Progresser en Église Textes bibliques

Il est là ! Ne le ratez pas…

Avez-vous déjà entendu parler du nouveau livre de Joëlle Sutter-Razanajohary, qui vient de paraître cette semaine ? Découvrez-le en avant-première avec cette recension de Marc Declaudure, pasteur des Assemblées de Dieu.

Alors que notre société, qui prétend plus que jamais à l’égalité des sexes, constate avec horreur la croissance inexorable d’une violence souvent cachée et muette, que dit l’Église ? La violence conjugale, autrefois assumée et justifiée, n’est plus tolérable dans notre monde, mais l’a-t-elle jamais été au regard de l’Évangile ? Pourtant, ce mal atteint aussi des couples chrétiens. Alors, que dit l’Église aux couples ?

Qu’est-ce qui fonde la métaphore conjugale?

Dans Une invitation à la danse, Joëlle Razanajohary vient compléter son précédent livre, Qui nous roulera la pierre ? paru en 2018. Elle nous invite à réfléchir à ce qui, dans la Bible, fonde l’enseignement sur le couple : la métaphore conjugale. Elle nous conduit pas à pas à découvrir son déploiement progressif dans l’Écriture et à en considérer les limites, afin d’éclairer notre compréhension encore trop souvent encombrée de conceptions culturelles traditionnelles.

Une métaphore

Le premier pas consiste à discerner la qualité métaphorique elle-même de ce thème. Car il s’agit bien de cela, d’une analogie destinée à parler, dans un langage humain, de la relation entre Dieu et l’humanité en termes anthropomorphiques. Cette qualité invite à la prudence pour discerner l’essentiel (le divin) du second (l’humain) d’une métaphore élaborée dans une société antique culturellement chargé d’un « antiféminisme latent ». La réfraction optique, détournement et déformation du rayon lumineux, illustre utilement la confusion qui se produit lorsqu’une réalité culturelle du monde antique se trouve absolutisée en retour depuis le « couple divino-humain » sur le couple humain.

Quelle est l’image d’origine ?

L’enjeu consiste à dégager l’image précise renvoyée par la métaphore, à distinguer les éléments de réflexion (optique) des éléments de réfraction. L’auteure s’y emploie avec soin dans un second pas, à partir de l’examen de la métaphore dans son « lieu » de naissance, le Proche-Orient ancien. Le décalage entre la révélation de Yahvé et les sociétés environnantes permet ainsi de mettre en évidence des réfractions fondamentales. La perspective vétérotestamentaire transforme à la fois la relation des humains à Dieu et la relation entre l’homme et la femme.

Mais le Nouveau Testament exprime un dépassement radical : « En Christ », Dieu lui-même endosse l’élément humain de la métaphore conjugale et, par la glorification du Christ, il réhabilite, en lui, le féminin de l’humanité.

Attention prudence

La prochain pas est celui de la prudence. La non prise en compte des éléments de réfraction de la métaphore conjugale a de sérieuses conséquences. Le faux pas conduit à une interprétation erronée des textes (Ephésiens 5 : 21-33), construite sur le paradigme soumission/autorité. Il produit une distorsion théologique de la Trinité, un néo-subordinationisme. Et il aboutit à une « violence systémique envers les femmes », physique et/ou psychologique.

Un pas de danse

Le dernier pas, est un pas de danse. L’auteure nous entraine dans la découverte d’une articulation harmonieuse entre le mariage humain et la relation de l’humanité avec le Dieu trinitaire. L’harmonie dans le couple humain, le « une seule chair » de Genèse 2 : 24, est considéré à la lumière de la périchorèse trinitaire et des demandes d’Ephésiens 5, fondées sur la réciprocité, à chacun des époux. L’homme est invité à faire le pas de l’abaissement, comme Christ, pour se faire serviteur, et l’épouse celui de la soumission responsable.

Le « mystère » de la relation Christ-Église invite ainsi à la danse de la soumission mutuelle où chacun prend la place du serviteur en élevant l’autre.

Cette ronde, fruit de l’Évangile, accomplit le couple chrétien et révèle l’idéal divin de Genèse.

Une lecture qui invite femmes et hommes à entrer dans la danse pour refléter le Dieu de l’Évangile

L’invitation à la danse de Joëlle Sutter-Razanajohary emmène le lecteur dans une réflexion biblique et théologique riche, minutieusement déployée et enrichie de l’expérience pastorale de l’auteure. Cette « invitation à la danse » est finalement une invitation à la « réflexion ». Il s’agit non seulement de reconsidérer la conjugalité à la lumière de l’abaissement du Christ, ou à percevoir dans la métaphore une image plus juste de la relation au Dieu trinitaire et aux autres, afin de réfléchir à ce que l’Église doit dire aux couples et on monde qui l’entoure.

Mais il s’agit plus encore d’une invitation au lecteur à entrer lui-même dans la danse et faire ce pas qui donne à l’Église, et au couple chrétien, de refléter le Dieu de l’Évangile.

Ainsi, « en Christ », la métaphore conjugale biblique devient source de guérison d’une relation homme-femme brisée par le péché, dans ces pas de danse, ensemble.




Ne manquez pas la vidéo interpellante de l’auteure sur le sujet de son livre !

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