Le soleil matinal frappe les grandes vitres du Parlement de Canberra, projetant de longues ombres sur le sol de marbre poli. Ce matin, dans le hall principal, des bruits de pas se mêlent à l’agitation habituelle des parlementaires. Ces enjambées déterminées n’appartiennent pas à des lobbyistes ordinaires, mais à des femmes, pour la plupart pasteures et responsables d’église. Elles amènent des récits de communautés lointaines, et la conviction que leur pays – l’Australie – doit en prendre soin. Leur mot d’ordre : A safer world for all! (Un monde plus sûr pour toutes et tous !), un slogan qui rejoint tous les partis, de droite comme de gauche.
En effet, la solidarité internationale vit des heures historiquement sombres. Sous l’impulsion de Donald Trump, les États-Unis ont annoncé, le 24 janvier 2025, la suspension immédiate des projets financés par l’USAID. Dans le monde entier, on suit l’impulsion des États-Unis. Des pays parmi les vingt plus gros donateurs de l’aide internationale – qui représentent à eux seuls plus de 95 % du financement du système de l’aide dans le monde – ont décidé de manière plus ou moins brutale la baisse de leur contribution. En France, le budget pour 2025 ampute lui aussi l’aide publique au développement à hauteur de 2,1 milliards d’euros. C’est 37 % de moins par rapport à 2024. La plupart des pays européens, dont l’Allemagne, ont annoncé fin 2024 une baisse générale de 30 à 40 % de son budget de coopération internationale.
Une étude, relayée en janvier 2026 par The Lancet, estime que les coupes américaines, combinées à celles annoncées par plusieurs pays européens, pourraient conduire à plus de 22 millions de décès supplémentaires – des décès inutiles et évitables – à l’horizon 2030.
En Australie, l’organisation Micah (l’équivalent du Défi Michée / SEL en France et de StopPauvreté en Suisse) a mobilisé un réseau de femmes influentes qui opère depuis déjà plusieurs années. Le réseau Micah Women’s Network rassemble des chrétiennes de toute l’Australie qui ont à cœur la justice biblique et aspirent à un monde plus juste. Depuis 2018, les femmes du Micah Women’s Network ont rencontré plus de 400 membres du parlement, certain·es individuellement dans leur bureau, d’autres en groupe lors de dîners avec table ronde.
C’est intentionnellement que le Micah Women’s Network rassemble exclusivement des femmes pour plaider auprès des politiques : elles jouent plus facilement la carte du « soft power », semblent moins menaçantes pour les parlementaires, et sont plus à l’aise pour établir et construire une relation.
En août 2025, quelques semaines seulement après l’investiture du nouveau Parlement, 48 femmes leaders se sont rendues à Canberra pour la septième délégation annuelle du réseau Micah Women’s Network. Leur message :
« L’Australie doit continuer à soutenir les plus vulnérables dans le monde alors que d’autres nations se retirent. Un programme d’aide internationale généreux et efficace sauve des vies, empêche les crises de dégénérer en catastrophes et reflète le meilleur de ce que nous sommes en tant que nation. »
Ces femmes viennent à Canberra des quatre coins du pays, représentant 13 dénominations, dont l’Église luthérienne, l’Église anglicane, l’Armée du Salut, l’Église catholique, l’Église baptiste et bien d’autres encore. Elles viennent aussi de nombreuses cultures différentes : beaucoup ont des liens directs avec des endroits où l’aide australienne fait la différence, voire où des crises humanitaires se déroulent. Mi Kai Share, une femme kachina qui vit aujourd’hui à Melbourne, a partagé l’expérience de sa famille pendant le conflit au Myanmar. Suzan Wahhab, présidente de l’association de chrétiens palestiniens en Australie, a parlé de Gaza et des difficultés rencontrées par certaines des plus anciennes églises du monde.

Cette diversité de voix reflète la richesse de l’Église australienne et rappelle aux députés que l’aide n’est pas une notion abstraite. Elle concerne des familles et des communautés que ces femmes connaissent et aiment.
La délégation de ces femmes leaders a rencontré des parlementaires de gauche, de droite, du centre, et même des indépendants, pour mobiliser un soutien à l’aide internationale sur tout le spectre politique. Elles ont quitté Canberra encouragées. Les députés ont reconnu que :
- L’aide internationale est un investissement intelligent qui permet de prévenir les crises avant qu’elles ne s’aggravent.
- Pour l’Australie, il s’agit d’une force stabilisatrice qui renforce ses partenariats et rend ses voisins plus résilients.
- Et surtout, c’est un engagement qui sauve des vies et qui reflète le meilleur de nous-mêmes.
Leur plaidoyer a porté ses fruits : en 2025, l’Australie est un des rares pays du monde à avoir augmenté le budget de la coopération internationale (passé de 4,96 G$ à 5,10 G$, une augmentation de 2,7 % par rapport au budget de 2024).
Au cœur du plaidoyer de ces femmes leaders, pasteures, responsables d’Églises, se trouve la foi. Elles ont été poussées par l’appel de Jésus à aimer son prochain et à rechercher la justice pour les plus vulnérables. Et elles sont reparties avec un espoir renouvelé : « ensemble, nous pouvons contribuer à bâtir un monde plus sûr et plus juste pour tous ».
Quelle source d’inspiration pour nous toutes et tous !



Bonjour
merci pour cette information réjouissante mais qu’on n’entend pas dans les médias !
Car ce que l’on retient du monde qui nous entoure : des chrétiens (qui se disent chrétiens !) qui soutiennent des programmes politiques sexistes, racistes, anti-écologie, encouragent le mépris des petits et des pauvres, l’égoisme, en plus des scandales dans beaucoup d’églises.
Cela fait beaucoup de mal à l’évangile, à l’église de Jésus-Christ, et à l’image de DIEU !
Je pense aussi à ces prédicateurs sur tous les continents qui se servent de l’évangile pour devenir millionnaires alors qu’ à toutes les époques des hommes et des femmes ont donné leur vie pour le Christ. C’est révoltant ! L’église est-elle encore crédible ?
Merci au Seigneur pour ces initiatives, qui rétablissent la vérité de l’enseignement de Jésus, La notion de sobriété, de partage, de fraternité et du respect du à tout être humain.
Voilà que des femmes dites » FAIBLES » deviennent « UNE FORCE » pour l’église !