Textes bibliques

Les douze apôtres : preuve d’un leadership exclusivement masculin dans l’Église ?

Les Douze seraient-ils les seuls modèles quant aux rôles d’autorité dans l’Église ? Dans la seconde partie de son article « Dans la Bible, l’homme et la femme ont le même statut, » Philip Payne parle du ministère de Jésus et des rôles accordés aux femmes dans l’Église primitive.

Jésus et les femmes

Les femmes… subordonnées ?

Tant dans ses paroles que dans ses actions, Jésus a traité les femmes comme des égales de l’homme, jamais subordonnées ou bridées dans leur rôle (Matt. 12 : 49-50 ; 15 : 38 ; 25 : 31-46 ; Marc 3 : 34-35 ; Luc 8 : 21 ; 11 : 27-28). En considérant les femmes comme égales aux hommes, Jésus a bousculé les codes juridiques, sociaux et religieux de son temps.

  • Sur les questions juridiques, en particulier le divorce et l’adultère, où les droits des femmes étaient réduits, Jésus a mis les hommes et les femmes sur un pied d’égalité.
  • Dans une société où les femmes étaient considérées comme moins intelligentes et moralement plus vulnérables que les hommes, Jésus respectait l’intelligence des femmes et leur vie spirituelle, comme en témoignent les grandes vérités spirituelles qu’il a d’abord enseignées à des femmes, à la Samaritaine, (Jean 4 :10-26) et à Marthe, notamment (Jean 11 :25-26). 
  • Dans une culture qui désapprouvait l’éducation religieuse des femmes, Jésus les a encouragées à être ses disciples. Par exemple, lorsque Marie « s’assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu’il disait », prenant ainsi l’attitude et la position de disciple, Jésus dit d’elle : « Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée » (Luc 10 :38-42). (13)

… exclues des rôles d’enseignement ?

Il est généralement admis, qu’au temps de Jésus, les disciples devaient suivre les enseignements des rabbins, devenant pratiquement rabbins eux-mêmes et les disciples des rabbins étaient exclusivement des hommes. En formant des disciples hommes et femmes, Jésus signifiait par là qu’il voulait que les femmes enseignent le sacré, au même titre que les hommes.

… exclues des postes importants dans la direction de l’Église ?

Cela dit, est-ce qu’en choisissant délibérément douze apôtres hommes pour diriger l’Église primitive, Jésus interdisait aux femmes toute responsabilité dans l’église ? Non. Choisir douze apôtres hommes n’exclut pas plus les femmes des responsabilités dans l’Église que cela n’exclut les non-juifs ou les esclaves. On remarque que les deux plus influentes personnalités de l’Église primitive, Jacques le frère de Jésus (Actes 15 : 13 ; Gal. 11 : 19) (14) et Paul, ne venaient pas du cercle des douze apôtres, pourtant, comme la femme Junia, ils étaient  apôtres, eux aussi. (15) Puisque des apôtres autres que les Douze ont occupé des postes importants dans la direction de l’Église, pourquoi les Douze seraient-ils notre seul modèle quant au leadership dans l’Église ? 

Pourquoi alors les douze apôtres hommes ?

Interrogeons-nous donc de savoir pourquoi Jésus n’a choisi que des hommes et non des femmes pour constituer le cercle des douze apôtres. Bien que le Nouveau Testament ne nous donne pas ses raisons, Jésus a choisi des hommes pour deux raisons :

  • Pour éviter le scandale. Si Jésus avait admis des femmes dans les rencontres à l’écart ou le soir, dans l’obscurité, en particulier dans des lieux déserts ou dans des endroits tels que le jardin de Gethsémané, cela aurait soulevé des suspicions morales, non seulement à l’égard de Jésus, mais aussi envers ces douze dont dépendait l’intégrité de l’Église.
  • Pour le parallèle symbolique. En nommant douze hommes, juifs et libres, Jésus rappelait le parallèle entre les douze fils d’Israël et renforçait le symbolisme de l’Église considérée comme « le nouvel Israël ».

Et puis, en choisissant des disciples femmes (voir plus haut), Jésus montre que son choix de douze apôtres hommes n’exclut pas les femmes du leadership dans l’Église. 

… défendues d’annoncer l’Évangile aux hommes ?

Jésus n’a pas davantage empêché les femmes de proclamer l’Évangile aux hommes.

  • La première missionnaire chrétienne fut une femme samaritaine :

« Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause des paroles de la femme qui rendait ce témoignage » (Jean 4 :39 ; 28-42).

  • La première personne que le Christ ressuscité chargea d’annoncer l’Évangile de sa résurrection et sa prochaine ascension vers Dieu le Père fut Marie Madeleine (Jean 20 : 14-18). Puisque « apôtre » signifie « envoyé », il n’est pas faux de dire que Christ l’a nommée apôtre auprès des apôtres.

Le leadership tel que le redéfinit Christ, savoir celui d’un humble maître-serviteur (ex. Jean 13 : 3-17), est au moins aussi propre aux hommes qu’aux femmes.


La suite de cet article paraitra sur Servir Ensemble plus tard dans l’année.


Sur le même sujet voir aussi:


Références

13. Voir Richard Bauckham, Gospel Women : Studies of the Named Women in the Gospels (Grand Rapids: Eerdmans, 2002).

14. F.F. Bruce; The Acts of the Apostles: The Greek Text with Introduction and Commentary (2nd ed.;  Grand Rapids: Eerdmans, 1952), 296, fait remarquer que les Homélies clémentiques désignent Jacques comme “évêque des évêques” et responsable de l’église de Jérusalem et de toutes les églises véritablement issues de la Divine Providence.»

15. Paul définit un apôtre comme celui qui a rencontré le Christ ressuscité (1 Cor 9 :1 ; 15 : 8 ; Gal 1 : 1, 15-17), reçoit la mission de prêcher l’évangile, et qui endure les épreuves et les souffrances du travail missionnaire (Rom 1 : 1-5 ; 1 Cor 1 : 1 ; 15 : 10 ; Junia était en prison avec Paul, Rom 16 : 7) ; il porte aussi des fruits (1 Cor 9 : 1 ; 15 : 10) et est appuyé par des prodiges, des merveilles et des miracles (2 Cor 12 : 11-12). Si certains traducteurs transforment « Junia » en « Junias » en en faisant un prénom masculin, en Rom 16 : 7, la vaste majorité des témoignages crédibles de l’église du premier siècle, parlent de « Junia » comme étant une femme. Voir l’excellent ouvrage de Eldon J. Epp, Juna : Une femme apôtre ressuscitée par l’exégèse (Minneapolis : Fortress, 2005), 2381.

À propos revdmcotes

Mary Cotes est pasteur baptiste anglaise. Ayant fait ses études doctorales de théologie, elle a exercé un ministère dans de nombreux contextes, y compris l’aumônerie d’un hôpital psychiatrique. Auteur de Quand les femmes se mettent à l’œuvre, elle est actuellement la présidente de la Milton Keynes Christian Foundation, un réseau d’entreprises sociales, fondé par les églises de la ville. Musicienne diplômée, elle donne également des cours de piano.

2 comments on “Les douze apôtres : preuve d’un leadership exclusivement masculin dans l’Église ?

  1. Nathalie Samso

    Merci pour cet excellent article, comme bien d’autres, celui-ci encore nous conduit sans état d’âme à considérer le contexte de Jésus de son vivant. Je prie le Seigneur que j’arrive enfin à vous traduire en langue des signes, je suis bien suivie aujourd’hui par des ministères pastoraux, en plus des femmes en général et des femmes sourdes.

    Je vais veiller à un équilibre dans mes publications, SERVIR ENSEMBLE doit avoir une place importante parmi mes choix de traduction.

    Merci pour votre soutien, et vos prières. Moi-même je suis bénie et heureuse de vous lire toujours et de penser à vous traduire me réjouit.

    Nathalie Samso

    >

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    • revdmcotes

      Bonjour Nathalie, et merci beaucoup de penser a nous traduire! Que Dieu vous bénisse.

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