Spiritualité

Le cœur d’une mère

Je m’inquiète pour ma fille !
Depuis quelque temps, elle est sous l’emprise d’un esprit impur qui lui enlève toute son assurance et toute sa joie. Elle ne sait plus qui elle est.
Elle se renferme de plus en plus en elle-même. Elle communique peu avec moi, et si elle ouvre la bouche, c’est pour répéter tous les mensonges que cet esprit lui fait croire:

« Pas la peine de prier : Dieu ne m’écoute pas. Il ne s’intéresse ni aux femmes ni aux filles. » Ou bien : « Pourquoi parler ? Je n’ai été créée que pour écouter les autres – d’abord mon père, ensuite mon mari, et puis enfin, quand je serai bien vieille, mon fils.»

J’ai beau lui rappeler qu’elle est douée d’une belle voix et d’une sacrée intelligence. Mais elle n’a pas envie d’écouter sa mère ! Ma fille n’a aucun sens de sa propre valeur aux yeux de Dieu. Si elle n’est pas délivrée de cette force malsaine, elle risque de rester toujours dans cet état d’amertume, de colère et de passivité.

Depuis la mort de mon mari nous habitons la région de Tyr et de Sidon. La semaine dernière j’ai entendu parler d’un certain Jésus. Il a un ministère itinérant et il y a quelques jours il est arrivé dans la région. A en croire les bruits qui circulent, il ne méprise personne, et tous ceux qui s’approchent de lui sont libérés du mal qui les accable. Il passe son temps avec les gens comme nous, et il a même des femmes dans son entourage ! Il a déjà fait des miracles en Galilée – tout le monde en parle. En touchant Jésus, une malade qui souffrait depuis des années d’une hémorragie a été guérie, et la petite d’un officier de la synagogue a été ressuscitée. Jésus parle du Dieu dont le royaume s’étend à tout le monde, y compris aux plus pauvres comme moi. Pourquoi ne pas lui demander de délivrer ma fille ?

Qui pourrait parler pour moi ? C’est toujours le problème d’une femme, et surtout d’une veuve. Elle a besoin d’être représentée par un homme.

Je vais d’abord voir mon frère. Je le supplie d’aller demander de l’aide à Jésus. Mon frère ne comprend pas. Il ne voit pas pourquoi il irait s’abaisser devant un juif ! Qu’est-ce qui me fait penser que ce juif pourrait s’intéresser au sort d’une petite païenne ?! Je fais de mon mieux pour lui expliquer que Jésus annonce le règne de Dieu et qu’il a déjà guéri l’esclave d’un centurion romain ! Mon frère ne veut pas m’entendre. Sa nièce est déjà bien jolie comme elle est, et si en plus elle n’a pas grand chose à dire, tant mieux ! « Oui, ma sœur, ne t’inquiète pas, une belle jeune femme sage comme elle, elle sera bientôt fiancée. » Frustrée, je quitte mon frère.

Au cours d’une nuit blanche, je prends la décision d’aller, moi-même, voir Jésus.
Le lendemain je me mets en route. Si ma fille a du mal à trouver sa vraie voix, moi, je n’ai jamais perdu la mienne. Et j’en suis fière ! Lorsque j’étais enfant, on m’a souvent conseillé de maîtriser ma langue. On me rappelait sans arrêt que la femme parfaite était toujours « remplie de douceur ». Elle « ne posait jamais de questions et ne répondait pas. » Mais moi, je n’ai jamais pu me taire. C’est plus fort que moi.
Lorsque j’arrive, quelques disciples de Jésus sont en train de discuter entre eux devant la porte de la maison. Ils parlent très fort. Je m’approche d’eux mais ils ne se retournent pas. Je ne vois pas Jésus parmi eux. Je me dis qu’il doit se trouver dans la maison. Alors j’élève la voix pour attirer son attention :

« Seigneur, fils de David, aies pitié de moi ! »

Il me faut parler plus fort que les disciples, pour que Jésus m’entende à l’intérieur. Alors les disciples s’arrêtent de discuter et m’accusent de crier. C’était obligé ! La femme qui insiste, oui, je le sais bien, c’est la femme « folle », « difficile » ou « sans féminité ». Je me sens lasse de ce piège. J’attends impatiemment le jour où la parole d’une femme – y compris celle d’une Cananéenne – sera écoutée et respectée. Moi aussi, autant que ma fille, j’ai besoin d’être délivrée. Faut-il attendre la fin des temps ?

Jésus ne m’a peut-être pas entendue. Je m’avance quand même. Contrariés, les disciples me précèdent. Ils demandent à Jésus de me renvoyer. Ces hommes n’ont pas l’air de comprendre le sens du royaume annoncé par leur maitre ! En entrant dans la maison j’aperçois Jésus. Il se retourne et me voit. Il ne me renvoie pas. Au moment où je m’approche de lui, je sens tout d’un coup ma foi jaillir en moi comme une énergie puissante ! J’ose espérer que Jésus m’écoutera, même si je dois me battre pour me faire comprendre. J’ai confiance en lui. Une prière ardente monte en moi :

Seigneur, viens à mon secours !
Permets que ma fille soit délivrée de tout ce qui l’emprisonne.
Libère-moi de tout ce qui me diminue.
Ecoute ma prière.
Que mon cri parvienne jusqu’à toi.
Ne me cache pas ton visage
Au jour de ma détresse.
Tends vers moi l’oreille.
Le jour où j’appelle,
Vite, réponds-moi.

(Ps. 102 : 2-3 ; Matt.15 : 21-28 ; Marc 7 : 24-31).

Mary Cotes.

(Mary Cotes est bibliste, pasteur baptiste de l’Union Baptiste de la Grande Bretagne et auteure du livre « Quand les femmes se mettent à l’œuvre« . FAREL 2017.)

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