Témoignages

Laetitia Puyade Pons, étudiante en théologie

Bonjour, je m’appelle Laetitia Puyade Pons, j’ai 36 ans, je suis une épouse et une maman de deux enfants, titulaire d’une licence de musicologie, d’un master bibliothèque-documentation et depuis septembre, je suis étudiante en théologie…


Cette phrase j’y pense avec joie et presque incrédulité puisque cette décision est à la fois récente et le témoignage d’un désir longtemps caché, presque secret. C’est le résultat d’une longue réflexion, c’est ma façon de répondre à l’amour que Dieu a manifesté envers moi et aussi une façon d’obéir à ce son commandement « allez, faites de toutes les nations des disciples ».

J’ai longtemps eu du mal avec les « Dieu m’a dit », ou « j’ai eu un appel » car ça voulait dire pour moi que la personne avait vécu une apparition de Dieu qui parlait … Dieu qui lui était apparu, en parlant d’une voix forte, façon effets spéciaux et cinéma américain.

Alors pourquoi pas ? Mais moi je n’ai jamais eu ça.
Pourtant, oui, je peux dire que Dieu m’a beaucoup parlé ces derniers temps, ou plutôt que je me suis mise à son écoute, et c’est comme si différentes pièces s’assemblaient pour qu’une image se dessine. Voici quelques-unes d’entre elles:

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Mon cheminement avec Dieu

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours cru en un Dieu d’amour, créateur du ciel et de la terre. Mais pendant longtemps c’était aussi un Dieu de règles donnant un bon chemin droit duquel il ne fallait pas s’écarter. De plus je n’ai pas confiance en moi, en mes capacités et beaucoup de choses me font peur.

J’ai saisi sa main vers mes 13 ans, comme on saisi une bouée avant la noyade, traversant alors des turbulences avec les camarades de classe. Je trouvais merveilleux que ce Dieu si grand qui a crée le ciel et cette nature que j’aimais tant se souciait de moi et de mes problèmes de collégienne, qu’il m’aimait au point d’avoir donné son Fils pour moi.

J’ai poursuivi mon chemin avec l’idée d’un Dieu qui fait peur et imprévisible, qui pourrait très bien dire « demain j’ai décidé de t’envoyer missionnaire en Afrique ». D’ailleurs plusieurs années après, nous nous sommes retrouvés avec mon mari dans une ville pas vraiment choisie. Incompréhension, et culpabilité. J’étais sensée avoir confiance en Dieu, j’avais un toit au dessus de ma tête, une famille, un mari… Et pourtant…

Les années qui ont suivi ont été l’occasion de découvrir, via le parcours alpha, l’œuvre du Saint Esprit, qui transforme nos vies quand on veut bien lui laisser la place. Mais aussi l’amour fou et passionné de Dieu, qui aime au point de nous vouloir libre et de prendre le risque qu’on veuille faire notre vie sans lui.

Mais plus le temps passait, plus j’avais l’impression de porter plusieurs masques : j’étais la femme qui aimait aller à l’église, celle qui n’osait pas dire les choses, celle qui aimait plaisanter, celle qui avait peur devant le travail à accomplir, celle qui s’enfermait dans ses travers. J’avais envie d’être juste moi, je priais pour être meilleure, mais rien. Envie de fuir, encore une fois.

Et puis un jour j’ai regardé la situation en face, j’ai décidé d’en parler, de renoncer au mal et ce fut le début d’une nouvelle page. J’ai appris à faire confiance en Dieu et je me suis rendue compte de combien il sait s’adapter à moi, et combien je pouvais me laisser transformer par lui. Ça aussi, ce fut très libérateur. Un père qui nous connait et nous aime tellement, qui sait comment nous faire avancer sans nous bloquer, c’est juste merveilleux !!

Dès lors, ma prière fut simple :

« Seigneur, fais moi devenir telle que tu me veux, transforme moi, équipe moi, je veux t’écouter. »

Je me suis penchée également sur la question « qui suis-je? » et que faire de tout ce que Dieu me permettait de vivre, comment concrètement servir Dieu et répondre à son appel de faire des disciples ?

Admettre l’appel

Exercer un ministère dans l’Église, c’est un souhait que j’avais depuis longtemps dans mon cœur :

Petite, j’avais mis dans mon journal intime que je voulais être pasteur!

Mais je l’avais écrit comme ça, sûrement comme d’autres aurait écrit pompier ou danseuse étoile. Plus tard, j’ai rencontré mon mari et admiré sa capacité de parler de Dieu, de témoigner, de faire des premières parties de culte, des prédications… Moi, je ne m’en pensais pas capable ! Or peu à peu je donnais des cours alpha, j’animais des premières parties de culte, mais je faisais toujours taire la petite voix qui me soufflait : « Et pourquoi pas ? » quand on me demandait pourquoi je ne me lancerais pas dans des prédications.

Et il y a quelques mois, la venue d’un aumônier m’a profondément interpelée : Je me voyais tout à fait dans ce cadre-là, discuter, aider, être là pour mon prochain, et même témoigner car « protégée » par l’affichage de ma fonction. Alors j’ai eu envie de donner un sens à ce désir de ministère.

L’importance de l’Église

L’Église en tant que lieu et groupement de croyants m’a toujours plu, car des gens de tous horizons, toutes conditions se rencontrent, contrairement à ce que j’ai pu vivre au travail finalement. Comme dans une famille, on doit apprendre à aimer des gens dont certains ont parfois des conceptions très différentes des nôtres. Je pense souvent à l’image du corps que Paul utilise dans ces épitres, image qui montre que chacun des membres à son rôle à jouer. Quelle belle responsabilité !

Plusieurs remarques a priori anodines de frères et sœurs en Christ m’ont parlé, m’ont fait grandir.  Je sais, pour l’avoir expérimenté, que l’église c’est aussi des déceptions, des crises, des prises de becs, des incompréhensions…puisque ce sont des êtres humains imparfaits qui la composent.
Je me sens incapable, en tout cas pour le moment, de donner une direction, d’impulser une ligne de conduite mais un navire a aussi besoin de sous-officiers. Et Dieu est assez grand et surprenant pour nous équiper.

Mes faiblesses

En réfléchissant à qui j’étais, à que faire de ma vie professionnelle et à comment concilier le service et la vie de famille, je me suis dit que ça pouvait être un bonne chose de me donner des contraintes. D’où ce désir de me former, pour prendre le temps de me poser les questions de la foi, creuser le texte biblique et prendre confiance dans l’étude de la Bible en acquérant des bases d’interprétations ; donner un cadre aussi à mon engagement dans l’église, pour expérimenter, pour me forcer à travailler, à progresser. Dieu a donné pour moi ce qu’il avait de plus cher, j’avais envie de le servir en étant conséquente (et je sais que j’ai des progrès à faire dans ce domaine). Aujourd’hui, j’ai envie d’avoir des temps définis Je devine bien que ce ne sera pas toujours facile, mais je pense que cela me fera grandir et que j’en ai besoin.

Ce que j’aime faire

La question « qui je suis » m’a amenée à me pencher sur mes capacités, mes dons, ce que j’aime. J’aime échanger, créer du lien, aider l’autre à avancer dans sa relation avec Dieu. Ma plus grande crainte serait de donner une fausse image de Dieu, de faire un contre-sens, d’où ce besoin de formation.

J’aime apprendre, réfléchir, comprendre, me laisser interpeler. J’aime écrire, rassembler mes idées, choisir les mots justes, enseigner dans un esprit d’échange et non de gavage.

Au travers du groupe de prière et d’un groupe Facebook regroupant des femmes chrétiennes, j’ai pu mesurer l’impact que peut avoir une parole d’encouragement, que peut avoir la prière et j’ai eu le bonheur de voir des situations changer.

Aujourd’hui j’ai envie de pouvoir rappeler les promesses de Dieu, de donner envie d’apprendre à le connaître, d’encourager ceux qui le désirent à laisser Dieu les transformer car ça en vaut vraiment le coup !

Ce que je pense pouvoir apporter dans l’Église

Tout simplement, en tant que femme et maman, je pense pouvoir apporter un éclairage différent, et peut-être que Nathalie Martin, mère de 2 enfants et citadine (le « français moyen selon l’INSEE) sera plus à l’aise pour échanger avec moi ?
J’ai à cœur aussi de réfléchir à la présence de l’Église sur les réseaux sociaux, car internet peut être un formidable moyen pour communiquer mais aussi pour échanger sans avoir besoin de se déplacer, ou de se voir, et certaines personnes peuvent être plus à l’aise. Ça ne remplace pas une communion en réel, mais ça peut vraiment avoir un grand impact dans la vie de certaines personnes.

Lors de discussion avec un pasteur artiste et son épouse, artiste elle aussi, j’ai pu comprendre que ma sensibilité artistique pouvait devenir une richesse, qu’on pouvait partager ce qu’on fait avec satisfaction et humilité et qu’il était même possible d’avoir plein de projets divers en tête et de les réaliser avec sérieux.
Alors je ne sais pas où ce projet de formation et d’engagement va me mener, peut-être qu’à la fin je reprendrai un travail hors de l’Église, mais au moins j’aurais fait ce que j’ai compris que je devais faire.

« Écouter Dieu, ce n’est pas entendre quelque chose de nouveau mais c’est l’entendre maintenant » (citation de  Linda Oyer dans une conférence )

En conclusion, je voulais citer ce verset qui se trouve en Juges 6, quand Dieu s’adresse à Gédéon « Va avec cette force que tu as, et délivre Israël des Madianites. N’est-ce pas moi qui t’envoie ? »

Il ne lui a pas promis un chemin facile, mais il a promis qu’il serait fidèle. J’ai envie de faire confiance à ce Dieu qui me connait si bien, j’ai envie de continuer d’apprendre à lui remettre mes peurs, mes doutes, de laisser l’Esprit-Saint agir, de lui offrir toute la place qu’il mérite.

Laetitia Puyade Pons

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