Progresser en Église

Écrire une cérémonie de bénédiction de mariage à deux!

Je travaille en binôme avec mon mari, nous sommes tous les deux pasteurs dans la même Église. Depuis deux ans nous écrivons et célébrons certaines cérémonies à deux. Non pas que l’un se charge de la présidence et l’autre de la prédication, mais d’un bout à l’autre les deux parties sont animées à deux voix. Cela est le cas principalement des cérémonies de bénédiction de mariage, mais aussi de certains cérémonies d’adieu.

Dans le cadre des cultes de bénédiction de mariage, il nous semble particulièrement fructueux et pertinent de nous adresser en tant que couple à un couple.
Les retours sont souvent très positifs : s’exprimer à deux voix rendrait le culte plus vivant et plus riche donnant de la place à des sensibilités différentes.

Quelque chose de notre propre vie de couple transparaît, car notre complicité, notre capacité à réagir aux imprévus et notre confiance en l’autre sont mis à l’épreuve et comme exposés aux feux de la rampe. L’authenticité et le courage de « se mouiller » portent en eux le potentiel de toucher davantage et de faire réfléchir les couples présents dans l’assemblée, en étant parfois « miroir » pour eux.

Il arrive régulièrement que les auditeurs expriment avec surprise que c’est la première fois qu’ils voient un couple ainsi prêcher ensemble. A une exception près, cette surprise n’a jamais été mêlée de désapprobation, mais était plutôt l’occasion d’un encouragement à persévérer dans cette voie.

Cet article visera à fournir quelques repères pour aider ceux qui voudraient se lancer à leur tour dans cette aventure. Au fil des mois nous avons testés plusieurs manières de procéder.

Il est vrai qu’il faut trouver sa manière de fonctionner ensemble. Les premières fois on tâtonne et on fait face à quelques défis qu’il s’agit de relever ensemble. Mais avec un peu d’entraînement l’exercice devient plus aisé et le résultat montre que cela en vaut la peine.

Rédaction

Pour nous, il y a toujours l’un des deux qui commence le travail de structuration et de rédaction. Mais l’autre est impliqué dès le début du processus en indiquant ses idées ou souhaits éventuels pour l’orientation de la cérémonie. A d’autres moments l’un peut s’occuper d’écrire la présidence et l’autre le message, mais le processus décrit dans la suite s’appliquera pareillement. En règle générale, par facilité, c’est aussi la personne qui écrit en premier qui entre en contact avec les autres intervenants, parce que c’est elle qui a la meilleure vue d’ensemble de la cérémonie.

Relecture

Une fois une première édition prête, la deuxième personne relit la cérémonie et apporte des propositions de changements en discussion avec la personne « rédactrice ». La fonction « suivi des modifications » dans Word est très utile pour cela, car on voit d’un coup d’œil les changements qui ont été apportés. On peut ensuite facilement les intégrer ou alors les soumettre à la discussion.

Discussion

Ces discussions peuvent parfois être un peu « chaudes », surtout les premières fois : il arrive qu’il nous faille renoncer à une idée qui nous tenait à cœur si on se rend compte avec le recul de la relecture de l’autre qu’elle n’est peut-être pas si pertinente que cela pour le contexte. D’autres fois il faut « défendre » son idée avec des arguments solides si on y tient vraiment.

L’autre n’écrit ni ne prêche de la même manière que moi et ses approches différentes des miennes peuvent me surprendre : « Pourquoi tu as écrit cette phrase en utilisant ces mots-là ? » « Moi, je ne suis pas d’accord / à l’aise avec cette façon d’exprimer les choses. Je nuancerai davantage le propos… ».

C’est un exercice de souplesse et d’humilité, qui demande de l’énergie, un esprit d’ouverture face à la vision de l’autre et la volonté sincère de le comprendre plus en profondeur.

On accepte de vivre la vulnérabilité. Même si cela est le cas à chaque fois que l’on se fait relire, que l’on demande un feedback, le défi est ici plus élevé encore, car il s’agit de trouver un consensus, de se mettre d’accord sur une version qui convient à tous les deux et qui reflète fidèlement la pensée de chacun.

Mais avec le temps on découvre qu’il y a une grande richesse à se laisser remettre ainsi en question. C’est une chance incroyable de pouvoir affiner nos idées et cela augmente la qualité finale du travail. Dans le retour mutuel sur nos pensées et paroles nous élargissons notre horizon et notre compréhension de l’autre. Nous grandissons aussi dans l’art du compromis qui me tient très à cœur (« Ok, nous gardons cette phrase, mais c’est toi qui la dira. » « On pourrait garder une partie de ta formule et adapter le reste de la phrase selon les modifications qui me semblent pertinentes. »).

Répartition

Après les trois premières phrases rédaction, relecture et discussion, nous répartissons le texte entre nous de la sorte que nos prises de parole s’alternent. Chacun à tour de rôle présentera un ou plusieurs petits paragraphes.
Ensuite nous relisons la cérémonie dans son entièreté au moins une fois à voix haute, même si chacun prépare aussi individuellement ses propres parties.

Souple adaptation

Peut-être que la dernière phase, celle du Jour J, quand nous animons ensemble la cérémonie, est la plus exigeante. Là encore il faut du lâcher prise, car même si nous nous sommes bien mis d’accord sur le texte, à l’oral il nous arrive de changer l’une ou l’autre phrase ou pensée. Cela peut être frustrant pour l’autre qui voit des paroles auxquelles il tenait peut-être particulièrement quelque peu « écorchées »… Encore une occasion de se prendre moins au sérieux et de constater que même si tout ne s’est pas passé comme prévu, Dieu peut se servir de ce que nous avons semé pour le faire fructifier.

Alors à vos claviers… pour tenter cet exercice qui ne vous laissera pas comme vous êtes : il a du potentiel pour vous faire grandir et renforcer l’unité de votre couple. Et il s’avère fructueux pour porter le message de l’Évangile d’une manière qui soutienne l’attention.


Voir aussi: les conseils pour (bien) lire un texte à deux voix!

À propos Lydia Lehmann

Lydia Lehmann est pasteur au Cépage à Bruxelles, une Eglise de l'AEEBLF (L'Association évangéliques d'Eglises baptistes de langue française). Elle exerce ce ministère en binôme avec son mari Léo. Sur "Servir ensemble" elle est responsable de la rubrique "Progresser en Eglise".

4 comments on “Écrire une cérémonie de bénédiction de mariage à deux!

  1. Gérard Philippe

    Très beau message donné par vous deux lors de la cérémonie de bénédiction de mariage d’Élodie et d’Éric dans le bâtiment de notre église protestante évangélique à Beauval. En tant que père de la mariée, cela me ferait très plaisir de recevoir par mail le texte du message écrit à cette occasion. Merci encore pour votre participation à cet événement qui a réuni aussi deux communautés chrétiennes pour un moment important de la vie d’un nouveau couple.

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    • Lydia Lehmann

      Merci Philippe pour ce commentaire encourageant ! J’ai pris contact avec vous par un autre moyen pour vous faire parvenir le texte du message. Que Dieu bénisse votre Eglise et vous fasse du bien dans le service pour Lui.

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  2. Bonjour,
    Pourrais-je avoir un exemple pour mieux me rendre compte, s’il vous plait? Merci d’avance et que Dieu vous bénisse.

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    • Lydia Lehmann

      Oui, c’est tout à fait possible. Pourriez-vous m’envoyer une adresse mail à laquelle je pourrais vous fair parvenir un exemplaire ?

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