Une nouvelle étape vient d’être célébrée par Servir Ensemble : le premier poste en son sein a été pourvu ! Lisa Zbinden est officiellement coordinatrice Servir Ensemble. Pour toute l’équipe, Lisa a été une évidence. Solaire, passionnée et passionnante, elle apporte une lumière paisible et profonde. On vous laisse le plaisir de la découvrir dans ce témoignage.
Je m’appelle Lisa Zbinden.
Je suis passionnée par Jésus, les relations, les questions de genre et de sexualité, les podcasts et les chaï lattes.
S’il y a un mot pour décrire ce qui m’anime, dans ma vie comme dans mon travail, ce serait celui-ci : la réconciliation.
Réconciliation avec Dieu d’abord.
Réconciliation avec notre identité de filles et de fils, créés à son image.
Réconciliation avec notre corps, notre féminité et notre masculinité.
Réconciliation entre les sexes.
Réconciliation, enfin, dans une société profondément marquée par la division.
Après cinq années de formation académique en sociologie et en études de genre, j’ai choisi de me lancer comme indépendante.
Depuis 2025, je travaille comme intervenante et consultante en genre et sexualité, principalement en Suisse romande. J’interviens dans des Églises, des œuvres chrétiennes, des écoles, des groupes de jeunes, des centres de formation et lors de conférences, sur des thématiques variées telles que les violences de genre, les mouvements féministes, le rapport au corps, l’hypersexualisation et la culture pornographique, l’accueil des personnes LGBTQIA+, ou encore la collaboration entre les sexes dans l’Église.
Dans mes interventions, j’allie une approche sociologique et théologique. Mon désir est de tenir ensemble ces deux regards, convaincue qu’ils s’enrichissent mutuellement.
Ce qui me réjouit, c’est de voir que l’Évangile reste une bonne nouvelle ̶ y compris dans les réalités liées au genre et à la sexualité. Je crois que Dieu nous rejoint souvent de la manière la plus intime dans nos vécus relationnels, et que la Bible n’est pas obsolète : elle est une Parole vivante, encore aujourd’hui.
Je suis convaincue que l’on peut rester fidèle à une éthique dite « historique » ou « traditionnelle », tout en apprenant à mieux aimer et mieux accueillir. Notre positionnement théologique ne devrait jamais justifier un cœur rigide, jugeant ou condamnatoire. C’est un véritable exercice d’équilibriste ̶ mais un chemin qui en vaut profondément la peine.
Je suis également engagée dans l’association Dignity, où nous sensibilisons les Églises à la problématique des violences sexuelles, avec le désir qu’elles deviennent des lieux sûrs et exemplaires, où la culture du Royaume prend le pas sur toute culture d’abus. Nous sommes convaincu·es que la Parole est porteuse de justice et de libération, et qu’elle ne devrait jamais être instrumentalisée pour justifier des comportements violents. Nous orientons également les personnes victimes vers des ressources d’aide. Le « servir ensemble » dans nos Églises et œuvres chrétiennes exige une tolérance zéro face aux violences faites aux femmes.
Parallèlement ̶ sans grande surprise ̶ une autre question me passionne : celle de l’accès des femmes au ministère dans l’Église. J’y ai consacré mon travail de mémoire de fin de master, portant sur l’écart entre discours et pratiques dans les Églises de la Fédération Romande des Églises Évangéliques.
J’ai constaté que la « complémentarité », présentée comme une égalité de principe, s’est souvent traduite par une hiérarchie dans les faits. Les hommes occupent majoritairement les postes de pouvoir, tandis que les femmes sont cantonnées à des rôles genrés comme le secrétariat, le ministère auprès des femmes, l’enfance ou la prière, malgré leur forte implication. Il en résulte un décalage entre une ouverture théorique au pastorat féminin et une réalité où les femmes pasteures restent très peu nombreuses. J’ai identifié plusieurs facteurs explicatifs. L’éducation religieuse limite, dès l’enfance, les aspirations des femmes, renforcée par le manque de modèles féminins et par une vision de l’homme comme chef, étendue à l’Église. Les lectures bibliques sont souvent marquées par des cadres patriarcaux, et les femmes sont moins encouragées dans les formations théologiques. Même lorsqu’elles persévèrent, elles font face à des discriminations à l’embauche et à un traitement différencié, ce qui fragilise leur légitimité. Malgré cela, certaines persistent, gagnent en assurance et ouvrent la voie aux générations suivantes. J’en ai conclu que, pour avancer vers une réelle égalité, il est nécessaire d’agir à la fois sur les mentalités ecclésiales et sur le sentiment de légitimité des femmes, notamment par une éducation plus égalitaire et une relecture des textes bibliques.
Ce travail de recherche m’a permis de rencontrer Marie-Noëlle Yoder, que j’ai interviewée dans un café à Lausanne, ainsi que de découvrir le travail de Servir Ensemble. Il m’a poussée à creuser, à étudier et à revisiter des textes qui m’intimidaient. J’ai été accompagnée, encouragée, parfois reprise aussi. Je crois profondément que le Saint-Esprit me guide dans ce processus : il m’enseigne, me guérit de certaines blessures, me libère de formes de misogynie intériorisée et m’aide à m’enraciner dans l’appel que Dieu a déposé sur ma vie.
Face à des objections parfois confrontantes et souvent bien construites, mes réponses intuitives ne suffisaient plus. Je me sentais déstabilisée, comme si mon appel et ma légitimité étaient remis en question. Faisant partie de celles et ceux qui croient en une collaboration égalitaire entre hommes et femmes dans l’Église, j’ai longtemps porté des convictions sincères, mais pas toujours solidement fondées.
Aujourd’hui, je suis convaincue que nos positions méritent d’être travaillées, éprouvées et enracinées. Une théologie solide est essentielle, afin que nos expériences, nos émotions ou nos blessures ne deviennent pas notre seule boussole. C’est pourquoi j’ai particulièrement à cœur d’encourager les théologiennes, les étudiantes en théologie et les futures pasteures à approfondir ces questions, à prendre leur place et à développer des convictions à la fois ancrées et vivantes.
Depuis mars, je m’engage comme coordinatrice et administratrice. Mon rôle inclut le développement des réseaux sociaux, la création de communauté, le lien avec les membres, la rédaction de newsletters et la participation à des événements. C’est une magnifique opportunité pour moi de soutenir un ministère qui accomplit un travail clé, alors même que la question du ministère pastoral des femmes reste encore loin d’être acquise.
Je me réjouis de la suite, et de pouvoir vous découvrir.


Bravo à Servir Ensemble pour cette opportunité saisie en permettant ce poste à Lisa Zbinden. Merci Lisa pour ta présentation et après laquelle je me réjouis de te lire encore plus ici sur ce blog.
BONNE ARRIVEE à Lisa Zbinden avec tous ses dons et son magnifique projet de RECONCILIATION.
MERCI de nous aider à rassembler toutes nos forces en vue de reconstruire (avec son aide) le temple de Dieu que nous sommes où JESUS est la pierre angulaire qui tient tout l’édifice, chacun et ensemble en église et pour que SA GLOIRE resplendisse dans le ciel, comme sur la terre.
En retour soyez richement bénie.
Bienvenue à Lisa.
🙏
Sr Catherine
Bravo pour cette belle étape. Longue vie à Servir ensemble !