Nous avons le plaisir de vous présenter Naomi Loesener qui a reçu la bourse Servir Ensemble 2024. Une femme brillante, drôle et profondément humaine. On vous laisse découvrir !
Ce matin, j’observais ma fille d’un an qui tentait de récupérer une pile de magazines sur la table basse du salon, magazines que j’avais soigneusement placés là pour qu’elle ne les atteigne pas, mais… elle avait bien compris qu’en tirant sur ce coin de feuille qui dépassait, c’était le jackpot. Personnellement, j’étais partagée entre tenter de la dissuader et l’encourager à persévérer. Tout à coup, c’était bon ! Non seulement elle avait récupéré cette feuille, mais aussi une flopée de magazines en tout genre, qui se sont étalés sur le sol et en partie sur ses genoux. Personne n’a été blessé, pas d’inquiétude. En tout cas, il y en avait une qui était bien contente d’avoir atteint son objectif, malgré les obstacles et les efforts à fournir, et de découvrir un panel de trésors.
La comparaison que je ferai maintenant est certes limitée, mais cette histoire plutôt banale m’a mise face à moi-même. Voici ce que j’ai imaginé plus tard, en repensant à cette situation.
Cette petite fille d’un an, c’est moi. Cette pile de magazines plus ou moins atteignable dont on ne voit qu’un coin de feuille si intrigant, j’imagine que c’est un objectif professionnel, vocationnel ou encore ministériel pas tout à fait clair. Nous y reviendrons, mais commençons par le coin de feuille.
Il y a plusieurs années maintenant, j’ai eu l’opportunité d’étudier la musique et la théologie dans ce qu’on appelle communément une « école de louange », en Amérique du Nord. Ça faisait assez longtemps que je me disais que j’allais mettre une année à part dans mon cursus pour prendre plus de temps avec Dieu et me former pour le service dans l’Église, et enfin, c’était le moment. Durant cette année « à part », j’avais de plus en plus à cœur la formation théologique. Je me disais que j’allais enseigner la théologie ou créer des formations en Europe, plus tard. J’apprenais beaucoup et il fallait absolument que je partage cela et que d’autres puissent bénéficier de formation pour grandir dans leur foi et servir l’Église. Mais pour cela, je savais qu’un an de formation n’était pas suffisant.
À mon retour en Europe, j’ai repris mon travail d’enseignante et j’ai fait des recherches pour trouver une école où je pourrais me former davantage. Un an plus tard, j’ai commencé à étudier la théologie à la HET-PRO, en Suisse. C’était prévu que je fasse la première année seulement, en deux ans, car je devais travailler à côté pour payer mes frais. Enfin, « c’était prévu »… j’avais prévu ! Il s’avère que j’ai terminé mon bachelor et que j’ai enchaîné avec une première année de Master à la FLTE (Vaux-sur-Seine), puis une deuxième année à l’Université de Strasbourg. Cette dernière était d’ailleurs particulièrement spéciale, car la petite fille dont je parlais au tout début venait de naître quand j’ai commencé.
À mon avis, ces études, c’est juste le coin de feuille. Parce que ça en a demandé des efforts pour en arriver là. Des sacrifices, des découragements, des détournements d’attention, des envies d’abandon. Pour être honnête, lorsqu’à mon entretien d’admission, un professeur m’a demandé si je ne préférais pas m’occuper de ma fille plutôt que d’étudier, ou quand on me disait que c’était « courageux » de faire ça en étant maman, je me sentais mal. Cependant, je crois qu’au fond, je savais qu’il y avait du bon derrière ce coin de feuille. Alors je faisais en sorte de me concentrer sur le positif, sur les encouragements, et il y en a eu ! Par exemple, j’ai eu la joie de recevoir une bourse de Servir Ensemble pour cette deuxième année de Master. J’en suis vraiment très reconnaissante.
Je me souviens particulièrement d’une fois où je me disais que j’allais remettre mes études à plus tard. Je me suis alors souvenue du message que j’avais reçu avec la bourse et qui mettait en avant « encourager », « reconnaître les dons » et « valoriser le travail ». Quel encouragement face aux remarques !
Concrètement, je sais que Dieu me donnait les forces pour aller au bout, aussi au travers des personnes qui m’entouraient, comme il le fait encore aujourd’hui.
Ce n’est pas sans émotion que j’écris ces lignes car « Fun fact » : je travaille dans une école de théologie, dans le domaine de la formation. Ça rappelle ce que j’écrivais quelques lignes plus haut, n’est-ce pas ?
Aujourd’hui, je remercie Dieu pour la bonne pile de magazines trésors que j’ai sur les genoux : encore plein de choses à découvrir et à apprendre, mais la reconnaissance immense pour le chemin parcouru avec Lui, dans les hauts comme dans les bas et jusqu’à atteindre ce coin de feuille. Qu’adviendra-t-il de la pile de magazines ? Dieu seul sait.
La prochaine fois que vous voyez une pile de magazines, ce sera peut-être l’occasion de comprendre où vous avez besoin d’être encouragé (ou dissuadé?), de réfléchir à comment être un encouragement pour quelqu’un ou encore de faire le point avec Dieu sur les chemins parcourus et découvrir encore les trésors qu’il place devant nous.
Pour soutenir une étudiante en théologie en 2026 : https://servir-ensemble.assoconnect.com/collect/description/668107-j-dons-et-bourse-d-etudes-2026


Bravo Naomi ! Et au final un job qui s’inscrit parfaitement dans ce beau cheminement de persévérance 🩵
Bonjour,
merci beaucoup pour ce témoignage qui m’interpelle beaucoup.
En effet, je fais partie d’une génération où travailler et élever un enfant dans la petite enfance était inimaginable et trés culpabilisant.
Mais aprés réflexion, on voit bien que c’est conciliable en fonction des capacités
de la personne, de la participation du conjoint, des possibilités diversifiées de garde, de l’aide de l’entourage et aussi de la mentalité.
C’était pas mieux avant ! Combien d’enfants à partir de10 ans partaient en pension
au collège dans toutes les zones sans établissement secondaire et rentraient
1 fois par mois dans leur famille. Personne n’était choqué !
Alors ce témoignage permet d’encourager les jeunes femmes à réaliser
leur vocation, l’enfant n’ étant pas un obstacle.