Les femmes appelées par Dieu doivent faire face à une discrimination incessante dans beaucoup d’unions d’Églises. « Appelées » montre la réaction des membres et des pasteurs de quatre Églises adventistes du septième jour, aux États-Unis quand on leur a parlé de l’arrivée d’un pasteur de sexe féminin. Leurs questions et leurs réactions sont semblables à celles de beaucoup d’autres Églises. Cette vidéo -en anglais- a été aimablement traduite par Sandrine Barrucand pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre. Merci! Si besoin, cliquez ci-dessous pour lire la traduction.

  • On se posait des questions au sein de notre communauté : sommes-nous prêts pour un pasteur de sexe féminin?
  • J’ai une profonde conviction concernant mon appel au ministère pastoral, pour servir de la manière dont je le fais aujourd’hui. Mon esprit était très fermé, et je le savais déjà, je n’allais pas l’aimer.
  • Très tôt durant ma formation, il était devenu clair pour moi que le ministère n’est pas un domaine de carrière que l’on choisit. Il s’agit d’un appel.
  • Vous avez ces questionnements, vous ne savez pas à quoi ça va ressembler. Une femme pasteur, vraiment ? Comment est-ce que les hommes vont s’identifier ?
  • Dieu est celui qui appelle. C’est ensuite à nous de répondre à cet appel.
  • Nous n’avions jamais fait l’expérience d’avoir une femme en tant que responsable de l’Église et  qui indique aux membres ce qu’ils devraient faire ou ne pas faire.
  • Si Dieu vous a appelé, il va trouver un moyen.
  • Je savais ce que Dieu m’avait appelé à faire. Qui suis-je pour questionner l’appel de Dieu envers une femme ?

APPELÉES

Plus de cent communautés de foi adventistes en Amérique du Nord ont une femme pour pasteur.

Chaque assemblée et pasteur fait l’expérience d’un cheminement de foi unique. Voici quatre de leurs histoires.

 Williamsburg, Virginia

  • Nous avions une réunion lors d’une conférence où ils nous ont annoncé qu’ils avaient quelques candidats. Ils les ont passés en revue, mais sans préciser leurs noms. Ils ont seulement parlé de leurs personnalités, leurs diplômes, ce genre de choses.
  • Le directeur ministériel m’a appelé, me demandant si je souhaitais venir rencontrer ces trois églises. Ils ont étudié les candidatures, ils ont défini ce qu’ils cherchent chez un pasteur et leurs objectifs. Nous pensons que vous iriez bien ensemble.
  • Nous avions entendu qu’un nouveau pasteur allait arriver, et ça faisait longtemps que nous l’attendions. Chaque semaine nous recevions des nouvelles du processus
  • La première fois qu’on a appris qu’un nouveau pasteur avait été choisi, nous étions très enthousiastes car cela faisait deux années que nous n’en avions pas.
  • Quand j’ai reçu par téléphone la présentation de cette église, qui était pleine d’amour, très investie parmi la jeunesse, les adultes et les enfants, qui travaillait en équipe, j’ai souhaité les rencontrer.
  • Un matin de Sabbat, quand ils ont annoncé qu’un pasteur allait arriver, ils ont dit « Elle sera là la semaine prochaine. » Je me suis interrogée : « elle… ELLE ? »
  • Quand on a reçu la nouvelle qu’une personne allait nous rencontrer pour le poste de pasteur, et qu’il s’agissait d’une femme, j’étais pleine d’appréhension. Plusieurs autres membres de l’Église ressentaient la même chose que moi.
  • J’ai grandi dans une église baptiste du sud, à partir de mes quatre ans, et en ce qui concerne les pasteurs, ils sont tous des hommes. De même pour les diacres, ce sont toujours des hommes. Il n’existe pas de « diaconesse ».
  • J’ai grandi en Roumanie et là-bas c’est une toute autre configuration dans l’église. On ne s’est jamais demandé si les femmes pouvaient s’investir dans autre chose que le diaconat, l’école du dimanche, le ministère des enfants ou ce genre d’activités.
  • Je n’étais pas contente du tout d’avoir une femme pasteur, pas du tout. Ayant grandi dans une Église baptiste du sud, je pensais que ce n’était pas bien, j’envisageais même de quitter l’Église parce que je n’étais pas du tout enthousiaste à l’idée d’une femme pasteur.

Washington, Georgia

  • Au téléphone, le président m’a annoncé que j’allais rencontrer les églises du quartier de Washington et Thomson, et j’ai appris que les Églises n’étaient pas vraiment ravies de ma venue.
  • Je pense que l’annonce qu’une femme pasteur allait arriver était tellement déconcertante et controversée pour tant d’autres membres d’Église, que l’on en a presque oublié de considérer ce pasteur en tant que personne. On s’est surtout concentré sur le problème.
  • J’apprenais que de nombreux membres quittaient l’église à l’annonce de ma venue. Ils faisaient leurs bagages et partaient.
  • Il y avait des gens qui me disaient que le prochain Sabbat sera leur dernier ici, qu’ils n’étaient pas d’accord avec le fait qu’une femme soit pasteur. Je leur répondais : « Pourquoi ? Est-ce que la Bible dit qu’une femme ne peut pas exercer d’autorité sur un homme ? »
  • Deux de nos anciens ont décidé de quitter notre assemblée.
  • Il s’agissait d’anciens, de clercs, de personnes que vous pensiez resteraient quoi qu’il arrive. Mais en fait ils étaient tous en train de partir.
  • Je pense que ce n’était pas bien. Je crois que chaque personne devrait avoir la possibilité de montrer quels sont les dons que Dieu lui a donnés.
  • Comment quelqu’un pourrait me rejeter juste parce que je suis une femme ? Je suis à la hauteur de la tâche; Je peux l’être par la grâce de Dieu. Mais aucun d’eux n’est resté pour le voir.
  • Je pense que le rejet, le découragement définiraient bien la situation. La peur, aussi. Je ne savais pas ce qui allait arriver, je ne savais pas combien allaient partir, ou combien étaient déjà partis. Par contre ce que je savais c’est que j’allais me retrouver avec seulement une poignée de personnes.

Galesburg, Illinois

  • Quand j’ai été appelée à la conférence de l’Illinois, j’étais tellement heureuse. Je pensais que enfin j’allais travailler avec Dieu, quel que soit l’endroit où il m’utiliserait et la manière dont il utiliserait mes talents.
  • J’apprécie toujours quand on reçoit un nouveau responsable, même si j’appréhende un peu de découvrir comment ils seront et ce qu’ils auront à dire.
  • Nous avions l’occasion de rencontrer un nouveau pasteur. Nous nous sommes rendus à l’église et j’ai su que ce serait une femme.
  • Le secrétaire ministériel de l’époque a annoncé qu’il avait un pasteur à nous présenter.
  • En la rencontrant, j’ai tout de suite vu son amour authentique pour le Seigneur et j’ai su que nous partagerions des moments magnifiques ensemble.
  • Vous avez ces questionnements, vous ne savez pas à quoi ça va ressembler. Une femme pasteur, vraiment ? Comment est-ce que les hommes, et mon mari, vont s’identifier ? Vous vous posez toutes ces questions, parce que c’est quelque chose de nouveau. Nous ne l’avions jamais expérimenté jusque là, nous n’avions jamais eu une femme pasteur.
  • J’avais quelques réserves, pas tellement sur le fait qu’une femme soit pasteur, mais plutôt à cause du changement.
  • Il y a certains membres qui sont plutôt conservateurs, qui croient vraiment que la Bible dit que seulement les hommes peuvent être pasteurs.
  • Quand je sentais que quelqu’un n’était pas content de la situation, je disais: « attendons et voyons pas nous-mêmes à quoi ressemblera son ministère. Ne la jugeons pas avant même qu’elle ait commencé, juste parce que c’est une femme. »
  • Je savais qu’il y en aurait qui ne seraient pas d’accord, et certains sont restés un petit moment, mais ça n’a pas duré très longtemps avant qu’ils partent pour une autre Église.

Atlanta, Georgia

  • Quand j’ai été appelée en Géorgie, on m’a dit que c’était super, mais on m’a recommandé de ne pas me rendre au Nord d’Atlanta, car ils ne m’accueilleront pas là-bas. Si on m’appelait là-bas, on m’avait suggéré de demander à être affecté ailleurs.  Les responsables m’ont appelé et devinez où on m’a appelé.
  • J’ai reçu un appel de l’administration qui m’a annoncé qu’ils allaient m’envoyer un pasteur, et qu’il s’agissait d’une nomination, qu’il n’y aurait pas de recherches, que quelqu’un avait été désigné, que son nom était Jessie Lopez.
  • Au fond de moi je me demandais : « Dieu, qu’es-tu en train de faire ? À quoi m’as-tu appelée ? » J’étais profondément perturbée et je demandais à Dieu « pourquoi? ». Ce que j’entends à propos d’Atlanta Nord n’est que négatif.
  • Il y a des opinions très prononcées ici à l’église d’Atlanta Nord, des opinions de la vieille école. Nous avons eu de nombreux défis à propos du leadership féminin, qui ont causé des division au sein de l’Église.
  • Le point de vue défendu par les activistes opposés au pastorat féminin était que si une femme était nominée, la bénédiction de Dieu ne reposerait plus sur l’Église et qu’ils ne voudraient plus y être associés.
  • Le jour arriva où ils annoncèrent qu’il s’agirait de Jessie Lopez, une femme pasteur.
  • J’ai fait des recherches Internet, sur Facebook, le nom de Pasteur Jessie, je voulais trouver quelque chose avec lequel me rendre à la conférence de leaders et leur prouver que ce n’était pas la bonne personne pour Atlanta Nord.
  • Donc, pourquoi vais-je là-bas ? Mais je sais que si tu m’envoies, je dois m’y rendre. Donc, même si je me préparais au départ avec beaucoup de soucis, j’ai décidé d’accepter l’appel à l’Église d’Atlanta Nord.
  • Quand Jessie fut nommée pasteur, il était clair qu’il y avait des personnes qui ne pourraient le tolérer ou ne voudraient pas faire partie d’une église qui avait une femme pasteur.
  • Est-ce que ça changerait notre façon de louer? Est-ce que ça changerait la manière dont les gens s’habillent? Est-ce que ça changerait l’accent de notre Église sur le témoignage auprès de notre communauté et d’amener la région alentour à la foi en Jésus-Christ ?
  • Il y avait des personnes qui envisageaient de changer d’Église suite à la décision du congrès. Certains annulèrent tout de suite leur adhésion. Nous avions des personnes très en colère.

Quatre Églises, quatre pasteurs. Chacune inquiète pour son avenir, et toutes à la recherche de la bénédiction de Dieu. Le temps était arrivé pour les assemblées et leur nouveaux pasteurs d’apprendre ensemble ce qu’être appelé par Dieu signifie.

  • Le jour où ils allaient m’installer, j’étais très nerveuse. J’avais répété ma prédication plus de dix fois. Je n’arrivais pas à bien dormir. Je m’attendais au pire de la part de l’Église, juste à cause des commentaires négatifs que j’avais reçus du séminaire.
  • Quand elle est arrivée, il y avait beaucoup d’anticipation à cause du climat de l’Église. Ceux qui étaient surpris que ce soit une femme, furent aussi surpris qu’elle soit si jeune.
  • Alors que j’entrais pour la première fois dans l’Église, les personnes me demandaient si j’étais le nouveau pasteur et ils me saluaient avec affection.
  • Quand Pasteur Jessie est arrivée pour son premier Sabbat, elle a fait très bonne impression. Elle a un magnifique sourire, une belle attitude, elle est pétillante.
  • L’accueil de Jessie était remarquable, en tenant compte de ce qui avait été annoncé avant.
  • J’ai dit à Dieu : « Je crois que je peux le faire, je vois où tu veux en venir, d’accord, je te comprends. » C’était juste un très beau jour pour moi, mon premier jour à Atlanta Nord.
  • Mais peu après l’arrivée de Jessie, presque la moitié des membres la remirent fortement en question et questionnèrent le fait qu’une femme peut avoir de l’autorité ou exercer un ministère pastoral.
  • Je leur ai expliqué qu’à partir du moment où elle serait engagée en tant que pasteur, elle ferait tout ce qu’un homme pasteur fait.
  • Il y en avait qui étaient toujours plein d’appréhension, et ceux qui hésitaient toujours entre rester et partir. La majorité d’entre eux sont finalement partis dans d’autres églises.
  • Lors de certains Sabbats où il était prévu qu’elle prêche, au moment où elle se rendait en chair, certaines familles quittaient la salle. J’étais étonnée que l’on puisse être aussi blessant et irrespectueux.
  • Je crois que l’on devrait évaluer quelqu’un selon les fruits avant de prendre une décision et partir.
  • Savoir que des personnes quittaient leurs responsabilités à cause de moi…ça me fait toujours mal.

Washington, Georgia

  • Quand je suis finalement arrivée dans le quartier, j’ai été présentée à la plus petite Église, l’Église Washington, et c’était une superbe journée. Les familles et l’administration sont venues, c’était super.
  • Elle était prête. Elle était pleine d’entrain, c’était presque comme le premier jour d’école. Du genre: « Je vais poursuivre cela, je vais vous partager la vision que l’on aura, nous allons sauver des âmes, toucher la communauté, etc. »
  • Ne vous méprenez pas, quand je suis entrée dans l’Église et n’ai vu que deux personnes présentes, j’ai vécu des moments de découragement. Ce genre de choses vous touche aux tripes.
  • Elle n’est pas satisfaite avec des membres qui viennent s’asseoir, écouter son prêche et rentrer à la maison. Elle veut nous guider.
  • Je voulais qu’ils le sachent : je ne suis pas ici juste pour m’asseoir et si vous faites votre boulot, je me battrais avec vous.
  • Son enthousiasme seul était un plus majeur. C’était un soulagement, enfin.
  • Les Églises étaient assez vides, beaucoup m’ont prévenu que la plupart des membres se rendent à l’Église mais ne font rien. Je leur ai répondu qu’ils ne me connaissent clairement pas, ni la plupart des femmes pasteurs. Nous ne pouvons êtres passives, nous devons mettre nos mains à la pâte. Je me suis adressée à Dieu pour lui demander ce que nous devions faire.

Galesburg

A Galesburg, le pasteur Trudy Dunn et son Église ont fait face à un défi physique et spirituel inattendu.

  • Elle était dans un centre de vacances, où il y avait des chevaux. Elle est sortie pour les nourrir et ils l’ont piétinée.
  • J’ai été écrasée et frappée, c’était très douloureux. Alors que les mois filaient, je suis arrivée à un point où je ne pouvais plus m’asseoir, marcher ou rester debout. J’étais tellement découragée que je dois avouer que j’ai demandé à Dieu : « Seigneur, tu m’as amenée ici, pour ces trois doux mois, que vais-je faire maintenant ? Je peux à peine exercer mon pastorat de la manière dont je le voulais. »

Avec le soutien de ses membres et une foi résolue, Pasteur Trudy décida de poursuivre malgré la douleur. Pendant des mois, elle mena des réunions et études bibliques, allongée sur le sol.

  • Je ne pense pas que j’aurais pu continuer de conduire les réunions dans ces circonstances. Et pourtant elle l’a fait, en disant que nous sommes importants, que ceci est important et que nous devons le faire. J’ai trouvé cela rafraichissant.
  • Alors que sa famille d’Église devenait plus forte, ils ont commencé à se concentrer sur les besoins d’autour d’eux.
  • Nous avions une femme parmi nous, prénommée Linda, qui nous a invité à servir en distribuant des habits, car il y a un tel besoin, tellement de chômage et de personnes en souffrance.
  • Dieu bénit beaucoup de membres de notre famille pour donner des vêtements, et nous en avions une bonne quantité pour commencer ce ministère.
  • La première fois que je m’y suis rendue, en quatre heures nous avons donné 1200 articles.
  • Nous ne voulons pas juste habiller les gens, nous voulons qu’ils trouvent Jésus. Alors nous avons prié, toute l’Église a prié, c’était très émouvant, il y avait des larmes dans l’assemblée ce jour-là.

Williamsburg

À Williamsburg, l’Église attend avec impatience l’arrivée de Pasteur Heather mais pas tout le monde ne partage pas le même enthousiasme.

  • Lorsque pasteur Heather a participé à son premier Sabbat, j’avais déjà décidé que je n’allais pas l’aimer et que je n’allais pas vraiment écouter ce qu’elle avait à dire. Et j’avais même déjà décidé de son apparence. Je l’imaginais comme une femme dans la cinquantaine, très en proie au doute, ce genre de personne. Quand elle est entrée, je me suis demandée si c’était elle le pasteur. Ce ne peut être elle. Elle est jeune, très attirante, ce ne peut donc être elle.
  • Le premier jour de Sabbat où j’ai pu prêcher, le jour de mon installation officielle affirmant que ceci est mon Église, mon rôle, la famille à laquelle je suis connectée, je me rappelle me lever, ouvrir ma Bible, regarder mes notes, commencer à partager et ressentir que c’est un chouette lieu.
  • Après sa prédication, bien que j’ai un esprit très fermé, j’étais impressionnée par la qualité du message. Je l’ai vraiment apprécié !
  • Je n’étais pas très en paix concernant ses capacités à pouvoir tout faire et si je serais d’accord qu’elle fasse tout. Ça ne m’a pas vraiment affecté personnellement, jusqu’au jour où ma plus jeune fille décida de se faire baptiser.
  • Je me souviens que c’était lors d’un office du soir, cela faisait deux mois que Pasteur Heather était avec nous. On était assis, on discutait, et on se disait qu’on voulait vraiment se faire baptiser. Ce culte nous a vraiment marqué et on a décidé qu’il était temps de donner nos vies à Dieu, on sentait un réveil en nous.
  • Ceci ravit le cœur d’un pasteur. J’ai dit oui ! Commençons les études la semaine prochaine. Donc j’ai amené les études, on les a suivies. C’était une merveilleuse préparation au baptême avec cette jeune fille vive et profondément engagée à Dieu. On a échangé sur toutes les croyances de l’Église adventiste et comment les mettre en pratique dans nos vies, et j’attendais avec impatience de savoir quand nous allions célébrer tout cela avec le baptême.
  • Ce qu’il s’est passé c’est que les deux autres filles qui se faisaient baptiser avec Karina avaient un ami de famille qui était pasteur et qui est venu pour les baptiser. Je me suis approchée pour savoir s’il pouvait aussi baptiser Karina.
  • J’ai alors découvert que je n’étais pas celle qui allait la baptiser. La famille allait inviter une autre personne pour la baptiser. Cet invité était un jeune homme car ils ne pensaient pas que c’était mon rôle en tant que femme pasteur de baptiser. Ne pas pouvoir participer à cette célébration a énormément alourdi mon cœur.
  • Je n’avais pas réalisé ce que je faisais jusqu’au moment du baptême. Dans un coin de mon cœur, je savais que le pasteur se sentait exclue. Quand je lui ai annoncé que nous avions quelqu’un pour baptiser les filles, elle n’a rien dit. Sa noblesse de caractère a fait qu’elle ne semblait pas énervée, elle n’a pas fait marche arrière, elle n’a pas essayé de nous laisser seuls pour le faire à notre manière, elle a continué à nous demander de quelle manière elle pouvait aider, car elle voulait rendre ce jour spécial pour les filles. J’ai laissé cela continuer et planifier le baptême. Quand le jour des baptêmes arriva, elle a ouvert l’Église, elle a tout préparé, elle s’est rendue disponible de toutes les manières possibles. Elle a exprimé aux filles à quel point elle était fière d’elles, elle les a encouragées et a veillé à ce qu’elles aient tout afin que ce soit un jour spécial. Mais elle est restée de côté, elle ne voulait pas s’imposer, c’était comme si elle était l’invitée indésirable d’une certaine façon. Avec chaque aspect de la cérémonie, je me sentais de plus en plus lourde dans mon cœur, mais ça ne m’est pas apparu clairement jusqu’au baptême. Quand le pasteur qui baptisait les filles leur a demandé de se lever, il les a appelées une par une, mais quand il est arrivé à Karina il ne connaissait pas son nom. Et il essayait de présenter les parents comme étant des proches des autres filles, il connaissait les noms de leurs parents à elles. Mais ensuite il me regarda moi et mon mari Arthur et il ne se rappelait plus qui nous étions. Pasteur Heather s’est rapprochée de lui pour lui chuchoter les réponses. C’est alors que j’ai réalisé que ce n’était pas juste. Bien que cet homme soit un pasteur et un homme merveilleux, il ne savait rien de ma fille, ne savait rien de nos combats, ne savait rien de nous. Pasteur Heather ne semblait pas blessée, elle n’a pas montré qu’elle était bouleversée à propos de quoi que ce soit. Elle a juste participé partout où elle remarquait un besoin. Lorsque Karina s’est levée pour passer par les eaux du baptême, j’ai ressenti un tel fardeau. Je savais que Heather aurait dû être à ses côtés. Tout d’un coup j’ai réalisé que la raison pour laquelle je n’avais pas la paix c’est parce que Dieu n’était pas là. Tu as toi-même dit dès le début que si Dieu est là, tu auras la paix, mais tu ne l’as pas. Donc tu en as fait à ta tête, de la manière que tu pensais était juste. Mais ce n’était pas la manière de Dieu. À ce moment, c’était en plein milieu du baptême, et je me sentais tellement honteuse car ici se tenait cette merveilleuse personne qui avait toujours été là, qui avait aidé ma fille à marcher jusqu’à prendre cette grande décision pour Christ et je la repoussais pour le simple fait qu’elle était une femme. Dans mon esprit, c’était un nouveau concept que je ne voulais juste pas accepter. Je suis allée la voir pour lui demander de lui parler en privé. J’ai commencé à pleurer, et elle a cru que quelque chose n’allait pas. Son premier instinct a été de répondre à mes besoins, se demandant comment elle pouvait m’aider, et j’ai dit que j’avais besoin de lui demander pardon. Elle a été surprise, mais je pense qu’elle savait exactement de quoi il s’agissait. Je lui ai dit que je crois l’avoir blessée, que je veux m’assurer qu’elle sait que cela n’a rien à voir avec elle. Mais c’est assez difficile de croire que cela n’a rien à voir avec vous ou que ce n’est pas vous que l’on rejette. Je lui ai dit que je pensais lui avoir fait sentir qu’elle n’était pas à la hauteur. Elle aurait pu tout faire de manière irréprochable, mais puisque c’est une femme, elle n’est pas assez bien. Je lui ai dit que je pensais l’avoir blessée, mais ça n’avait rien à voir avec elle, que tout était à cause de moi, et que c’était quelque chose qu’il fallait que je comprenne. Mais que j’étais désolée que mon processus de croissance lui ait fait du mal. Je pense qu’une partie d’elle était heureuse que j’ai grandi grâce à cela, elle a sûrement pensé que la souffrance en valait largement la peine, si elle avait pu gagner un cœur. Je n’ai pas cessé de penser qu’il pourrait s’agir de mes filles, et que si Dieu les appelait au pastorat elles pourraient avoir envie de le servir. comment est-ce que je me sentirais si elles devaient traverser ce genre d’expérience ? Et je veux croire que d’ici qu’elles fassent ce choix, le monde aura changé, aura accepté le pastorat féminin et que ce sera plus facile.

La confiance, la prière, le pardon, le temps, chacun a été essentiel pour aider ces quatre Églises à surmonter leurs préjugés contre les femmes pasteurs. Leur témoignage est clair : Dieu est toujours au contrôle, et c’est Dieu qui nous appelle tous, certains comme pasteurs, mais tous comme disciples.

  • J’ai de l’espoir pour l’avenir, que tous ceux que Dieu appelle auront une place pour utiliser leurs dons, qu’ils soient hommes ou femmes, jeunes ou âgés, qu’ils auront un endroit pour utiliser ces dons.
  • J’ai appris à connaître Pasteur Heather, et je pouvais vraiment voir de manière certaine que Dieu l’avait appelée.
  • Je pense qu’il y a une chose que toutes les deux ou même l’assemblée dans son ensemble a apprise, de non seulement ne pas juger par l’apparence mais surtout de ne pas écrire l’histoire d’une personne avant que vous l’ayez entendu la raconter.

Atlanta Nord

  • Durant ces quatre dernières années, notre église a changé considérablement.
  • Elle aime les enfants, les enfants l’aiment, et si elle est au bureau, elle se rend à l’école tous les jours et interagis avec eux, elle mange avec eux, elle organise des études bibliques, et elle a été un superbe témoin au sein de notre école.
  • L’église est plus unie maintenant, les membres sont plus proches, il y a plus d’amour entre eux, l’atmosphère est plus agréable.
  • Elle a apporté de l’énergie, de la paix au sein de cette Église et cela faisait longtemps que nous n’avions plus vécu cela.
  • Vous pouvez voir qu’elle aime les personnes, qu’elle semble les regarder de la manière dont Jésus le faisait quand il était sur terre.
  • Quand je pose ma tête sur mon oreiller le soir, je sais que je sais que je suis exactement à la place où je dois être.
  • Je crois que vous ne pouvez aller plus loin que votre plus faible membre, et avec elle, elle ne va permettre à personne d’être faible.
  • Elle me fait penser à mon propre engagement envers Dieu, et à mon rôle dans cette Église: Qu’est-ce que le Seigneur attend de moi?
  • Je suis très encouragée dans mon appel par mes membres, par des responsables qui sont disposés à présenter leurs actions, leurs objectifs et se demander comment nous pouvons les atteindre ensemble.
  • Quand quelqu’un a consacré sa vie pour servir Dieu, ce n’est vraiment pas important de savoir à quoi il ressemble, s’il est un homme ou une femme. Ce qui est importe est son intérêt, sa concentration sur Dieu, sur l’Église et sur les personnes.
  • Je pense que ça a surpris notre petite assemblée, qu’il est possible d’adopter de nouvelles choses, qu’il est possible de laisser derrière soi des choses que vous pensiez gravées sur la pierre, et que la seule manière de grandir, c’est de laisser Dieu faire son travail et de le laisser intégrer de nouvelles voies.
  • Une des choses que je trouve des plus encourageantes maintenant est quand les gens sont enclins à travailler ensemble, et que je les vois s’aimer les uns les autres. Cela est ce qui fait vraiment chanter mon cœur.
  • Ce que j’ai eu avec Trudy la première fois que je l’ai rencontrée, est quelque chose que je n’avais pas eu avec d’autres pasteurs, parce que je savais qu’elle et moi avions beaucoup de choses en commun en tant que femmes, et que nous pouvions servir les autres de plusieurs façons.
  • Partager l’amour de Dieu et son témoignage dans ma vie, et être transparente, ne pas être dans la politique, de juste montrer qui je suis vraiment, que je crois en Dieu et que Dieu m’aime. Je pense que mon assemblée a vu l’authenticité derrière cela et en moi, Jessie, pas juste le pasteur. Ils ont vu Jessie, un enfant de Dieu, et donc ils pouvaient s’identifier.
  • Voilà une personne réelle, une personne facile à aimer, une personne compétente, une personne qui savait de quoi elle parlait, juste en face d’eux, et cela a changé un peu leur perspective.
  • Ça devient difficile, c’est rempli de défis, c’est la chose la plus folle que vous ferez dans votre vie d’accepter l’appel de Dieu, mais vous devez être certain que vous savez que vous êtes à votre place. Je suis là et je sais que c’est là que Dieu me veut. Et c’est cela qui me permet de continuer.
  • J’ai appris que la croissance est importante, que c’est en dehors de votre zone de confort que vous grandissez et que vous voyez la main de Dieu à l’œuvre. J’ai appris qu’il y a de l’énergie renouvelée quand vous parlez à Dieu de votre appel. J’ai appris que ça vaut la peine de se battre vers l’objectif, de payer le prix pour l’atteindre, ainsi que chaque étape aussi difficile soit-elle, pour obéir à l’appel de Dieu.
  • Ce que j’aimerais vraiment voir, pas seulement dans ma vie mais dans la vie des membres et dans notre Église de façon globale, est que Jésus qui soit suffisamment attirant pour que les gens se concentrent seulement sur lui.
  • Être une femme pasteur est mon témoignage, c’est de partager ce que Dieu a fait dans ma vie. Il y a l’administration derrière tout cela mais tout vient de Dieu. Alors je nous vois, nous allons être dans l’Église, nous allons avoir nos Églises. Dieu m’a appelée, donc je sais que je vais avoir mon Église.
  • Voir des gens qui étaient hostiles aux femmes pasteurs devenir si attachés à elle, c’est formidable! Leur mentalité les poussaient à rejeter une femme en position de direction, mais le fait de rencontrer un visage de femme dans ce rôle a changé leur cœur, dans une certaine mesure. C’est arrivé, et c’est magnifique.

À propos Marie-Noëlle

Marie-Noëlle est enseignante en théologie pratique et en éthique au centre de formation du Bienenberg (Suisse) et thérapeute familiale. Ses passions: les livres, les sushis et la rando.

1 comment on “Appelées

  1. Elisabeth Baecher

    Magnifique témoignage ! et si vrai…

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