Spiritualité

Lettre d’un frère

J’ai toujours apprécié les femmes.

En grandissant, j’ai vu ma mère et mon père interagir sur un pied d’égalité, entre eux et avec leurs amis.

J’ai aimé regarder ma mère, dont les yeux brillaient d’un feu intellectuel lorsqu’elle parlait de théologie ou de la façon de définir (et de pratiquer) l’obéissance radicale. J’aimais son doux sourire lorsqu’elle méditait sur les géraniums rouges devant sa fenêtre, souvent en allaitant un bébé.

J’aimais creuser la terre à l’automne, sous sa direction, en plantant ces choses qu’elle appelait des bulbes. Et puis j’ai aimé observer son impatience à la recherche du premier signe du printemps : les minuscules mais braves crocus, estimant que leur apparition serait plus surprenante s’ils se faufilaient à travers la couche de neige.

Je suis un homme, mais j’ai beaucoup appris d’une femme sur la masculinité.

Et je veux donc m’excuser.

Je ne regrette pas d’être un gars, mais je regrette que nombre de mes sœurs aient été maltraitées par des gars, dans l’Église et ailleurs.

L’apologie d’un frère

Je suis désolé qu’au lieu d’entendre les échos dévastateurs du mouvement #metoo (#balancetonporc), nous soyons restés silencieux, parfois effrayés, nous indignant pour tous les hommes innocents et faussement accusés. Non seulement notre réponse était-elle statistiquement absurde, elle manquait aussi terriblement d’empathie. J’en suis vraiment désolé.

Je suis désolé qu’on vous ait traitées comme si vous étiez, vous toutes, la Grande Tentatrice, en train d’élaborer des intrigues pour nous faire tomber. Je suis désolé que nous ayons eu peur de vous parler, peur d’avoir une véritable amitié avec vous. À moins de vous courtiser ou d’être mariés avec vous, nous avions tellement peur de ce à quoi les choses pouvaient ressembler que nous ne vous avons jamais vraiment regardées. Et donc nous sommes passés à côté. A côté de l’être humain que vous êtes. A côté de vos dons ; et nous nous sommes privés de l’occasion d’apprendre de vous. Nous étions dans l’erreur.

Nous étions si peu sûrs de nous, si poussés par une profonde peur adamique d’être contrôlés. Nous avons oublié le pouvoir de la Croix pour renverser la malédiction.

Dans de trop nombreux cas, notre objectification en privé des femmes nous a poussés à nous opposer publiquement à elles. Il est difficile de voir une femme en tant que personne en public quand on utilise son corps en privé. C’est une grande tragédie pour les hommes, certes, mais c’est bien pire que cela. Ce sont des usages et des abus qui devraient bouleverser les hommes au plus profond d’eux-mêmes. Cela devrait nous faire mettre à genoux et faire couler des rivières de larmes de nos yeux. Cela devrait nous briser et nous amener à la repentance qui conduit à la sainteté.

Vous ne devriez pas avoir à plaider contre la pornographie. Vous ne devriez pas avoir à vous en plaindre. Ce sont les hommes qui auraient dû s’en charger. Ils auraient dû s’en sentir responsables. Les hommes devraient en pleurer.

Et c’est ce que je fais.

L’utilisation de la pornographie par un homme est sans équivoque un péché, une violence, un abus et une destruction. Et j’en suis vraiment, vraiment désolé.

Nous avons essayé de contrôler vos vêtements, pour notre pureté. Nous sommes devenus experts dans l’utilisation des Écritures pour vous faire taire. On vous a appelé « Jézabel, » ou du moins on a dit que vous aviez son esprit. On vous a mis à l’écart dans le coin des enfants pour qu’on soit en sécurité.

Après le mariage, nous avons jugé votre sexualité, en la comparant et en la contrastant avec la nôtre, et nous l’avons trouvée déficiente. Nous avons avalé le mensonge selon lequel la sexualité féminine est semblable à la sexualité masculine, mais inférieure alors qu’elle n’est que différente.

Nous avons qualifié vos émotions de loufoques, nous vous avons dit de vous ressaisir, nous vous avons demandé avec décontraction d’être plus rationnelles. Alors que nous aurions dû apprendre de vous comment parler émotionnellement. La recherche vous soutient ; les émotions véhiculent des informations importantes, mais dans une langue différente. Et en général, vous êtes bien plus fluide dans cette langue.

S’il vous plaît, aidez-nous à vous voir. Aidez-nous à vous connaître. Et, s’il vous plaît, soyez patientes alors que nous bégayons dans le langage des émotions que nos cultures et nos familles n’ont pas jugé utile de nous enseigner. Elles avaient tort.

Apprenez-nous.

Nous avons besoin de la force féminine qui consolide les murs de l’Église globale, et nous avons besoin de l’œil féminin qui ajoute de la chaleur et des décorations murales aux intérieurs. Nous avons besoin de vos émotions et de votre intelligence. Nous avons besoin de votre sensibilité et de votre force. Nous avons besoin de vous.

L’encouragement d’un frère

Certaines d’entre vous sont des Jeanne d’Arc. Génial. Que votre passion s’embrase et nous guide alors que nous prenons d’assaut les portes de l’enfer. Ou que nous mourons en essayant. Alors, guidez-nous !

Mais certaines d’entre vous sont des Corrie Ten Boom, bien plus douces, bien plus tendres, mais tout aussi dingues. Alors, soyez dingues !

Certaines d’entre vous s’assoient et boivent la Bible si profondément et depuis si longtemps que vous ne pouvez vous empêcher de verser sagesse et grâce sur tout ce que vous rencontrez. Alors, versez !

Certaines d’entre vous sont des dames de la « casserole, » tandis que d’autres sont des iconoclastes. Alors, cuisinez ou cassez !

Certaines d’entre vous sont introverties et d’autres ne le sont certainement pas. Alors vous, les introverties, lisez bien vos livres et ajustez bien vos verres sur les yeux ; et vous, les extraverties, levez votre verre bien haut, assemblées avec les gens, et buvez l’amour des amis et d’un Père qui sauve.

Quoi que vous soyez d’autre, vous êtes mes sœurs. Et je suis si heureux qu’on fasse partie de la même famille.

Votre frère,

Jonathan Trotter

Traduit par Benoît Baslé

Article paru le 21 février 2019 sur https://velvetashes.com/a-brothers-letter

servirensemble.com est le fruit de différents auteurs et c'est la richesse de ce blog. Vous trouverez le nom de cet auteur à la fin de l'article. Vos contributions sont les bienvenues, contactez-nous!

5 comments on “Lettre d’un frère

  1. Je suis toujours très émue quand un homme se lève pour défendre les femmes, souligner leur valeur et les encourager.
    Quel bel exemple de masculinité !
    Merci d’avoir traduit et publié ce beau plaidoyer.

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  2. « Pardon Seigneur Jésus de souhaiter quelquefois que tu retardes ton retour, juste pour qu’on puisse voir de belles relations entre homme et femme se généraliser comme nous le fait pressentir notre frère Jonathan » Mais c’est peut-être cela qui va hâter son retour ?
    Merci Jonathan, et que le Seigneur nous aide à être patiente, encore et encore……

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  3. Damien Rosinski

    Yeah !

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  4. Claire Poujol

    Magnifique !

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  5. Nephtalie

    Waoooo, c’est tellement beau que je vais l‘imprimer et le partager avec toutes les femmes que je connaissent au nom de Jesus. Merci Benoit Baslé et mil merci à Jonathan trotter 🙏🏽

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