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Quand une ‘soi-disant égalitarienne’ valorise un livre ‘complémentarien’…

downloaded_38_1499« Le ministère féminin centré sur la Parole : une richesse au service de l’Église» de Gloria Furman et Katleen Nielson, (ed. BLF) est un ouvrage traduit de l’anglais «Word-filled women’s ministry: loving and serving the church ». Décidément la place et le rôle des femmes est un sujet incontournable qui agite tous les milieux sociétaux actuellement et j’en suis ravie !

Parce que oui, clairement, l’apport des femmes à la vie ecclésiale (et sociétale d’une manière plus large) est une richesse dont nos milieux se sont bien trop longtemps privés!

BLF et Évangile 21 (coéditeurs de l’ouvrage) s’associent régulièrement pour traduire en français des ouvrages américains de ligne théologique ‘complémentarienne’.

Peut-être cher lecteur, te demandes-tu pourquoi une femme comme moi, pasteure de son état et donc forcément en désaccord avec le cadre théologique du livre, lit-elle et surtout recense-t-elle un livre tel que celui-ci ?

Appeler les femmes à se lever et à servir

Tout simplement parce que même si ma lecture des textes bibliques concernant les rôles des hommes et des femmes dans l’Église et la famille diffère, je ne peux qu’applaudir au souhait qui est au cœur de ce livre :

Appeler les femmes à se lever et à servir, tout en recommandant aux hommes responsables des communautés de les soutenir et les intégrer.

N’ai-je pas moi-même appelé cette collaboration de tous mes vœux lorsqu’après quelques années de ministère pastoral, je décidai de cesser de m’occuper des femmes en souffrances qui n’étaient pas de ma communauté !

Mon arrivée en tant que pasteure en Haute-Savoie avait provoqué des remous, tant dans les rangs pastoraux que dans celui des membres des Églises. Plusieurs femmes avaient alors pris leur courage à deux mains et demandé à me rencontrer, espérant trouver auprès de moi un soulagement aux souffrances spirituelles et psychiques qu’elles n’osaient pas déposer dans leur propre communauté, faute d’y trouver une oreille féminine. Je commençai par accepter, puis, écrasée par leur nombre, j’ai supplié mes collègues pasteurs des communautés en question de promouvoir dans leurs rangs de responsables des femmes formées capables d’accompagner, de comprendre les femmes en souffrance restées trop longtemps silencieuses dans leurs rangs. Je ne sais ce qu’ils ont entendu et retenu de cet appel. De mon côté, j’ai dû m’astreindre à cesser ces accompagnements.

Un grand oui, même si…

Alors, même si je ne suis pas d’accord avec les interprétations anthropologiques et théologiques défendues par ce livre, tout particulièrement dans les chapitres un et deux, même si je suis encore une fois agacée par cette prétention clairement affichée à être les seuls détenteurs de la vérité biblique, même si la traduction française du titre anglais est assez malheureuse à mon sens – littéralement cela aurait donné: « le ministère de femmes remplies de la Parole », ce n’est pas tout à fait pareil, quand même – je ne peux qu’applaudir des deux mains au vibrant appel que les deux auteures adressent aux femmes et aux responsables d’Église.

  • Oui, qu’elles se forment pour transmettre la parole. (chapitre 3)
  • Oui, qu’elles s’engagent dans l’Église locale avec leurs dons. Même dans une communauté ‘complémentarienne’, l’apport des femmes est essentiel, voire vital (chapitre 4)
  • Oui, qu’elles ne mettent pas de limites à leur engagement et l’étendent aussi bien à la société qui les entoure qu’aux extrémités de la terre (chapitres 5 et 6)
  • Oui, qu’elles partagent leur foi auprès des jeunes et des aînées, jusque dans des domaines cruciaux comme la sexualité (chapitre 7, 8 et 9 – Dans ces chapitres, j’aime tout particulièrement le passage intitulé ‘ministère auprès des femmes courbées’.)

Passer à l’étape suivante

Voici trop longtemps que sous prétexte de soumission mal comprise, l’Église est hémiplégique.

Voici bien trop longtemps également que les femmes s’astreignent elles-mêmes à rester dans des ‘cases’ stériles pour elles et stérilisantes pour l’Église : L’humilité, la douceur sont des valeurs communes aux hommes et aux femmes, elles ne doivent plus empêcher les femmes de suivre le Christ et de servir leur Église.

La peur de mal faire doit être enrayée par un partage réel entre hommes et femmes, entre responsables d’Église et membres.

La mise en œuvre des pistes de réflexion et de changement prônés par ce livre apporteront forcément un renouveau spirituel dans les communautés et les groupes qui seront capables d’y travailler dans la paix et l’écoute mutuelle.

Les hommes et les femmes ne sont-ils pas tous invités à être d’abord disciples du Christ ?

Un si grand nombre de femmes ont soif d’apporter davantage… Un très grand nombre de femmes sont prêtes à une collaboration plus fructueuse avec les responsables hommes. Peut-être que ce livre y contribuera…

Quelle joie alors de se dire que les Églises françaises pourraient connaitre un regain spirituel au travers de la prise au sérieux de l’appel, des dons, des compétences et des forces féminines et de leurs services communs…

Homme-Femme-Foule-Groupe

 

 

2 comments on “Quand une ‘soi-disant égalitarienne’ valorise un livre ‘complémentarien’…

  1. Chère Joëlle,
    pour avoir entendu Mme Nielson en conférence, je puis vous assurer qu’elle maintient un bon équilibre entre « complémentarité » et « égalité » : les deux ne sont pas antinomiques ! Il faut cesser cette opposition sémantique assez caricaturale pour les deux « camps ».
    Egalité aux yeux de Dieu et complémentarité de rôle.
    – Egalité car l’humain est homme et femme, tous deux créés à l’image de Dieu.
    – Complémentarité de rôle : il n’est qu’à lire les multiples disymétries/différences de Genèse 2 entre la création de l’homme et la femme, leurs rôles divinement attribués, pour s’en convaincre. Et c’était avant la chute, donc très bon !
    Mme Nielsen essaye de rassurer : ce n’est pas parce que nous avons des rôles différents des hommes que nous n’avons pas la même valeur pour Dieu.
    Exemple : Dans l’Ancien Testament, l’Eternel est parfois présenté comme une « aide » (ezer en hébreu) pour son peuple. Hé bien la femme est une « aide » (ezer) pour l’homme : quel grâce !
    Pardonnez mon audace.
    Bien fraternellement, Louna.

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    • Chère Louna, votre audace est entièrement pardonnée… Il n’y a même pas lieu de pardonner! Je suis d’accord avec vous pour cesser cette opposition sémantique, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai mis le ‘soi-disant’… Avez-vous lu mon article sur le complémentarisme et l’égalitarisme? Il rejoint quasiment votre propos! Cela dit, je suis pasteur principal d’une communauté et en tant que telle, je peux vous assurer par expérience que l’opposition existe et même qu’elle n’est pas que sémantique! Mon interprétation des textes bibliques dérange souvent -je la présente dans mon livre ‘Qui nous roulera la pierre’- et si je ne me faisais que traiter d’égalitarienne par ceux qui ne sont pas d’accord avec moi, je serai heureuse…

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