Progresser en Église

Qui suis-je pour diriger ?

Certaines personnes ont besoin de mises en garde face aux dangers de la lumière des projecteurs. D’autres doivent être encouragées à prendre les devants. Un article de Mandy Smith, publié chez Christianity Today.

« Ô fragile personne, cendre (issue) de la cendre, corruption (issue) de la corruption, dis et écris ce que tu vois et entends. Mais parce que tu es timide dans le langage, inhabile dans l’exposition, ignorante de la manière d’écrire ces choses, dis-les, écris-les, non d’après l’élocution humaine ou l’inventivité humaine, mais d’après ce que tu vois et entends dans les splendeurs célestes, dans les merveilles de Dieu […] Ô femme, dis ce que tu vois et entends. Écris-le, non selon toi, mais d’après la volonté de Celui qui sait, voit et dispose toutes choses dans le secret de ses mystères. » Hildegarde de Bingen, préface du Scivias.

De Grégoire le Grand dans sa Règle pastorale à Henri Nouwen dans Au nom de Jésus, de nombreux écrivains et penseurs mettent en garde les dirigeants chrétiens contre les dangers de l’ambition et l’attrait de la gloire. Dans Subterranean : Why the Future of the Church Is Rootedness (« Sous la surface : Pourquoi l’avenir de l’Église est dans les racines »), le pasteur et auteur Dan White Jr. rapporte son combat contre cette tentation alors qu’il commençait son ministère : « Les pasteurs de ma jeunesse étaient des superstars pour moi. Écouter une voix retentissante, élevée sur une estrade […] rendait presque impossible de résister à cette puissante dynamique. »

Il rattache son expérience au concept d’angoisse du statut social (status anxiety) d’Alain de Botton, défini par de Botton comme « une angoisse de ce que les autres pensent de nous ; de savoir que nous sommes jugés comme quelqu’un qui réussit ou qui échoue, un gagnant ou un perdant. » Pourtant, pour moi, l’idée d’angoisse du statut évoque quelque chose auquel Botton n’avait peut-être pas pensé. Certains, comme le confesse White, sont angoissés à l’idée de se voir refuser un certain statut social. D’autres, comme moi, sont angoissés à l’idée de le recevoir.

De nombreux leaders sont ambitieux et confiants de nature. Nous avons besoin de leur leadership. Et je suis aussi heureuse que des ressources soient disponibles pour aborder le côté obscur de ces traits de personnalité. Mais en tant que femme et artiste introvertie, « douée » pour voir mes propres insuffisances, les avertissements aux pasteurs en quête de statut social, comme celui de s’humilier et d’écouter avant de parler, m’ont simplement offert de bonnes raisons de rester tranquille. Les mises en garde contre la recherche de gloire m’ont en réalité découragée de poursuivre ma vocation.

Je viens d’Australie, où l’on décourage les gens qui voudraient se démarquer. Je viens également d’un milieu confessionnel qui décourage les femmes en position de leadership. Je suis de nature serviable et pacifique, quelqu’un qui pense et qui ressent les choses profondément, et je suis particulièrement susceptible d’être submergée par les opinions des autres et par mes propres émotions et instincts.

Tous ces aspects de ma personnalité, de ma culture et de mon expérience me donnent envie de rester de mon côté, de servir en arrière-plan et d’éviter les risques. Mais Dieu m’a quand même appelée à diriger.

Quand j’étais pasteure assistante, mon travail me semblait faisable. Je coordonnais des bénévoles, planifiais des événements et dirigeais des groupes de prière — j’avais déjà vu des gens comme moi faire ce genre de choses auparavant. Mais quand j’ai été invitée à remplir le rôle de pasteure principale, la panique s’est installée. Je n’avais jamais vu quelqu’un comme moi prêcher, diriger une réunion d’anciens ou définir une vision d’Église. Je craignais d’échouer et d’emporter toute l’Église avec moi.

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Traduction : Sandrine Dewandeler 

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2 comments on “Qui suis-je pour diriger ?

  1. Prendre conscience de son état de pêcheur et de notre incapacité naturelle à faire le bien est une profonde vérité qu’il faut parfois presque toute une vie toute pour parvenir à intégrer ! À cause de notre nature limitée et déchue, nous avons besoin d’une action patiente et continuelle de la grâce d’En Haut pour arriver à détourner notre regard de nous-mêmes et nous mettre en marche sur le bon Chemin (Luc 14:10).

    Le Moïse «brut de décoffrage», fils adoptif de Pharaon et «instruit dans toute la sagesse des égyptiens», qui par sa nature adamique élimine avec violence et dissimulation les problèmes rencontrés, va devoir passer par 40 ans d’apprentissage de l’humilité dans le désert avec des maigres troupeaux avant d’assimiler cette leçon fondamentale de son incapacité à agir selon Dieu et commencer alors, au temps voulu par Dieu, à entrer dans son appel. Pensez que dans son cas, il a fallut 80 ans de façonnage intérieur pour que l’outil divin devienne conforme à ce qu’en voulait le Fabricant ! 2/3 de temps de processus de fabrication pour 1/3 d’utilisation, nous ne sommes pas dans les concepts actuels de rapidité et de rentabilité, mais quelle efficacité dans un service qui s’intègre alors dans les engrenages du Divin Horloger !

    «Sans moi vous ne pouvez rien faire.» Disait le Maître à ses disciples dans Jean 15.

  2. Ping : « Comme les serpents ? » Les textes préférés des prédicatrices rusées – Servir Ensemble

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