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La tradition #bingodesclichés

« On a toujours cru cela. On a toujours fait comme cela ». La tradition joue un rôle important dans l’interprétation de l’Écriture. L’Église d’aujourd’hui est héritière de l’Église d’hier. Quand les chrétiens contemporains se posent une question de doctrine, il est bon de faire un retour dans les méandres du passé pour voir comment la question a été abordée à travers l’histoire et comment les textes relatifs à la question ont été interprétés. Si Christ a guidé son Église et qu’il l’a équipée de son Esprit, il est nécessaire d’accorder un degré de confiance à la tradition et de la prendre en considération.

Cependant, si la tradition est importante, elle ne peut être première. Les humains qui ont interprété les textes bibliques au fil de l’histoire étaient faillibles, potentiellement aveuglés par leurs propres cultures, leur propre péché et leurs propres préjugés. Si les textes sont reconnus comme étant inspirés de Dieu, les interprètes ne le sont pas toujours. Le rôle de chaque génération est donc de revenir à l’Écriture comme seule norme.

Ce que l’Église affirme doit être en cohérence avec ce que l’on retrouve dans l’Écriture. C’est elle seule qui constitue le fondement de toute affirmation chrétienne.

Que dit la tradition au sujet des hommes et des femmes, de leur nature et de leurs relations ? Il y a eu à la fois de la continuité et de la discontinuité au fil de l’histoire.

Continuité

Globalement, l’Église a réservé la fonction pastorale aux hommes même si cette affirmation devrait encore être nuancée. Les exceptions à ce consensus restent difficiles à quantifier.

A part quelques rares exceptions, la théologie a été formulée par des hommes jusqu’à récemment. Comme l’a dit une journaliste avec malice :

« des hommes qui se réunissent entre eux pour décider d’exclure les femmes, est-ce si exceptionnel » ?

Discontinuité

Si l’on observe une certaine constance dans la tradition sur les deux points cités ci-dessus, la tradition comporte aussi une discontinuité majeure à laquelle la grande majorité des théologiens souscrivent aujourd’hui. Tout au long de l’histoire de l’Église, la disqualification des femmes était liée à son infériorité ontologique. En d’autres termes, il était communément admis qu’une femme valait moins qu’un homme. Comme Eve, elle était perçue comme plus susceptible d’être trompée. Séductrice par nature, il ne fallait pas lui accorder sa confiance. A l’image de Marie, son salut dépendait de la maternité et de sa soumission.

Dans un bref historique, Elisabeth Parmentier (Les filles prodigues, p.17-20) retrace l’histoire de cette infériorité ontologique.

Conclusion

S’il y a continuité, il y a aussi incontestablement discontinuité dans la tradition au sujet des relations entre l’homme et la femme. La métaphore de l’arbre est ici utile.


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D’autres articles sont à venir dans la série #bingodesclichés le premier vendredi de chaque mois. Il s’agit d’un bingo des phrases entendues couramment. Un bingo de certaines idées reçues sur le ministère (pastoral) des femmes. En 9 courts articles nous aimerons y apporter une réponse et donner des pistes pour aller plus loin. Nous sommes impatientes de partager la suite avec vous !


Références

[1] Allocution de PIE XII à l’Union mondiale des organisations féminines catholiques, « La mission et l’apostolat de la femme catholique » (29 septembre 1957), la documentation catholique 1263, 1957, col. 1349-1362, ici : col. 1352.

[2] Vatican II, « Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes » (7 décembre 1965), §29.2, in : Constitutions, décrets, déclarations messages, Paris, Centurion, 1967.

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