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Daniela Bär, pasteure

Daniela Bär, pasteure à l’Église Évangélique Libre de Reconvilier, communauté de la Fédération FREE, nous offre son témoignage. Un voyage inspirant qui nous rappelle que Dieu a un plan pour toutes et tous.


Bonjour ! 

Je m’appelle Daniela Bär, j’ai 53 ans. J’ai grandi dans une famille catholique, mais plutôt non pratiquante. Nous allions deux fois par année à l’Église : à Noël et à Pâques. Durant mon adolescence, l’hypocrisie des croyants m’a profondément marquée. Je m’en souviens comme si c’était hier… Le prêtre en poste disait la chose suivante : « Aimez-vous les uns les autres comme Jésus vous a aimés ». Et ensuite, j’observais, en sortant de la messe dominicale, des fidèles qui se disputaient. Je ne comprenais ni ne supportais l’incohérence.  

J’ai reçu le catéchisme pour la préparation de ma première communion et de ma confirmation. J’avoue que j’étais moins intéressée par l’enseignement que par les cadeaux qui étaient à la clef. Âgée d’une vingtaine d’années, j’étais une enfant rebelle et profondément athée. Quelques années plus tard, j’ai vécu une séparation amoureuse douloureuse qui précéda la perte de mon emploi. J’étais dévastée. Mon monde et mes repères s’écroulaient. 

Rien, mais plus rien n’allait dans ma vie. 

Vision et première rencontre avec Dieu 

Alors que j’étais à terre, désespérée, j’ai eu une vision. J’ai vu le Christ habillé en blanc et différents visages de nonnes. C’était limpide : j’ai reconnu 2 visages ; celui de Mère Térésa et celui de ma grand-tante qui vivait dans un couvent. Ces sœurs avaient quelque chose que je n’avais pas ! Elles rayonnaient de mille éclats et une profonde paix les habitait. Je voulais ce qu’elles avaient… c’est ce dont j’avais tant besoin, ce que je cherchais désespérément.

Pour faire court, une connaissance m’a parlé d’une école de disciples avec Jeunesse en Mission (JEM). J’ai décidé de m’inscrire. Dans ma compréhension, je partais pour rafraîchir mon anglais avant de postuler au CICR.

Mais Dieu avait un tout autre plan pour moi… Bien évidemment, je ne le connaissais pas encore. 

C’est comme ça que je suis partie aux États-Unis dans le Montana pour suivre une école de disciples. C’est là que j’ai rencontré le Seigneur Jésus-Christ. Ensuite, j’ai continué ma formation théorique et pratique avec JEM. Cinq ans plus tard, j’avais en poche un Bachelor en études bibliques. 

Mon appel, ma vocation

De retour en Suisse, je désirais plus que tout servir le Seigneur et participer à l’avancement du royaume des cieux. Mon appel n’était pas encore très clair. Je pensais avoir un appel comme missionnaire. Il faut savoir que la mission au loin me tenait particulièrement à cœur. La pauvreté, les pays chauds et les cultures différentes me fascinaient. De plus, j’ai une grande faculté d’adaptation. Mais, ce n’était pas la volonté de Dieu. Il faut savoir que la Suisse, malgré toute sa splendeur, était le dernier pays où je voulais être. Cependant, envers et contre tout, je désirais ardemment obéir à Dieu. J’ai postulé comme animatrice jeunesse. Encore et encore… Mais ce fut un échec complet. Toutes les portes se refermaient, les unes après les autres. Je ne comprenais pas pourquoi. Je désirais servir l’Église et là aussi, les portes se refermaient. C’est bien des années plus tard que ma vocation est devenue claire. 

Les plans de Dieu s’accomplissent toujours 

J’ai subi une double fracture ouverte au bras gauche. De ce fait, je ne pouvais plus travailler dans mon métier de base (la gastronomie et le management événementiel). Romains 8.28 a pris tout son sens pour moi : « Nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés conformément à son plan». 

« Dans mon malheur », j’ai eu l’immense privilège de recevoir une reconversion professionnelle avec l’assurance invalidité (AI). Je partais pour devenir éducatrice sociale dans une fondation qui accueille des enfants en rupture. Je ne voulais surtout pas faire des études de théologie, car je savais qu’il n’y avait aucun  débouché pour une femme. Mes candidatures précédentes en tant qu’animatrice jeunesse m’avaient servi de leçons. J’ai effectué un stage d’une semaine dans une structure avec laquelle j’envisageais de suivre une formation d’éducatrice sociale. Le premier jour s’écoula. J’ai eu beaucoup de plaisir à côtoyer ces petits bouts de choux ! 

Durant la nuit, j’ai eu une vision et je savais au plus profond de mon être que la formation d’éducatrice sociale n’était pas la volonté de Dieu. Plusieurs personnes m’ont encouragée à entrer dans les plans de Dieu. Mais c’était pour moi de la pure folie ! J’avais tellement peur de me tromper. J’ai alors décidé de laisser faire les choses et de tout remettre entre les mains de Dieu. Il faut savoir que pour la fondation en question, ma candidature était une aubaine. Une personne de plus qui ne coûte rien du tout et qui a en plus de l’expérience avec des enfants en grandes difficultés. 

Un jour, le directeur de la fondation m’a téléphoné pour m’informer qu’une éducatrice venait tout juste de démissionner. De ce fait, il ne pouvait m’engager, car la structure ne pouvait former un nouveau membre du personnel et avoir la responsabilité d’une stagiaire. C’était de la pure folie ! Mais j’étais ravie d’entendre cela. Ce miracle, ainsi que la vision que j’avais eue, m’ont donné la ferme conviction que c’était la volonté de Dieu que je suive un cursus en théologie, afin de devenir pasteure. Cette conviction profonde m’a portée durant toutes ces années ! 

J’ai effectué mes études de théologie à l’IBME, la volée juste avant le début de la HET-PRO. J’ai suivi la branche enseignant, me disant qu’en tant que femme il fallait prendre la branche la plus académique. Ensuite, j’ai suivi la formation d’accompagnante spirituelle au CHUV. Puis, j’ai effectué un stage d’une année comme pasteure stagiaire à l’Église Évangélique La Passerelle à Vevey. J’ai également obtenu un diplôme d’aumônière à l’Université de Strasbourg. Je me disais qu’au cas où je ne trouverais qu’un petit pourcentage en tant que pasteure, cela m’ouvrirait d’autres portes. 

Toutes ces formations en poche, je me suis mise en quête d’un emploi de pasteure. Pour être tout à fait honnête, j’ai galéré durant plus de deux ans. Mes collègues masculins trouvaient tous chaussure à leur pied. C’était une période extrêmement difficile à vivre. Néanmoins, je n’ai jamais douté que c’était juste, que c’était ma voie et ma vocation.  

À plusieurs reprises, je me suis dit en moi-même que Dieu ne va pas à l’encontre du cœur humain. J’imagine que cela me rassurait. Faire des études de théologie n’était pas ma volonté. Néanmoins, j’ai bien des fois été découragée. Je n’y croyais plus. Un poste s’est libéré à l’Église Évangélique Libre de Reconvilier (EELR), communauté de La FREE. Ce fut un long processus. C’est là que j’ai l’honneur et l’immense privilège de servir en tant que pasteure. J’aime dire que c’est une Église précurseuse !  Engager une femme comme seule ministre  « à la tête » d’une Église, ce n’est pas monnaie courante dans nos milieux évangéliques. 

De plus, je suis malgré moi encore célibataire. Je n’ai pas encore rencontré la bonne personne. Ce n’est pas une souffrance pour moi, mais un rêve qui j’espère se concrétisera. Être une femme pasteure à L’EELR est une évidence et personne ne remet en question mon autorité ou le fait que j’exerce mon ministère en tant que femme. Bien au contraire. La communauté cherchait un ministre avec deux critères non négociables et essentiels. En l’occurrence l’enseignement et l’accompagnement avec un cœur de berger, ce qui correspond parfaitement à mon profil. 

Dans ma communauté, c’est le conseil en équipe qui prend les décisions. C’est le modèle que nous trouvons de plus en plus dans nos communautés. Il s’agit d’une collégialité, d’un consensus. Ce modèle me semble plus sage. De plus, le poids n’est pas sur mes seules épaules. De ce fait, ce n’est absolument pas lourd à porter. De plus, c’est Christ qui construit son Église et pas moi ! Cela m’enthousiasme et me rend plus légère. 

Être pasteure dans les milieux évangéliques, un défi ou une opportunité ? 

J’ai effectivement attendu longtemps pour trouver une place de pasteure. 

Dieu n’est jamais en retard ! 

Ce temps de préparation m’a beaucoup apportée et j’en récolte aujourd’hui les fruits. Dieu m’a travaillée et transformée afin que je sois plus adéquate, plus pertinente pour accompagner ma communauté. 

De plus, durant 8 mois, j’ai effectué en lien avec une entreprise de Pompes funèbres d’innombrables services funèbres laïques. J’ai développé un don certain, que je mets aujourd’hui au service de ma communauté, pour mettre en valeur la personne défunte et créer une cérémonie vivante qui ressemble à la personne.   

Les relations hommes-femmes dans l’Église 

L’Église est composée d’hommes et de femmes. Nous sommes différents, mais complémentaires. Dans l’Église nous avons besoin de la gent masculine et de la gent féminine. Selon la Genèse, Dieu a créé l’homme et la femme à son image, à sa ressemblance. 

Ensemble, et seulement ensemble, nous reflétons notre Dieu trinitaire. 

La singularité et la complémentarité sont essentielles pour le bien de la communauté. Les hommes comme les femmes ont des facultés et des qualités non négligeables pour l’Église, le Corps de Christ. Si un des genres est absent ou ne prend pas sa place, l’image de Dieu est incomplète. 

Mon souhait pour les relations hommes-femmes dans l’Église

Ma communauté est ouverte à avoir une femme pasteure. Mais cela est loin de refléter l’avis de toutes les autres communautés. En tant que femme, j’aurai beaucoup moins d’opportunités que mes collègues pasteurs, que ce soit pour apporter un message ou autre. Je sais que c’est un terrain glissant, car il y a d’innombrables oppositions. Les femmes pasteures dans nos milieux évangéliques ouvrent le chemin pour l’avenir de la gent féminine. Soyons irréprochables, patientes et remplies de la sagesse de Dieu, afin que les choses avancent dans la bonne direction.

servirensemble.com est le fruit de différents auteurs et c'est la richesse de ce blog. Vous trouverez le nom de cet auteur à la fin de l'article. Vos contributions sont les bienvenues, contactez-nous!

12 comments on “Daniela Bär, pasteure

  1. Claire Poujol

    Merci Daniela pour ce beau parcours par lequel Dieu vous a dirigée et gardée. Vous avez été persévérante ! Je vous souhaite plein de bénédictions ! Et que votre communauté soit bénie pour sa largeur d’esprit.

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  2. Zacharie Yanogo

    Salut Daniela. Content de te lire et voir tout ce que le Seigneur est train de fai dans ta vie et de ta vie. Shalom a toi.

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  3. Sennwald

    Chère Daniela ,
    Merci pour ce témoignage qui reflète ton souci de transparence et qui donne Gloire à Dieu !
    Bravo à toi car dans tes peurs et tes incompréhensions, tu as su gardé tes yeux fixés sur Jésus -Christ et accepté l’Amour du Père .
    Affection , Noëlle

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    • Daniela Bär

      Merci beaucoup, Noëlle, pour ton message qui me touche beaucoup !
      À tout bientôt.
      Avec toute mon affection

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  4. Daniela Bär

    Merci beaucoup Claire pour votre message. Vous êtes un vrai encouragement!

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  5. Daniela Bär

    Bonjour Zacharie,
    Quel plaisir de te lire, après toutes ces années !
    J’espère que tu te portes bien.
    Sois richement béni

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  6. Wuillemin Fabienne

    Hello Daniela!
    Je suis impressionnée par tout ce chemin parcouru.
    Il n’a pas été tout droit!
    Bravo, car tu as toujours été enseignable.
    Et maintenant tu peux donner ce que tu as reçu.
    Sois richement bénie et sois une bénédiction pour ta communauté et même en dehors!

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    • Daniela Bär

      Merci beaucoup, Fabienne, pour ton message qui me touche beaucoup !
      J’espère un jour te revoir…
      Bisous

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  7. Charles

    Pasteure Daniela,
    Ne perdez jamais votre sourire. Vous avez un beau sourire. Et je crois que c’est là que ce manifeste en vous la présence du Christ. Merci d’avoir choisi d’être son disciple de manière particulière!

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    • Daniela Bär

      Merci beaucoup, Charles pour votre encouragement !
      Je vous souhaite le meilleur en Jésus-Christ !

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  8. Jean-Marc Stuby

    Oui Daniela, quel parcours, fidèle à toi, tu n’as jamais baissé les bras. Même à moto, tu voulais toujours suivre ou être devant ! Que Dieu te bénisse au-delà de tes espérances.

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    • Daniela Bär

      Merci beaucoup, Jean-Marc pour la magnifique personne que tu es !
      Je me réjouis d’ores et déjà de vous accueillir dans ma nouvelle région !
      À tout bientôt

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