Progresser en Église

Prêcher pour tous et pour toutes

Comment s’assurer qu’une prédication s’adresse à tous, aux hommes et aux femmes ? Quels seraient les conseils pratiques à donner à celles et ceux et celles qui veulent annoncer une parole pertinente pour l’Église dans son ensemble ? Voici quelques pistes possibles

  1. Encourager les femmes et les hommes à devenir disciples

Encourager ouvertement femmes et hommes à devenir disciples du Christ. Les femmes ont l’habitude de s’associer au terme « frères », mais apprécient que l’on s’adresse à elles de façon spécifique. C’est une manière toute simple de signifier que les hommes et les femmes font partie du peuple de Dieu et sont appelées à suivre Jésus. Pour éviter le côté surfait et lourd du langage inclusif, tentez d’inclure explicitement les femmes au moins une fois dans chacune de vos prédications.

2. Choisir des textes et des exemples de foi féminins et masculins

Choisir des textes avec des exemples de foi féminins et masculins. Évident, non ? Une petite statistique s’impose. Dans votre église listez les personnages bibliques masculins et féminins nommés sur un échantillon de 10 dimanches. Alors, y a-t-il des femmes ? Certains textes allient les deux comme ceux de l’évangéliste Luc qui raconte à plusieurs reprises des histoires qui se répondent en miroir, au féminin et au masculin : Siméon / Anne, l’intervention de Jésus en faveur du centurion puis de la veuve, l’annonce à Zacharie et à Marie etc. D’autres textes parlent exclusivement d’hommes, d’autres exclusivement de femmes. Il est bon de varier au gré des dimanches. Si l’un ou – soyons fous – l’autre manque complètement à l’appel sur deux mois et demi, il y a un problème.

3. Oser aborder les textes difficiles

Oser étudier et aborder les textes difficiles qui touchent à la relation entre les hommes et les femmes. Trop souvent, ces textes sont abordés uniquement par ceux qui souhaitent renforcer une hiérarchie entre les sexes. La prédication est un lieu d’enseignement précieux où l’Église peut être encouragée à vivre des relations réconciliées et à grandir dans la soumission mutuelle.

4. Éviter les stéréotypes

Éviter les stéréotypes. Parfois en voulant être pertinent et s’adresser à tous, la prédicatrice ou le prédicateur peuvent tomber dans des stéréotypes. Les hommes comme les femmes n’entrent pas dans des cases hermétiques avec des goûts tous tracés : certaines femmes n’aiment pas faire du shopping et certains hommes ne manient pas bien la clé à molette. Si, si, je vous assure.

5. Bannir les blagues sexistes

Bannir les blagues sexistes. Cela va sans dire sans doute, et pourtant…on aurait de quoi faire un article avec les blagues de mauvais goût entendues pendant les prédications.

6. Utiliser des illustrations de la vie de tous les jours

Utiliser des illustrations de la vie de tous les jours. Bien que les hommes et les femmes soient différents, ils sont avant tout tous deux humains. Il est donc préférable de chercher des exemples qui se réfèrent à cette humanité commune. Ils ne manquent pas, « cherchez et vous trouverez ».

7. Expliciter la portée d’un texte pour les hommes et les femmes

Expliciter la portée d’un texte pour les hommes et pour les femmes. Le plus souvent, la portée est la même, mais parfois, il convient de distinguer la manière toute particulière dont le texte rejoint les femmes et les hommes. Différentes perspectives peuvent enrichir l’interprétation du texte. L’objectif n’est pas de polariser les fonctionnements masculins et féminins, mais de souligner que l’appel à devenir disciples s’adresse à chacun dans les situations particulières.

8. Reconnaître ses propres préjugés

Reconnaître ses propres préjugés. Ce que nous croyons sur les hommes et les femmes fera inévitablement surface à un moment ou à un autre. Autant le reconnaître. Alors que je m’apprêtais à prêcher, l’homme qui assurait la présidence a fait une longue prière pour « le frère qui apportera la prédication ». Quand je me suis levée pour prêcher, je l’ai vu se décomposer. Il est venu s’excuser tout simplement par après et nous avons pu continuer à servir ensemble. Reconnaître nos limites permet de garder des relations saines. Il n’y a rien de tel qu’une discussion franche et de cœur à cœur dans ce domaine sensible.

Cette liste n’est pas exhaustive, avez-vous d’autres suggestions qui gagneraient à être ajoutées ici ?

Marie-Noëlle Yoder est enseignante en théologie pratique et en éthique au centre de formation du Bienenberg (Suisse). Elle est aussi éducatrice spécialisée et thérapeute familiale et conjugale.

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