Textes bibliques

La femme supérieure à l’homme – une satire de l’ordre créationnel

La théologie complémentarienne insiste sur l’ordre créationnel prétendument tiré de la Genèse pour marquer la subordination de la femme à l’homme. Pour répondre à cet argument, que les théologiens égalitariens réfutent, Alvera Mickelsen a écrit une satire.

Le but de la satire est de faire une critique par l’absurde pour provoquer la réflexion.

Dire que l’homme est subordonné à la femme à partir du récit de la Genèse est aussi peu convainquant que d’affirmer l’inverse. Place aux arguments bibliques!


L’ordre de la création

En étudiant les premiers chapitres de la Genèse, avant que le péché ne vienne dans le monde, nous obtenons une image claire de l’intention de Dieu :

Les femmes doivent dominer les hommes.

Genèse 1 : du chaos à l’ordre

Examinons d’abord l’ordre de création qui apparaît au chapitre 1.

Premièrement, la création commence par le chaos, l’obscurité et le vide. Mais Dieu agit d’une manière ordonnée pour changer ce chaos en un monde magnifique dans lequel les êtres humains se tiennent au sommet.

  1. D’abord, la lumière est séparée de l’obscurité – jour et nuit.
  2. Ensuite, les eaux sont séparées de la terre ferme (deuxième jour).
  3. Puis la terre produit de la végétation et des plantes (troisième jour).
  4. Dieu crée ensuite le soleil, la lune et les étoiles (quatrième jour).
  5. Le cinquième jour, Il fait des oiseaux et des créatures marines,
  6. Et finalement, le sixième jour, Dieu crée des animaux et des êtres humains.

Le mouvement va clairement du chaos à l’harmonie et à l’ordre.

Genèse 2 : la femme « aide » l’homme grâce à sa force et sa puissance supérieure

Le chapitre 2 affine ce point en racontant comment Dieu a créé l’homme et finalement la femme – le sommet de sa création.

Ce chapitre indique que Dieu a fait le mâle comme Il a fait les animaux et les oiseaux – de la poussière de la terre ; puis il a placé le mâle dans le jardin et a dit à Adam (le mâle) de donner à chacun des noms.

Dans le processus, il était clair pour Adam et pour Dieu que l’homme était inadéquat par lui-même pour les responsabilités qu’il avait. Ainsi Dieu dit qu’Il créerait pour Adam une force et une puissance égales et qui lui correspondrait.

Malheureusement, les traducteurs masculins ont refusé de reconnaître la force claire du mot hébreu ‘ezer utilisé ici et habituellement traduit « aide ». Ce mot apparaît vingt-et-une fois dans l’Ancien Testament et est presque toujours utilisé pour Dieu quand il soutient les humains par sa force ou sa puissance supérieure. Dans ce même sens, la femme « aide » l’homme avec sa force, sa puissance et sa sagesse supérieures.

L’homme doit quitter ses parents pour s’attacher à sa femme

Adam sous-entend clairement cette relation de subordination, comme on le voit dans Genèse 2.24 où le mâle dit :

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »

Cela indique sûrement que le mâle devrait être sous la surveillance de son père et de sa mère jusqu’au mariage, quand il les quitte et « s’attache » (ce qui signifie qu’il « se colle ») à sa femme.

  • Si Dieu avait voulu que la femme soit subordonnée à l’homme, la Bible aurait plutôt dit : « pour cette raison, la femme quittera sa mère et son père et s’attachera à son mari. »
  • Si Dieu avait voulu promouvoir l’égalité, la Bible aurait dit : « L’homme et la femme quitteront chacun mère et père et s’attacheront l’un à l’autre. »

La femme est la gloire et le secours de l’humanité

L’apôtre Paul vérifie cette interprétation du récit de la création dans 1 Corinthiens 11.7, où il écrit : « … la femme est la gloire de l’homme (c’est à dire l’humanité). »

Ce concept est encore souligné dans 1 Corinthiens 11.9, où Paul écrit : « L’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. » Il est évident qu’il dit que la femme a été créée parce que l’homme ne pouvait pas s’en sortir sans elle.

Paul continue ensuite dans le verset suivant en disant « pour cette raison, la femme devrait avoir autorité sur sa tête (l’homme)… » Cependant, Paul semble se rendre compte que ce qu’il dit peut faire sentir à la femme qu’elle peut dominer sur l’homme, il rappelle donc aux femmes, « néanmoins, dans le Seigneur, la femme n’est indépendante ni de l’homme ni de la femme, car la femme est faite de l’homme (et donc le sommet ou la gloire de la création) et ainsi l’homme est né de femme. Et tout vient de Dieu. »

Satan a clairement compris la hiérarchie de Dieu

Satan a clairement compris la hiérarchie de Dieu dans le jardin d’Éden, car il s’est approché d’Ève plutôt que d’Adam, sachant qu’elle était la responsable. Quand elle a donné le fruit défendu à Adam, il en a immédiatement mangé une partie, reconnaissant la domination que Dieu lui avait donnée sur Adam. Quand Dieu appela Adam et lui demanda ce qui s’était passé, Adam répondit : « La femme que tu m’as donnée, elle m’a donné le fruit de l’arbre, et j’ai mangé. » (Genèse 3.12)

Cette interprétation est vérifiée dans 1 Timothée 2.13-15, où Paul rappelle à ses lecteurs d’Éphèse qu’Ève a été créée après Adam, et qu’elle était donc le sommet de la création de Dieu. Il leur rappelle aussi que Satan, reconnaissant la primauté d’Ève, s’est adressé à elle pour la tenter – pas à Adam. Ève, la cheffe choisie de Dieu, a été clairement trompée par Satan, tandis qu’Adam a simplement suivi ses instructions. Malgré cela, dit Paul, la femme est toujours l’agent du salut pour toute l’humanité (elle sera sauvée par la naissance de l’enfant), et dans cette position elle doit vivre dans la foi, l’amour et la sainteté, avec modestie.

Bien sûr, Dieu a tenu Adam aussi responsable du péché qu’Ève, puisqu’ils avaient chacun la capacité d’obéir et de désobéir à Dieu.

Le salut vient exclusivement par la femme

Quand la punition est tombée, Adam et Ève en ont reçu tous deux une part entière, mais Dieu reconnaissait toujours le statut supérieur de la femme. Il a dit à Ève que, bien qu’elle ait péché si gravement, elle serait l’instrument par lequel le salut viendrait au monde. « Je mettrai l’hostilité entre toi (Satan) et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. » (LS21)

La procréation nécessaire pour apporter le salut au monde (en la personne d’un sauveur divin) sera donnée à la femme comme dominante dans le couple, mais elle serait accompagnée d’un grand travail. Le pire de tout, c’est qu’un terrible « renversement de rôles » se produira. L’ordre divin de la création (la domination féminine) sera déchiré, et le mâle règnera sur la femelle.

Même l’observateur le plus occasionnel peut facilement voir les ravages que ce renversement des rôles a causés. Nous avons la guerre, les combats, l’incapacité de communiquer avec les nations, les amis ou les voisins – tous les résultats de la domination masculine qui est entrée dans le monde avec le péché et a ainsi inversé l’ordre ordonné par Dieu de la création.

Les femmes ont la responsabilité de nommer

La propre préférence de Dieu dans les rôles des hommes et des femmes n’a pas changé – seuls les péchés des humains ont été perturbés. Par exemple, nous voyons que le fait de nommer était la responsabilité première des femmes. La Bible ne dit pas qui a nommé Caïn ou Abel, mais elle dit clairement qu’Ève a nommé le troisième enfant, Seth (Genèse 4.25). Rachel et Léa nommèrent tous les fils de Jacob (d’où le nom des douze tribus d’Israël). La seule exception était Benjamin, parce que Rachel est morte en couches, et Jacob a changé son nom.

Nous en voyons la signification dans le Nouveau Testament, où l’ange Gabriel apparaît d’abord à Marie et annonce le Sauveur à venir. Gabriel dit à Marie qu’elle doit nommer l’enfant Jésus.

Dieu a choisi une femme pour porter le sauveur

Le fait que Dieu ait choisi Marie comme parent humain de Jésus est une autre preuve que Dieu voyait encore la primauté de la femme dans la race humaine. En fait, aucun mâle n’a joué un rôle dans la conception de notre Rédempteur, mais Dieu a choisi une femme pour porter le Sauveur à travers des processus apparemment normaux de croissance dans l’utérus. Puisque la naissance du sauveur était miraculeuse de toute façon, Dieu aurait tout aussi bien pu faire le Christ de la côte de Joseph, comme il a fait Ève de la côte d’Adam. Mais il ne l’a pas fait.

Au lieu de cela Dieu a accompli sa promesse originale à Ève dans le jardin d’Éden, sa « descendance » a meurtri la tête de Satan. Les femmes ont été et sont les instruments humains exclusifs du salut pour toute l’humanité.

L’autorité féminine, un rôle continu

Les femmes continueront dans ce rôle dans les jours à venir, comme il est évident dans le livre de l’Apocalypse. Dans Apocalypse 12, une femme est vêtue du soleil, et sur sa tête se trouve une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte ; elle et sa progéniture représentent le peuple de Dieu, que le dragon (Satan) a essayé de détruire depuis l’Église primitive jusqu’à nos jours. Mais Dieu lui prépare une place spéciale dans le désert, où elle est nourrie pendant la persécution. Encore une fois, la révélation de Dieu à Jean montre la femme dans sa position de direction ordonnée par Dieu – position qui lui a été retirée quand le péché est entré dans le monde. Ceci est renforcé par le fait que lorsque Satan fut jeté du ciel, après l’ascension de Jésus, il sortit immédiatement pour faire la guerre à la femme et à sa postérité.

Une place prédominante dans l’Église

Ce n’est pas un hasard si le Nouveau Testament parle toujours de l’Église comme d’une femme. L’Église incarne la puissance même de Dieu et est son instrument pour le salut de son peuple. L’Église (ekklesia est féminin) n’est soumise qu’au Christ, car c’est par une femme que le Sauveur est venu au monde. Tout au long de la Bible, le salut de Dieu vient par la femme, son instrument.

La sottise de l’argument de la primogéniture

Souvent, nous entendons les hommes se référer au système juif de préférence pour le premier homme d’une famille (primogéniture) comme une sorte de « preuve » que Dieu a ordonné à Adam de dominer sur Ève. La sottise de cette interprétation devient évidente lorsque nous constatons que Dieu lui-même a habituellement choisi le plus jeune pour être les responsables. Jacob (le jumeau second né) devint l’ancêtre du peuple hébreu, plutôt qu’Ésaü, le premier-né. Quand Dieu envoya Samuel pour oindre un roi à la place de Saül, il ne permit pas à Samuel d’oindre le fils aîné d’Isaï, comme le veut la coutume juive, mais il insista pour prendre le plus jeune dans la famille. Dieu a choisi Moïse plutôt qu’Aaron, le fils aîné. Jésus a renforcé ce principe lorsqu’il a dit que pour être grand dans son royaume, une personne devait devenir « la plus jeune » (Luc 22.26). Cela indiquerait encore une fois la primauté d’Ève dans le plan de Dieu.

Une femme, ancêtre déterminante du peuple hébreu

Nous voyons aussi la domination des femmes ordonnée par Dieu dans le choix par Dieu de la généalogie du peuple qu’il a choisi. Qui était l’ancêtre déterminant des Hébreux ? Était-ce Abraham ? Pas du tout. Abraham a eu huit enfants, nés de trois femmes différentes. L’ascendance choisie par Dieu était Sarah. Isaac, le seul enfant de Sarah, était celui par lequel les Hébreux sont venus. Ismaël, fils d’Abraham, par Agar, ne comptait pas dans le plan de Dieu, et les six enfants d’Abraham et de Ketura non plus. Évidemment, Sarah était le vase choisi par Dieu pour l’ascendance des Hébreux. Abraham n’était que le moyen par lequel elle est tombée enceinte.

Le leadership ordonné par Dieu de Sara dans l’ascendance de la nation hébraïque est renforcé en Genèse 21.12. Dans ce passage, un conflit s’est déclenché entre Abraham et Sarah sur ce qu’il faut faire d’Ismaël. En accord avec le rôle dominant ordonné de Sara, Dieu dit à Abraham qu’il doit obéir à Sarah dans cette affaire. . « …Quoique Sarah te dise, fais ce qu’elle te dit, car par Isaac, ta descendance sera nommée. » Elle devrait aussi noter que nulle part dans l’Ancien Testament, on ne dit à une femme d’obéir à son mari.

Dieu a des attributs féminins

Certains des attributs les plus déterminants de Dieu sont également représentés comme des femmes – la sagesse par exemple, dans Proverbes 8. Les Écritures comparent souvent l’amour de Dieu à l’amour d’une mère pour son enfant.

Quand les hommes jouent à celui qui tire le plus loin

La simple observation des traits masculins et féminins indique combien le « renversement des rôles » qui s’est produit lorsque le péché est entré dans le monde a endommagé l’humanité entière. Les tests psychologiques et les données bibliques montrent que les hommes ont tendance à être plus agressifs que les femmes, plus désireux de montrer à quel point ils sont « forts », moins capables de construire des relations profondes, moins capables de communiquer amour et sentiments.

Les femmes ont généralement de meilleures aptitudes verbales, sont plus à l’écoute, trouvent qu’il est plus facile de s’occuper d’elles que les hommes, mûrissent plus rapidement, ont plus d’endurance, sont plus disposées à négocier qu’à se battre. Ces compétences sont nécessaires dans le monde d’aujourd’hui, tant dans la direction des nations que dans l’Église.

Les hommes dans les postes de direction ont apporté une série interminable de guerres dévastatrices (le résultat naturel de la nécessité de montrer qui est « le plus grand et le plus fort »). Les Églises dirigées par des hommes ont eu une triste histoire de conflits – allant de la réforme au plus petit hameau de village.

L’échec des nations et de l’Église peut être attribué finalement au « renversement des rôles » qui a changé l’»ordre de la création » ordonné par Dieu, impliquant un leadership féminin, au triste état que nous connaissons aujourd’hui.

Refuser l’autorité des femmes c’est refuser l’autorité des Écritures

Puisque les enseignements bibliques à ce sujet sont clairs comme de l’eau de roche, il est évident que le leadership des femmes sur les hommes en tant que mandat divin ne peut être refusé qu’en refusant l’autorité des Écritures. Il n’y a pas de juste milieu. Soit nous acceptons les enseignements clairs du leadership féminin et de la subordination masculine, soit nous nions l’autorité des Écritures mêmes qui sont le fondement de notre foi.

Que voulons-nous dire dans cet article ? Une exégèse sélective et propositionnelle peut étayer n’importe quel cas. Malheureusement, les grands mensonges souvent répétés semblent acceptés, peu importe leur peu de fondement. Arrêtons de supposer que le mythe antique selon lequel la « subordination féminine » se trouve dans « l’ordre de la création » et est corroboré par l’interprétation de la Genèse par Paul. Restons plutôt sur des principes sains d’interprétation, tous les passages textuels, et un regard neuf sur le nouvel ordre que le Christ est venu établir.

Alvera Mickelsen est écrivaine, rédactrice et ancienne enseignante de journalisme au Bethel College et au Wheaton College. Avec son mari, Berkeley, elle a co-écrit « Understanding Scripture » et « Family Bible encyclopedia » ; ils ont également contribué à des revues chrétiennes, dont « Christianity Today ». Le présent article est une annexe publiée dans le livre « Equal to Serve » de Gretchen Gaebelein Hull. Traduction : Marie-Noëlle Yoder.

1 comment on “La femme supérieure à l’homme – une satire de l’ordre créationnel

  1. Finalement, la base de l’ erreur dans l’interprétation du texte
    (le procédé est génial !) c’est de poser
    comme vérité que l’un ou l’autre sexe doit dominer.
    Cela ne peut-être UN PRINCIPE DIVIN !
    (on voit bien la projection de notre mental pêcheur sur la lecture)

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