Témoignages

Mon cheminement personnel

Une femme peut-elle prêcher et devenir pasteur? Dr. Matthias Radloff a écrit une thèse de doctorat sur cette question. Il était convaincu qu’une femme qui prêche et un pasteur de sexe féminin étaient deux erreurs imaginées et propagées par ceux qui méprisent l’enseignement de la Bible. Des centaines de lectures et quatre années de réflexion l’ont amené à cheminer avec ce sujet. Il s’est heurté aux questions d’interprétation des textes, mais aussi à ses résistances intérieures et à celles de l’Église. Dans cet article, il retrace son parcours, ses questions et ses conclusions.

« Une femme qui prêche et un pasteur de sexe féminin sont deux erreurs imaginées et propagées par ceux qui méprisent l’enseignement de la Bible. » Voilà ce que je vous aurais dit, il y a dix ans, si vous m’aviez demandé mon opinion sur le sujet. Mais il me restait des questions sur des points mineurs pour lesquelles je n’avais pas de réponse. Et les réponses que je trouvais auprès d’amis ne me satisfaisaient pas toujours.

Si dans 1 Corinthiens 14 :34ss, il est dit que la femme doit se taire, comment se fait-il qu’elle peut prophétiser (1 Cor. 11 :5) ? Comment se fait-il que des sœurs ont le droit de prier à voix haute dans nos églises ? De quel droit peuvent-elles donner un témoignage ? Pourquoi leur est-il permis de poser des questions lors des études bibliques, puisque le texte dit qu’elles doivent les poser à leur mari une fois retournées chez elles ? Et pourquoi une missionnaire de retour de son champ de mission  a-t-elle le droit de faire un rapport qui, souvent, n’est pas autre chose qu’une prédication ? Si 1Timothée 2 dit bien que la femme n’a pas le droit d’enseigner, nous situons généralement cet enseignement dans l’église. Mais ce passage ne parle pas d’activités réservées aux seules réunions d’église (cf.v.15)[1]. Si la femme n’a pas le droit d’enseigner, pourquoi peut-elle enseigner des enfants, ceux-ci étant plus crédules que des adultes ? De quel droit peut-elle enseigner des femmes sur autre chose que d’aimer leurs maris ? [2] Comment se fait-il qu’elle peut enseigner par la page écrite, dans les écoles bibliques et sur le champ de mission ? Si la femme  se trouve dans un petit groupe biblique, de quel droit peut-elle partager une leçon tirée d’un texte[3] ?  Si la femme  ne doit pas prendre autorité sur l’homme, comment se fait-il qu’elle dirige des chorales mixtes ? Comment se fait-il qu’elle organise des fêtes d’églises ? Pourquoi a-t-elle le droit de vote dans l’église, ce qui lui donne une autorité égale à l’homme ?

Ces questions ne sont pas restées sans réponses. Ces réponses ont été nombreuses, contradictoires selon les personnes et souvent superficielles. Je me suis rendu compte que sur le sujet du ministère de la parole des femmes, pour ainsi dire tous les chrétiens ont des positions très fermes et « bibliques ». Ceci m’a permis d’établir un axiome que vous connaissez  probablement depuis longtemps : la fermeté du chrétien au sujet du ministère de la parole de la femme est inversement proportionnelle à ses connaissances. C’est-à-dire, plus les convictions d’un chrétien sont intransigeantes sur ces questions, moins il les étudie. Le contraire est aussi vrai. Cela se comprend très bien, puisqu’il est inutile d’approfondir ce que la Bible présente avec autant de simplicité et de clarté.

A l’époque où je me posais ces questions je m’étais engagé dans un troisième cycle d’études à la Faculté de Théologie Protestante de  Strasbourg. J’avais retenu un sujet historique et archéologique pour ma thèse et avait commencé mes recherches. Puis il m’est venu la pensée de traiter d’un sujet d’actualité : je venais de découvrir quelques problèmes éthiques entourant les techniques de procréation. Puis il y avait toutes mes questions sur le ministère de la parole des femmes.

Pour différentes raisons ce dernier sujet ne m’enchantait pas. Je ne savais pas à quelles conclusions cette étude allait me conduire. Par contre, je supposais qu’elles n’allaient pas laisser indifférent : soit j’allais être trop évangélique pour la faculté, soit au contraire, j’allais  être trop peu évangélique pour mes coreligionnaires. La pensée que les hérétiques n’étaient plus brûlés sur un bûcher me rassurait un peu.  Et puisque mon épouse était prête à porter avec moi les conséquences de mes études, je me suis engagé dans l’examen des textes bibliques traitant de la question du ministère de la parole des femmes.

Par où auriez-vous commencé l’étude de cette question ? Je me suis dit qu’il fallait d’abord examiner les textes qui posent problème. Je me suis donc attelé à résoudre une « contradiction ». Dans 1 Corinthiens 11 :5 la femme prie et prophétise, et dans 1 Corinthiens 14 : 34ss, tout discours lui est défendu. De quelle manière pourrait-on interpréter ces textes afin que la contradiction apparente soit éliminée ?

Je me suis mis à feuilleter des commentaires. Heureux le chrétien qui ne lit qu’un seul commentaire, car il a toutes les réponses et son esprit demeure tranquille ! J’ai fait l’erreur d’en lire un deuxième et de ne pas m’arrêter là. Ma première interprétation fut contredite par une deuxième. Mais une troisième renforçait la première. Une quatrième nuançait la deuxième et la rendait plus convaincante. Jusqu’ici les choses étaient encore intéressantes. A la dixième interprétation je commençais à avoir le vertige, à la vingtième une indigestion, à la trentième une dépression, et à la quarantième je commençais à ressentir la fierté du collectionneur qui va faire son entrée dans le livre des records. Quel fouillis ! Ce n’est pas tout que de faire une liste de plus de 40 interprétations différentes. Encore faut-il les examiner et les évaluer. Il est impossible de les retenir toutes.  Lesquelles retenir ? Quels sont les arguments à développer ?  Au bout d’une année d’études, d’angoisses et aussi de prières, j’ai conclu. La seule interprétation qu’il m’était possible de retenir était celle qui dit qu’en 1 Corinthiens  14 :34ss Paul cite des opposants se trouvant à Corinthe. Ces opposants voulaient que les femmes se taisent. Paul les cite aux versets 34ss pour les contredire. Il veut que tous parlent, que tous aient un chant, une prophétie, etc… Cette interprétation ne manquera pas de surprendre le lecteur. Mais c’est la seule qui a su me convaincre.

Ensuite nous avons voulu voir ce que Paul dit de la femme dans 1 Corinthiens 11 :2-16. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que dans les versions françaises que nous connaissons, le verset 10 est systématiquement traduit pour dire le contraire de ce que dit le grec. Le grec dit que la femme possède autorité et non qu’elle est soumise à une autorité. Le grec ne parle pas non plus de « signe » d’autorité. Le texte dit que la femme a autorité sur (la) tête. Qui est cette tête sur laquelle la femme a autorité ? Le verset 3 nous le dit : l’homme.

Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir les études sur le mot « tête » qui est traduit de façon très orientée par « chef »[4]. La recherche a démontré sans l’ombre d’un doute possible que le mot traduit par « chef » au verset 3 ne communique en grec nullement le sens  de l’autorité, mais celui de la « source », de « l’origine ». Ainsi le verset dit que l’homme est à l’origine de la femme et ne parle pas de son autorité. Nous avons compris que 1 Corinthiens 11 :2-16 ne parle pas de la soumission de la femme à l’autorité de l’homme, bien au contraire.  Ce passage nous présente l’homme et la femme comme étant différents et en même temps comme étant parfaitement égaux.

Une autre point intéressant fut de voir que dans ce passage, dont il est dit qu’il encourage la femme à porter le voile, le mot voile  n’apparaissait qu’au verset 15 où il est dit qu’il est en fait remplacé par les cheveux longs. Le verbe traduit par « voilé » a le sens de « couvert ». Saviez-vous que ce mot parle plutôt d’un style de coiffure ?

Nous voulions encore étudier le deuxième passage qui est en général  perçu comme étant misogyne : 1 Timothée 2 :8-15. Paul y défend-il tout enseignement de la part des femmes ? Si oui, il faut définir  le genre d’enseignement défendu. Et cela est impossible, car le texte ne nous donne aucune indication permettant de trancher la question. Les commentateurs se fient alors à leur imagination. Mais si tout enseignement est défendu, comment permettre que des femmes écrivent des articles de revue ou des livres, et avec quels arguments encourager les chrétiens à lire ces enseignements ? Comment présenter une argumentation biblique en faveur de l’enseignement  des enfants dans l’école du dimanche ? Dans les écoles bibliques se pose la question de savoir si des professeurs de sexe féminin peuvent enseigner toutes les matières, ou seulement les matières non bibliques ? Dans ce cas,  qu’est-ce qu’une matière non biblique ? Le grec ? L’histoire de l’église ?

Nous nous sommes aussi rendu compte que ce passage ne parle pas de la femme dans l’église, mais de la femme en général. Car sa modestie et sa décence ne sont pas des attitudes réservées exclusivement au culte. Lui serait-il permis d’user de l’autorité sur l’homme en dehors des réunions de l’église ? Et le fait d’avoir des enfants (2 :15) n’est pas une activité d’église. L’argumentation basée sur Adam et Eve et la tentation est une argumentation qui s’applique à tout homme et à toute femme, peu importe s’ils se trouvent dans le lieu du culte ou même s’ils sont chrétiens ou non.

Nous avons été conduits à voir dans ce texte une parole s’adressant à une situation dangereuse causée par une hérésie locale. Elle encourageait les femmes à adopter un comportement rejeté par la société dans sa majorité. Dans ce texte, Paul ne défend qu’à la femme non instruite d’enseigner.

Il m’a fallu la lecture d’environ 300 ouvrages et articles en quatre ans pour arriver à ces conclusions. Une fois la théorie en place, quelles allaient être les retombées pratiques ?  Car si plus rien n’empêchait que les femmes ne prêchent dans l’église, allais-je encourager un ministère de la parole dans mon église ? Dans le cadre d’une rencontre pastorale, différentes études me permirent de constater que je n’étais pas le seul au monde à être arrivé aux conclusions indiquées plus haut. Dans mon église, j’avais de temps en temps osé indiquer les conclusions auxquelles j’étais parvenu. Un frère me prit au sérieux. « Si c’est ce que tu crois, alors ma femme peut apporter une méditation un dimanche matin au culte ? » Dans ma tête, tout disait « Oui ». Par contre, de fortes voix contraires se faisaient entendre au fond de moi-même. Puisque je disais que mes conclusions étaient bibliques, il fallait bien faire taire ces voix.  Car, après tout, ce ne sont pas aux sentiments  d’orienter nos actes, mais nos convictions fondées sur l’Ecriture. La sœur a parlé… avec beaucoup de tremblements et de façon très édifiante. Moi aussi j’ai tremblé dans l’attente des foudres des personnes présentes au culte. Mais pas le moindre nuage ne vint obscurcir notre ciel. Malheureusement cette sérénité manquait lorsque nous avons consacré plusieurs études bibliques à l’étude de la situation de la femme dans la Bible.

En ce qui concerne mon cheminement personnel, j’ai constaté qu’il m’a fallu environ trois ans avant que je ne me sente véritablement à l’aise avec les conséquences pratiques de mes positions théologiques et théoriques. Cela m’a donné à réfléchir sur la difficulté qu’il y a à changer de convictions, phénomène que j’avais déjà souvent observé chez d’autres.  J’ai beaucoup de mal à accepter qu’un catholique ne puisse pas abandonner certaines pratiques pourtant en contradiction avec la Bible. J’étais convaincu que l’on devait être capable de changer de position en une semaine au plus lorsque l’enseignement  de la bible était perçu clairement.  Et voilà que j’étais convaincu d’une chose dans ma tête, mais que j’avais du mal à accepter la mise en pratique de cette théorie. J’étais déchiré intérieurement par la question de savoir si une femme avait le droit de prêcher.

N’ai-je pas raison de condamner le catholique qui prie devant une statue ? S’il me dit qu’il n’adore pas la statue, mais qu’il la vénère, je souris face à ces subtilités qui ne font qu’encourager l’erreur. Mais nous sommes coupables des mêmes subtilités en faisant une différence entre un témoignage (permis à la femme)  et un message (défendu). Dans notre église une femme enseignait régulièrement les enfants au culte. Les adultes aimaient entendre ses leçons qui souvent devaient être plus facile à comprendre par l’assemblée que mes prédications, à l’époque, très difficiles d’accès. Mais notre sœur se refusait de penser qu’elle enseignait les adultes. Elle ne regardait que les enfants. Non, les adultes n’étaient jamais enseignés. Et s’ils l’étaient malgré tout, c’était parce qu’on ne pouvait pas les faire quitter la salle. Les pharisiens du temps de Jésus nous auraient félicités de tant d’ingéniosité.

Dernièrement une sœur me dit que j’avais tort. Elle semblait un peu mal à l’aise. Car si les femmes n’ont pas le droit d‘enseigner, avait-elle le droit de me le dire ? n’est-ce pas déjà de l’enseignement ?

Finalement, la position qui se veut si simple et qui dit qu’il faut prendre 1 Corinthiens 14 :34ss et 1Timothée 2 :12 à la lettre doit logiquement conduire à un silence complet des femmes lors de toutes les réunions de chrétiens. Elle n’a le droit de parler (prier, poser des questions, etc…) que si elle est à la maison. Et puisque l’enseignement lui est défendu sans que Paul ne parle d’un public  précis ou d’un enseignement particulier, tout enseignement est défendu à toute femme chrétienne. Et non seulement cela, mais il lui est encore défendu de prendre de l’autorité sur l’homme (pas seulement sur le mari). Une femme ne peut donc en aucune situation dire à un homme ce qu’il a à faire. Elle ne peut être ni policier, ni chef d’une équipe mixte, ni chef d’entreprise, ni médecin, ni juge, ni professeur. Ne croyez pas que j’argumente par l’absurde. Relisez ces textes, et si vous voulez les prendre à la lettre vous verrez qu’on ne peut faire autrement.

« Une femme qui prêche et un pasteur de sexe féminin sont des personnes dont les ministères sont en accord avec l’enseignement clair de la Bible ». Voilà ce que je vous dirais si vous me demandiez aujourd’hui ce que je pense du sujet.

Article issu du cahier de Christ Seul 3/1992 aux Editions Mennonites « Et tes filles prophétiseront. Petit dossier relatif aux ministères des femmes dans l’église locale ». Reproduit avec l’aimable autorisation de Matthias Radloff et des Editions Mennonites.

La thèse de Matthias Radloff est disponible dans son intégralité ici. Il y traite des textes bibliques et discutent de 4 positions: 1) tu parleras toujours 2) tu parleras toujours, sauf… 3. Tu ne parleras jamais, sauf… 4) tu ne parleras jamais. A découvrir!

[1] « Elle sera sauvée en devenant mère »

[2] Sur la base de Tite 2 :3-5 il est affirmé que la femme peut enseigner d’autres femmes. Mais les sujets d’enseignement autorisés lors des réunions de dames sont restreints à l’amour du mari et des enfants, la retenue, la chasteté, les occupations domestiques, la bonté et la soumission au mari.

[3] L’ingéniosité conduit à faire une subtile différence entre les réunions d’église (celles qui se font dans le bâtiment et la salle réservée au culte) et les autres réunions dans lesquelles la femme peut parler.

[4] Nous disons que la traduction est orientée, car quel lecteur français sait que « chef » est un autre mot pour « tête » (couvre-chef) ?

7 comments on “Mon cheminement personnel

  1. D'Hondt

    Bonjour!
    J’ai lu attentivement votre article et je me permet de vous amener mes idées 😉

    Je trouve cela dommage que sur cette question, ceux qui changent d’avis lisent beaucoup de commentateurs. Il faut l’admettre, ceux-ci sont tout humain et cela reste des pensées humaines malgré tout..ensuite, il me semble que les questions que vous vous posiez ne sont pas forcément « justes »: effectivement, à mon sens si une femme ne peut prêcher lors d’un culte, elle ne peut pas non plus animer une étude biblique « mixte ». Ce que des hommes mettent en place n’est encore une fois par forcément biblique: si dans une église on est contre qu’une femme prêche mais qu’on la laisse amener une étude biblique, l’incohérence vient de l’Homme et n’est pas forcément approuvé par Dieu non plus! Par contre, une femme a autorité et doit enseigner/éduquer ses enfants bien que le chef de famille reste l’homme (donc sous son couvert). Est-ce que dans votre famille (ou votre couple) c’est votre épouse qui décide ou c’est elle qui prend les décisions finales? (A ma connaissance, toutes les familles chrétiennes que je connais et qui affirment qu’une femme peut prêcher et à la même autorité que l’homme ne le vivent pas au sein de leur foyer! C’est malgré tout l’homme qui décide et prend les décisions finales..!). Cela est encore incohérent et maladroit à mon sens d’affirmer à l’église que la femme peut prendre autorité sur l’homme mais pas à la maison!
    Nous ne pouvons pas non plus négliger qu’une femme qui prêche dans une église amène des regards sur elle qui sont bien différents de ceux que les femmes peuvent avoir sur un homme! (Notamment de la part des hommes, selon la tenue vestimentaire et la « beauté » de la femme, elle peut être un « danger »).
    Je crois encore que la question sur le fait qu’une femme missionnaire prêche alors qu’elle doit « témoigner » de ce qu’elle a fait/vécu n’est pas forcément un exemple approuvé de Dieu. Et enfin, pour ne pas m’étaler, et c’est là l’essentiel me concernant, je trouve dommage que les femmes qui ont ce don d’enseignement ne l’exercent pas auprès de groupes de femmes. Ce contexte est non seulement approuvé clairement de Dieu (donc nous sommes sûrs de ne pas pécher) mais en plus il est essentiel dans nos églises et manque terriblement ! Et dans ce cas ci, aucun homme ne peut aussi bien conduire un groupe de femmes qu’une femme elle-même! Pourquoi prendre une place que des hommes peuvent exercer en toute liberté et ne pas se consacrer aux femmes qui en ont tellement besoin? Une femme a le droit, clairement, d’enseigner d’autres femmes puisqu’elle ne prend pas autorité sur elles.
    Vous l’aurez comprit, nous avons aussi beaucoup creusé la question mon mari et moi-même (et à l’inverse de vous j’étais convaincue que Dieu approuvait sans aucun souci qu’une femme enseigne à l’église!) et Dieu a abaissé mon coeur (et mon orgueil en tant que femme qui a enseigné…)pour me faire comprendre que ce rôle a été donné à l’homme.
    Il me semble également que notre Seigneur ne tente pas et que, considérant cela, une église n’ayant que deux anciens (par exemple un homme et une femme si l’on est d’accord avec le fait qu’une femme prêche), il est très dangereux que ces deux sexes conduisent une assemblée ensemble. Les dangers seront forcément là : passer du temps ensemble, prier ensemble, partager ses fardeaux ensembles tissent des liens qui ne sont pas bons, notamment si les deux anciens sont mariés! Et comment l »un et l’autre pourrait-il confier ses difficultés, ses combats pour prier ensemble? N’est-ce pas utopique et dangereux d’imaginer qu’il n’y a pas de risques parce que nous sommes chrétiens ou de ne pas l’envisager lorsqu’on nomme nos anciens?..)

    Mon petit mot de la fin: nos églises manquent cruellement de femmes qui ont ce don et qui accompagnent d’autres femmes à grandir en Christ ! Et vous pouvez donc comprendre que je ne nie pas qu’une femme n’ait pas le don de prêcher et ne soit pas aussi intelligente ou capable d’enseigner qu’un homme! On ne parle pas de capacités, d’intelligence ou autres; on parle de rôle, tout comme Dieu parle de rôles dans le foyer, dans une famille 🙂

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  2. Cet article retrace l’évolution de pensée de Matthias Radloff pendant sa thèse de doctorat « Le ministère de la parole de la femme, examen de textes pauliniens ». Il est donc tout à fait normal qu’il lise des commentaires… En fait, il est difficile de répondre à toutes vos remarques, tant elles sont nombreuses. En tous les cas, merci de les avoir formulées et de l’avoir fait avec douceur. Vous comprenez bien que nous ne sommes pas tout à fait d’accord avec vous sur un grand nombre de sujets que vous abordez, comme la décision finale dans le couple, le regard masculin sur la « beauté » féminine comme un frein au ministère, la séduction (dans votre exemple d’église avec deux anciens mixtes). Le blog abordera au fur et à mesure de son développement certains thèmes importants que vous citez: les anciens, l’autorité dans l’église, dans le couple, les rôles etc…

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    • D'Hondt

      Merci pour votre retour.
      Oui je comprends bien concernant sa thèse. Il n’en demeure pas moins que les commentaires restent toujours « humains », même si l’Esprit peut accompagner ces théologiens.
      Mais c’est fait avec douceur effectivement car l’une et l’autre conviction, lorsqu’elles sont étudiées et fondées sur la Paroles selon les convictions et compréhensions de chacun, doivent être respectées. Et cela l’est également car c’est un débat qui ne cessera que lorsque nous serons là-haut 🙂
      Quoi qu’il en soit, ce que j’aimerais pointer plus que tout du doigt, au-delà de cette possibilité qu’une femme peut prêcher ou non, c’est que ma génération (j’ai 30ans) féminine à envie et besoin d’avoir des références féminines, d’être accompagnées par une soeur qui a ce don de prédication et/ou d’enseignements. Et malheureusement, nos églises manquent cruellement de ce type de femmes car, soit nous ne pouvons enseigner aux autres femmes quoi que ce soit parce que nous n’avons pas véritablement de relation personnelle avec Jésus (les femmes plus matures devraient enseigner aux plus jeunes « à aimer leur mari etc et…Tite), soit celles qui en ont la capacité enseignent déjà le dimanche matin et ont donc beaucoup moins de temps pour créer/suivre d’autres femmes. C’est un réel manque de ce côté, en tout cas en France. Je m’arrête ici et lirais certainement les article à venir. Bonne continuation à vous !

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      • Merci à vous. L’un de nos objectifs est justement de favoriser la visibilité des femmes en responsabilité. De permettre des mises en relation! En espérant vous lire à nouveau et vous bénir

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  3. Alice Damay-Gouin

    Joie et Merci à mon frère Mathias que je découvre! Ce verset de Paul m’avait vraiment choquée lorsque je l’ai « découvert » il y a quelques mois.Et j’ai du mal à comprendre le premier commentaire pour ce texte. Dans ma vie de couple, Pierre m’a apprit une première chose: le respect de l’autre, ne pas lui donner d’ordre. Nous avons appris à discuter sans vouloir imposer notre point de vue à l’autre. Nous avons laisser la liberté à l’autre. Nous disons: »oui, j’arrive à lui faire faire tout ce qu’il veut ». Notre fille nous a gratifié du titre de « premier couple démocratique »!!!
    Ceci pour dire que toute personne peut enseigner, être ordonnée ou pasteure dans une Église même si le chef dans mon Eglise dit le contraire…

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