Nous sommes, en tant qu’administratrices, responsables de ce que nous publions sur le blog Servir Ensemble. En tant qu’autrices et auteurs venant d’églises évangéliques différentes, il peut y avoir des « résonances » un peu différentes, mais nous sommes d’accord sur un fait essentiel : la Bible, parole de Dieu qui fait autorité pour nous en matière de foi, accueille le ministère pastoral des femmes.
Comme Joëlle Razanajohary l’a mentionné dans son article de la semaine dernière, parfois, une certaine réprobation (voire violence) se manifeste dans le ton ou le contenu des commentaires laissés sur le blog, et il nous arrive de ne pas publier tel ou tel commentaire. Cela nous a été reproché, mais nous tenons à ce que nos lectrices, en particulier, ne se sentent pas agressées en venant se réfugier sur Servir Ensemble.
Pas question alors de laisser régner une atmosphère délétère sur le blog.
Nous publions donc des commentaires encourageants et constructifs, qui ajoutent quelque chose au sujet de l’article, ainsi que ceux qui, quoique négatifs, permettent une clarification utile, ou bien répondent à des questions authentiques.
Aujourd’hui, je déroge quelque peu à la règle, afin d’analyser quelques commentaires reçus (mais pas les pires …).
En guise d’introduction, nous ne publions pas :
Les commentaires qui se contentent de simplement nous renvoyer vers un article contre le ministère pastoral des femmes…
C’est trop facile, ça ! La moindre des choses serait de formuler ses propres pensées, réflexions, questions, concernant le sujet. Soit cette personne cherche à se rassurer en s’accrochant à ce qu’elle a toujours entendu, soit son but est simplement de nous contredire.
Les commentaires qui nous somment de relire 1 Timothée 2 : 12 ou qui le citent
C’est du pareil au même ! Ce type de commentaire émane d’une personne qui semble s’accrocher à ce qu’elle a toujours entendu, probablement parce qu’elle se sent déstabilisée ou menacée dans son identité (des femmes aussi réagissent de la sorte). Il est souvent accompagné d’un ton condescendant et de réprimandes.
Les commentaires, explicitement ou non, insultants
Ce type de commentaire témoigne d’une réaction instinctive, sans recours à l’analyse (j’ai déjà utilisé l’analogie d’une réaction allergique ici). La pensée de la personne est prévisible et aboutit parfois à des insultes et au rejet, non simplement du contenu, mais de la personne, l’auteur ou l’autrice.
Et nous y voilà : quelques commentaires non-publiés
Un survol
J’ai survolé votre propos et les échanges.
D’une manière préliminaire, je dirais que beaucoup de personnes se plaisent à contester avec Dieu sur ce qu’il a voulu.
Ensuite sur le fond, je pense simplement que Paul « ne permet pas » à la femme de prendre autorité sur l’homme. Il n’y a pas d’interdit absolu à l’enseignement, mais à l’enseignement de la femme envers les hommes.
Et enfin, Eve savait parfaitement les risques qu’elle prenait en enfreignant la loi divine puisqu’elle les expose au serpent avant de manger du fruit, Gen 3 : 3.
Cet homme a choisi de donner un commentaire après avoir simplement effleuré un de nos articles. De son propre aveu, il n’a pas voulu consacrer du temps à une lecture en profondeur ou à la réflexion. Ce léger survol lui suffit pour évaluer l’article. On sait d’emblée qu’il va nous « corriger » – en faisant connaître son propre avis sur le sujet.
On pourrait penser que ce sont peut-être « les échanges » qui le stressent. Il ressent le besoin d’intervenir pour nous empêcher d’égarer nos lecteurs. Alors, il écrit un court essai avec introduction, corps et conclusion, comme pour se donner de l’importance. Il en résulte un ton condescendant. On se demande s’il cherche à nous narguer !
La première chose qu’il veut nous dire résume le fond de sa pensée : nous faisons partie de ceux qui contestent avec Dieu. D’emblée, pour lui l’article n’a aucune valeur et nous sommes en dehors de la volonté de Dieu. Il écrit à partir de ses préjugés.
Le « fond », ce qu’il juge important, est son avis (qui correspond à une interprétation traditionnelle). Apparemment, cela ne vaut pas le coup de penser, de se poser des questions. Il se demande pourquoi on compliquerait les choses. Cela reflète bien une volonté d’ignorer la question. Et effectivement, il passe complètement à côté de la problématique de l’article (et du blog) en nous faisant « une fleur » : ce n’est pas tout l’enseignement qui est interdit (donc, les femmes peuvent enseigner les enfants, peut-être d’autres femmes).
Il admet que pour enseigner il n’y a pas d’absolu, alors que pour l’autorité, il y en aurait un – sans expliquer comment il arrive à cette conclusion – … de toute évidence c’est en fonction de ce qu’il peut tolérer. Il souligne cependant l’élément-clé des perspectives traditionnelles et complémentariennes : « l’autorité masculine » comme barrière absolue à ne pas franchir.
La référence à Eve parlant au serpent qui clôt le commentaire, passe à côté du véritable sujet de l’article pour se fixer sur un point secondaire. Dans cette reprise de sa pensée initiale, il rend la femme responsable de la chute, et fait une insinuation…
Incompréhension
Je viens de lire vos commentaires qui devraient être « très convaincants » mais malheureusement j’ai un mal fou à les comprendre et à les admettre…
Mais ce que l’église de Dieu n’as jamais permis, « vous grands savants » du 20 et 21 siècles vous voulez imposer à l’église de Dieu.
Je me demande à quoi ou à qui devrais-je vous comparer…, »Dieu a t Il réellement dit » Bien que non… nous avons nous les nouveaux enseignants « la vérité, la vraie compréhension des écritures saintes ».
Je m’arrête là.
Que Dieu vous bénisse et vous éclaire.
Cet homme dit avoir mal compris, mais ne demande pas d’explication. S’il ne comprend pas le sujet, le problème ne peut pas venir de lui. Choqué par le thème, il nous accuse de vouloir tout chambouler en défiant des siècles d’histoire ecclésiastique, et ironise en parlant de « grands savants du 20 et 21 siècles », suggérant ainsi qu’il nous considère comme influencés par la culture actuelle.
En arrière-plan de l’ironie, on discerne une incompréhension sans doute réelle mais, pour que l’on puisse répondre, on aurait préféré une question posée avec fraternité, sans jugement.
La prochaine phrase confirme qu’il paraît difficile d’échanger avec ce frère… ses paroles nous objectifient (« je me demande à quoi »), et il se positionne encore en juge (il va nous comparer à quelque chose ou à quelqu’un). Et il cite la question posée à Eve par le serpent. On comprend que trop bien cette insinuation…
Mais il retourne aussitôt à son ironie, afin de compléter son accusation. En fin de compte nous sommes de faux enseignants qui prêchent des doctrines nouvelles sans fondement. Il dit qu’il s’arrête-là, comme pour montrer à quel point il est raisonnable – mais l’attaque a été rondement menée. Après quoi, sa « bénédiction » sonne creux.
Fondamentalisme
L’obéissance à la parole de Dieu devrait être le seul fondement, aucun raisonnement ou réflexion humaine ne peuvent prévaloir, on peut se tromper soit même si l’on n’accepte de ne plus être éclairé par celle-ci. Quelle tristesse d’en être rendu là après tant d’années de conversion, ceci est d’autant plus grave provenant d’un pasteur, qui a la charge de brebis. L’apostasie est bien là.
Nous partageons la conviction que la Bible fait autorité en matière de foi, cependant cette personne semble exclure totalement la faculté de raisonnement que Dieu a mis dans l’être humain. Elle insinue que notre auteur se trompe lui-même, comme si la Bible n’est plus au centre de sa foi, et elle va jusqu’à l’accuser d’apostasie.
Croire qu’une femme peut être pasteure et prêcher l’évangile, c’est renier Jésus-Christ lui-même, paraît-il !
Arrogance
Être au service du Seigneur ne veut pas forcément dire enseigner. Rien ne dit que ces trois femmes enseignaient. C’est votre propre interprétation moi je n’y vois pas cela. Et votre article et vos analyses sur les textes de Paul sont pour le moins un simple parti pris pour justifier que la femme a le droit d’enseigner au même titre que l’homme. Dans les cinq ministères de l’église locale il n’y a pas de femmes et les diaconesses n’enseignaient pas. Ne faites pas dire à la Parole ce qu’elle ne dit pas c’est un manque d’honnêteté de votre part. Et les femmes de l’ancien testament, Déborah, Esther…etc c’était dans des rôles et des circonstances précises dont le récit parle très bien.
Cet homme multiplie les accusations (votre propre interprétation, un simple parti pris, manque d’honnêteté de votre part) sans tenir en compte que les trois femmes citées ne sont pas au centre de l’article en question, et sans le moindre respect pour l’intégrité des personnes qui interviennent sur le blog.
Avec pour seul argument « moi je n’y vois pas cela ». Il ne semble pas avoir étudié la question, ce qui lui permet de faire des affirmations péremptoires, il se fait porte-parole de ce qu’il a toujours entendu.
Pour lui, les femmes de l’Ancien Testament avaient plus de liberté que celles qui sont en Jésus-Christ.
Pas de dialogue possible
Une de ses personnes s’est offusquée de ce que nous n’avions pas publié son commentaire… mais nous sentons très bien en lisant ces messages que leurs auteurs ne sont pas disposés à un dialogue, à un échange réel ; elles ne cherchent pas à comprendre l’argumentation, ne posent pas de questions, ne réclament pas d’explications, n’offre pas d’arguments précis.
Malheureusement, nous ne pouvons pas échanger avec des personnes dont les messages témoignent d’une fermeture d’esprit et un manque de respect pour les autres et leur travail. Le blog n’a pas pour vocation de leur offrir une plateforme.
Dans les traces des Béréens
Nos frères et sœurs critiques ont le droit d’avoir leur propre opinion ; il s’agit avant tout de respecter la conscience d’autrui, comme Paul l’enseigne dans 1 Corinthiens 10.
Ces critiques piochent dans les caractéristiques suivantes : méconnaissance du sujet, certitude d’avoir raison, jugement, condescendance, volonté de blesser voire de diaboliser les femmes pasteurs et ceux qui les soutiennent.
Tous semblent partager la même approche de l’Écriture : une lecture littérale « magique » qui renie la nécessité d’interprétation contextuelle et qui est vue comme la seule façon d’honorer le texte biblique.
La Bible nous offre l’exemple des Béréens pour indiquer une approche bien différente :
Aussitôt les frères firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. A leur arrivée, ils se rendirent à la synagogue des Juifs. Ceux-ci avaient de meilleurs sentiments que ceux de Thessalonique ; ils accueillirent la Parole avec beaucoup d’ardeur, en examinant chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact. Beaucoup d’entre eux devinrent croyants, ainsi que des femmes grecques de haut rang et des hommes en grand nombre (Actes 17 : 10 – 12).
Luc loue les Juifs béréens pour leur ouverture d’esprit qui leur permettait de recevoir la bonne nouvelle de Jésus Christ. Leur accueil du message ne se limitait pas à une réponse émotionnelle, mais venait d’une démarche intellectuelle enthousiaste. Plutôt que de rejeter d’emblée ces « nouveaux enseignants » à l’instar de ceux qui s’attaquaient à eux à Thessalonique, ils cherchaient dans l’Ancien Testament pour vérifier que le message de Paul et Silas correspondait en effet à ce qui était annoncé d’avance par les prophètes.
(Et on note au passage que dans ce contexte de passion pour les Écritures « des femmes grecques de haut rang » ont également cru en Christ, avec un grand nombre d’hommes !)
Notre foi devrait s’enraciner dans ce même amour attentionné des Écritures qui a permis aux Béréens d’intégrer de « nouveaux éléments » dans leurs croyances, parce qu’en réalité ceux-ci y trouvaient leur fondement. Ces éléments n’étaient pas étrangers à la révélation biblique – bien au contraire.
La pédagogie nous enseigne que la présentation de nouvelles données au cours de l’apprentissage peut créer une dissonance cognitive, jusqu’à ce qu’elles soient intégrées et acquises.
C’est bien ce que les pharisiens ont expérimenté face à l’enseignement de Jésus qui semblait rejeter la loi de Moïse. De même, les premiers chrétiens juifs ont dû accepter que la circoncision de la chair ne soit pas nécessaire pour appartenir à Christ, le messie des Écritures juives, que l’on soit juif ou non-juif.
De même, les apôtres ne croyaient pas à une certaine « niaiserie » racontée par les femmes disciples de Jésus, un beau matin il y a 2000 ans.
« Rejetez donc toute forme de méchanceté, toute ruse, ainsi que l’hypocrisie, la jalousie et les calomnies. Comme des enfants nouveau-nés, désirez avec ardeur le lait pur de la parole de Dieu, afin qu’en le buvant vous grandissiez jusqu’au salut »
(1 Pierre 2 : 1-2)
« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses » (Gal 5 : 22-23)
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