Mary Cotes, pasteur

DSC_6243 (425x640) (2)Pasteur baptiste anglaise depuis plus de vingt-cinq ans, Mary Cotes partage quelques moments de son témoignage.

1963 – Un rêve enfantin

J’avais cinq ans. Avant de me coucher, ma mère me racontait souvent l’histoire de Marie de Magdala lors de sa rencontre avec le Christ ressuscité. Au moment du récit où Jésus l’appelle par son nom, « Marie, » je me suis sentie personnellement interpelée. Cette nuit-là, j’ai rêvé : devant une église, Jésus s’approchait de moi et m’appelait à travailler pour lui.

Les années ont passé. J’ai grandi dans l’Église. Je me suis convertie à quatorze ans lors d’un camp d’évangélisation et me suis fait baptiser quelques mois plus tard. De temps en temps ma grand-mère paternelle, veuve de pasteur, me suggérait qu’un jour peut-être Dieu m’appellerait à poursuivre le ministère de mon grand-père. Ses paroles éveillaient toujours en moi le souvenir lumineux du rêve de mon enfance…

1975 – Les premiers pas

Dieu ne me laissait pas tranquille : la conviction qu’Il m’appelait à exercer un ministère pastoral devenait plus forte. J’ai trouvé le courage d’en parler avec le pasteur de l’Église qui a discerné en moi la présence d’un appel. « Mais tu te trompes certainement », m’a-t-il dit gentiment.

Il faudrait que tu t’orientes plutôt vers un service missionnaire. C’est ça, la vraie vocation d’une femme.

Je suis sortie de chez lui bien confuse. J’ai pris la décision de ne plus en parler du moins pour le moment. Et d’attendre.

1984 – Le moment de décision

Professeur de français dans un lycée de Londres, j’aimais énormément mon métier. Mais Dieu ne me laissait pas tranquille, et au fond du cœur je n’étais pas en paix. Un jour, tout d’un coup en plein couloir j’ai pensé:

Que diront mes collègues lorsque je leur annoncerai que je deviens pasteur ?

Mais doucement, Dieu a travaillé dans mon cœur ! Avec plus d’assurance cette fois-ci, je suis allée voir le pasteur de l’Église dont j’étais devenue membre. Il n’a eu que des mots d’encouragement. Mon nom est passé devant le Conseil des Anciens et celui des membres du Conseil. Ils ont soutenu ma candidature à cent pour cent.

1985 – Mon appel confirmé

Assise dans une salle d’attente au cœur des grands bureaux de l’union baptiste, j’attendais mon entretien devant le conseil national. Ma candidature serait-elle acceptée ? Un jeune homme y était passé avant moi, et j’entendais résonner des rires. Le jeune est finalement sorti. « Pas de problème ! » m’a-t-il dit. « Ils m’ont fait parler de mes loisirs. » Quelques instants plus tard je me trouvais devant le même conseil, et au bout d’une heure, souriants, ils ont confirmé ma nomination. Mais moi, j’avais dû répondre à des questions plus conséquentes, sur la théologie et ma vie spirituelle !

1988 – Découragée et encouragée

Une fois au séminaire, je me régalais de faire mes études de théologie. Les profs étaient merveilleux et encourageants ; mes collègues étudiants adorables et gentils. Mais le weekend, ce n’était pas toujours facile. Le dimanche, j’étais intégrée en tant que Pasteur stagiaire dans une Église baptiste et devais régulièrement présider le culte. On m’a régulièrement transmis que des couples, sachant qu’une femme montait sur la chaire ce jour-là, s’absentaient. Je rentrais souvent découragée, prise d’une jalousie envers mes collègues étudiants hommes qui, eux, ne subissaient jamais ce même rejet. Ceux-ci avaient beau me dire que j’étais pionnière, ils ne comprenaient pas ce que je vivais et je me sentais parfois très seule.

Pendant mes années d’études doctorales, j’ai commencé à redécouvrir les portraits des femmes de la Bible. Je me suis rendu compte, en effet, que dans le passé, ces femmes m’avaient souvent été présentées comme des personnalités faibles, passives et silencieuses, ou comme de grandes pécheresses. J’avais accepté sans question ces lectures. En me replongeant dans les Écritures, je me suis sentie libérée. J’ai rencontré comme pour la première fois des femmes de Dieu courageuses et dynamiques qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire du peuple de Dieu, dans le ministère de Jésus ainsi que dans l’histoire de l’Église. Elles sont devenues pour moi des compagnes de route précieuses.

1995 – Bénie

Après avoir exercé pendant trois ans un ministère dans le Sud-ouest, j’ai répondu à une invitation venant d’une Église galloise. Elle était toute fière d’appeler sa première Pasteur femme. Ces chrétiens généreux m’ont encouragée à découvrir et à développer les dons particuliers que Dieu m’avait accordés, et j’ai eu la joie quelques heures par semaine d’exercer un ministère à la radio ainsi qu’à l’aumônerie d’un hôpital psychiatrique. L’Église a développé un ministère parmi les sans-logis de la ville, et j’y ai passé des années richement bénies.

2004 – Le plus grand défi

En quittant le Pays de Galles, je me suis lancée vers un nouveau ministère, dans le milieu inter-églises. J’étais la première femme à prendre un tel poste. Pendant le culte d’accueil, une sœur catholique m’a dit :

Ne cherche pas à faire ce rôle de la même manière que tes prédécesseurs l’ont fait.  Dieu t’appelle à le faire à partir de toute ton intégrité féminine.

Elle avait raison. Mais comment ? C’est une question qui me travaille toujours ! Les paroles du psalmiste me viennent alors à l’esprit : « Chantez au Seigneur un chant nouveau. » En tant que femmes pasteurs, nous avons peu de modèles féminins. Poussées par le Saint Esprit, nous avons constamment de nouveaux seuils à franchir, surtout au fond de nous-mêmes. Pour répondre à l’appel de Dieu, hommes et femmes ensemble, nous partons à la grande découverte…

2018 – L’histoire continue…

Parmi 2258 Pasteurs baptistes anglais actuellement titularisés, nous sommes 277 femmes, soit 12,3%. En trente ans, les choses ont bien évolué chez nous, comme dans les autres Églises protestantes britanniques. J’ai tant appris au cours des années ! J’ai réalisé que lorsque Dieu appelle, Il donne la grâce de persévérer. Mon ministère, c’est l’offrande de tout ce que je suis et l’expression de tout ce que je suis devenue en Christ. La fidélité de Dieu me soutient tous les jours.

« Je t’ai appelé par ton nom, » dit le Seigneur, « tu es à moi. »

 

Ne manquez pas le livre de Mary Cotes, « Quand les femmes se mettent à l’œuvre« . Recension à venir prochainement sur ce blog.

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Auteur : Blogueur invité

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