprésent dans la Bible et que j’explique longuement dans mon livre sur la métaphore conjugale dans la bible[12], à savoir que l’interprétation de toute métaphore doit tenir compte des ressemblances et des différences entre les éléments mis en présence sous peine de faire dire n’importe quoi au texte biblique et dans le domaine qui nous intéresse, toujours au détriment des  mêmes, les femmes.

Ainsi, c’est pour l’église, pour tous les hommes et toutes les femmes qui la composent que Christ a agi pour la sanctification et la purification de tous. Ce que Christ a fait, l’homme n’a plus à le faire pour son épouse sous peine de prendre la place de Dieu dans sa vie. (Et tant pis pour les enseignements hérétiques de Doug Wilson et de tous ceux qui ne cherchent qu’à préserver leurs petits conforts personnels en chargeant les femmes de tous les maux et obligations…) Mais il doit prendre exemple sur le comportement du Christ tout en acceptant que lui, comme elle, ont été au bénéfice de la grâce divine.

 « Aimer les épouses comme Christ a aimé l’église » Ephésiens 5 : 25- 33Ce qui ne devrait pas être enseigné parce que c’est faux!Ce qui devrait être enseigné parce que c’est biblique!
afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eauLe mari est l’instructeur spirituel et le prêtre de sa maison, puisque les femmes étaient plus enclines à l’hérésie, puisque c’est Eve et non Adam qui a écouté le serpent.. (Ce qui est une forme de contrôle :Voir Job qui accomplit des sacrifices pour ses enfants dans le crainte qu’ils n’aient blasphémé.)Le texte pointe les objectifs des paroles et des actions des maris envers leurs épouses. Ils sont invités à parler et agir envers leurs épouses avec grâce en sachant qu’ils ne sont pas mieux qu’elles, parce qu’eux aussi ont besoin de la Parole et du baptême. Ils se doivent donc d’examiner leurs propres paroles et leurs actes, de mettre en lumière leurs motivations intérieures afin d’obéir à Dieu en reflétant envers elles le cœur que Dieu a manifesté envers l’humanité toute entière. Ils se doivent d’apprendre à tolérer la remise en question, la honte d’avoir mal agi sans se défendre, sans attaquer, sans inverser la charge de la responsabilité. Je dis ceci parce que je constate combien c’est présent dans les entretiens de couple que je vis en tant que pasteure depuis 20 ans maintenant ! Les disciples masculins ne peuvent pas se passer d’examiner leurs vies émotionnelles et relationnelles sous le regard de Dieu !
afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tâche, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible   Les femmes auraient plus spécifiquement besoin d’être purifiées que les hommes. n’est-ce pas Eve qui a péché ? Qui a tordu la parole de Dieu ? Les femmes seraient plus fragiles spirituellement que les hommes…
(Le sang des règles fait toujours peur aux hommes et est trop souvent considéré comme sale.)
L’objectif masculin donné par Dieu et pointé ici est une élévation, une profonde valorisation des femmes et du féminin. Là où le monde valorise la force et la domination, Dieu invite les hommes à élever leurs épouses mais aussi les qualités féminines d’écoute, de changement et d’adaptation, et à les mettre en œuvre dans leurs propres vies. Tous les êtres humains, qu’ils soient masculins ou féminins, sont féminins devant le Grand Masculin qu’est Dieu dans la métaphore conjugale !
Car jamais personne n’a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, Le rôle de l’homme est de pourvoir pour la nourriture. Il est le pourvoyeur, elle ne fait que transformer, améliorer ce qu’elle reçoit du mari. Il y a un enseignement qui tourne sur les RS qui dit des choses comme « il me donne une maison, je lui rends un foyer. Il me donne une semence, je lui donne un enfant. » C’est à la fois juste et faux. Hommes et femmes sont tout autant l’un que l’autre dans le Pourvoir et dans le Prendre soin. Mais en ce qui concerne le Prendre soin, il y a un décentrement de soi plus difficile à opérer pour les hommes longtemps habitués à être servis, là où les femmes ont plus été invitées à être attentives aux besoins des autres. L’apôtre Pierre dit la même chose en 1 Pierre 3 : 7 en pointant la dureté masculine comme un frein à la prières !

En quoi la prise en compte de ces éléments change la donne pour l’église et pour le monde non chrétien ?

A mon sens, cela change tout. La société est tellement pétrie de sexisme (de racisme aussi) que l’église se doit d’une vigilance accrue dans ces domaines pour rester prophétique et annoncer le royaume à venir dans lequel il n’y aura véritablement plus aucune discrimination de quelque sorte que ce soit, ni discrimination sur la base du genre, du statut social ou encore de l’origine ethnique.

Ni les femmes, ni les enfants ne seront en sécurité et ce jusque dans nos églises si les hommes n’entrent pas dans cette double dynamique d’abaissement apprenant comment transcrire concrètement l’œuvre du Christ dans leurs vies masculines. Le texte de Philippiens 2.9 affirme que, suite à son double abaissement,  Christ a été élevé par Dieu le Père et établi souverain au-dessus de  toute réalité dans les cieux et sur la terre. 1Pierre 5 :6 reprend cette thématique en l’adressant à tous : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable »

Je prie pour que nos églises entendent cet appel que j’adresse maintenant aux hommes au milieu de nous :

              «  Par amour pour le Seigneur, suivez son chemin : Humiliez-vous, examinez vos cœurs, aimez COMME il a aimé. N’ endurcissez pas vos cœurs en vous agrippant à des privilèges de rang que Lui-même a rejeté pour venir vers nous ! Laissez-vous transformer, guérir par son Esprit Saint dans vos compréhensions de qui vous êtes en tant qu’hommes, afin que la gloire de ce royaume divin si différent de tout ce qui a jamais existé soit vue à travers vous et que ce levain soit jeté dans la pâte du monde sans avoir perdu sa saveur unique. » 

Joëlle Sutter- Razanajohary


[1] J’espère néanmoins qu’ils existent. Je ne peux pas croire et ne veux pas croire qu’ils n’existent pas. Aussi, si vous qui me lisez êtes au courant de certaines initiatives chrétiennes et résolument prophétiques, n’hésitez pas à le signaler…

[2] Article de Jean Claude Monod, « Des prophètes en régime séculier » Revue Esprit, Tome 431

[3] André Wénin « La Bible ou la violence  surmontée » Editions Desclée de Brouwer, 2008

[4] Revue Esprit « Où sont les prophètes ? » janvier 2017, Tome 431

[5] 1 Corinthiens 14 :8-9

[6] Voir mon livre ‘Une invitation à la danse’ Editions Olivetan, 2021

[7] Matthieu 20 : 25-28

[8] Hors-série n° 21 « Violences conjugales Les identifier pour agir en Eglise » Octobre 2020

[9] Henri Blocher, Article «Harmonie ou tyrannie » Ibid, pages 33 à 42 

[10] Je pense ici notamment aux innombrables blogs et articles valorisant les ‘tradwifes’.

[11] Malachie 2 :16

[12] Joëlle Sutter-Razanajohary  « Une invitation à la danse », Editions Olivetan 2021

4 comments on “Des hommes, comme des fauves ! Masculinisme et Bible (3)

  1. Bonjour Pasteure Joelle,
    mille fois BRAVO pour cette étude qui doit être lue et relue !
    J’ajouterai que beaucoup de manuels de psychologie chrétiens ou non
    présentent la sexualité comme un besoin fondamental.
    Or la réalité est que l’on peut se passer de sexualité mais pas de manger et de boire. Donc on doit et on peut apprendre à maîtriser ce domaine de la vie et la culture ambiante
    remise en question (ici l’enseignement de l’église).

    • Joëlle Sutter-Razanajohary

      Tout à fait d’accord avec vous ! Malheureusement, le patriarcat a fait croire à des millions d’hommes qu’ils avaient droit au sexe ! Et quand ils n’en reçoivent pas comme ils aimeraient en recevoir, ils se servent…

  2. Jacquot Frédérique

    Dieu a créé l’homme et la femme. Point de pouvoir de l’un sur l’autre mais une complémentarité. Dire que l’homme doit s’abaisser est déjà lui conférer une supériorité. Se débarrasser des croyances qui nous ont construit. De même que nous réapprenons à voir la nature et nos fonctionnements à son égard, regardons nous comme des créatures uniques et complémentaires avec ce regard qui voit l’autre dans sa particularité et qui contribue à notre l’existence, en se souvenant que si l’autre existe devant moi, je suis un autre pour lui.

    • Joëlle Sutter-Razanajohary

      Bonjour, c’est le péché qui a introduit la domination et de ce fait la supériorité des hommes sur les femmes. C’est pourquoi j’affirme que puisque le Christ s’est abaissé pour rejoindre l’humanité, à combien plus forte raison les hommes, invités à ‘aimer leurs épouses comme Christ a aimé l’église’ devraient suivre le même chemin…

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