Témoignages

Thérèse Pokorski, pasteure

« Maman, je te verrai bien pasteure! » me dit un jour mon fils Christophe à la fin d’une petite discussion en famille.  Il avait 1O ans à l’époque. « Quelle drôle d’idée !» lui ai-je rétorqué.  Sa réflexion d’enfant m’avait semblé tellement incongrue au moment où il l’avait prononcé.  Jamais, je n‘aurai imaginé une seule seconde qu’elle se révélerait pertinente et  deviendrait quelques  années plus tard, une réalité pour moi. Car effectivement, le Seigneur m’a conduit à  la fonction compliquée de femme pasteur.

C’est en 2015, quand  Aldleine , une nouvelle paroissienne de l’église d’Auchel , m’a appelé « maman pasteure »  que je me  suis souvenue de ce que mon fils m’avait dit.  C’était la première fois qu’un membre d’église s’adressait à moi de cette manière-là. « Maman pasteure ». L’association de ces 2 mots m’interpellait et en même temps résonnait comme une association adaptée à ma situation actuelle. Maman, je l’étais depuis longtemps déjà  avec les 3 enfants issus de mon mariage avec mon époux Albert. J’assumais encore davantage ce rôle avec mes 5 neveux et nièces que nous avions recueillis en 1981 après le décès de leurs parents. Pasteure, oui je l’étais depuis que la F.E.E.B.F m’avait nommée à ce poste lors de la cérémonie du 28 septembre 2008 au temple d’Auchel. Mais comment passe-t-on du rôle de maman au rôle de pasteur, comment devient-on une « maman pasteure » ? C’est cela que je vais essayer de vous expliquer à travers les méandres de mon histoire.

Ma conversion

C’est sur mon lieu de travail à l’hôpital qu’un jour, j’ai rencontré des chrétiens d’une église de Lille. Ils étaient une petite dizaine à y travailler comme brancardier, laborantin, éducatrice ou médecin. Très rapidement, j’ai tissé des liens d’amitié avec eux. Et quand ils m’ont invité à rejoindre l’église baptiste de Lille, pour le culte du dimanche, j’ai accepté tout de suite.  Au départ j’y allais seule car mon mari Albert s’y opposait, pensant que c’était une secte. Il changea d’avis après plusieurs discussions avec le pasteur David Berly qui l’engagea par la suite à l’ABEJ comme éducateur technique dans son atelier de réinsertion des SDF.

Élevée dans une famille catholique du Pas de Calais, c’est tout naturellement que je m’étais mariée dans une église catholique, sans vraiment adhérer à la foi chrétienne telle que les évangiles nous l’enseignent. Puis, j’avais pris du recul par rapport à cette église dans laquelle je me sentais mal à l‘aise, avec un Dieu que je percevais comme très lointain. La rencontre avec des chrétiens évangéliques a été pour moi une bouffée d’oxygène, car j’y ai découvert une foi vivante en un Dieu agissant et proche. La lecture des évangiles m’a permis de mieux connaître ce Dieu que je découvrais non plus simplement comme le créateur du monde mais comme un Père bienveillant sensible au sort de ses créatures. C’est tout naturellement qu’en 1992, en couple, mon mari et moi avons pris le baptême dans les eaux froides de la mer du Nord à Bray-Dunes. Je n’ai pas considéré ce baptême comme un re-baptême. Puisque mes parents m’avaient baptisé dans l’église catholique. J’ai demandé ce baptême d’immersion totale (c’est le cas de la dire avec la mer du Nord) pour confirmer mon adhésion au baptême de Christ. J’ai affirmé publiquement que je mettais ma foi en  Jésus-Christ et que désormais c’est Lui qui serait le Seigneur de ma vie.

L’apprentissage de la dépendance vis à vis de Dieu

L’arrivée de nos 5 neveux et nièces a été une expérience qui a bouleversé notre vie de famille ainsi que ma vie spirituelle. Je n’étais pas préparée à affronter cela mais il a fallu l’assumer. Et dès le début j’ai vu la main de Dieu qui agissait pour nous aider.  Je ne citerai que le geste de cette maman de l’école où nous avions inscrits nos 8 enfants. Un jour, elle m’a apporté 8 survêtements de couleurs différentes qu’elle avait confectionnés pour nos enfants. C’était un geste généreux parmi tant d’autres qui nous ont permis de faire face au quotidien d’une famille nombreuse et au travers desquels j’ai vu la main de Dieu agir en notre faveur. Face à la tâche énorme qu’il nous fallait assumer, j’ai appris jour après jour à faire appel au Seigneur de la vie, au Père des familles pour gérer notre famille. Cette expérience m’a appris à connaître mes limites et mes faiblesses et en même temps la bonté de Dieu. Cette période a été cruciale pour mon apprentissage d’une plus grande  dépendance au Seigneur.

La remise en question professionnelle.

En 2002, mon travail d’infirmière au lycée semblait m’apporter toutes les satisfactions nécessaires : j’avais de bons contacts auprès des élèves et mon travail portait du fruit. Pourtant au fond de moi, je n’étais pas entièrement satisfaite. Tant et si bien que j’ai pris une décision qui a profondément changé ma vie. Puisque mes enfants commençaient à voler de leurs propres ailes, j’ai décidé de prendre une année sabbatique pour  aller étudier la parole de Dieu à l’Institut biblique de Nogent sur Marne. Au départ,  mon souhait était de mieux comprendre cette Bible dont je me nourrissais chaque jour mais dont une partie du sens semblait m’échapper, en particulier l’AT qui me posait beaucoup de problèmes.  Donc, me voilà partie, la valise à la main pour une année en immersion totale à l’IBN.

Les études à Nogent Sur Marne

J’ai tout de suite senti que ce serait une expérience inoubliable. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer des étudiants, des étudiants chrétiens venus de l’étranger pour étudier en France. Je suis sortie de mon petit monde réduit au nord de la France pour entrer dans un monde multiculturel très coloré avec comme seul point commun la foi en Christ. Cette expérience m’a appris à poser un regard différent sur les autres cultures, un regard plus ouvert, plus tolérant. A la fin de la 1ére année, j’étais conquise et émerveillée par tous les enseignements de qualité que j’avais reçus et par les personnes que j’y avais rencontrées. Parmi les nombreux cours que j’ai suivis, l’un d’eux a laissé en moi un souvenir impérissable. C’est le cours d’homilétique. L’homilétique, pour les non-initiés, c’est l’art de prêcher en public. Ce jour-là c’était mon tour : il fallait que je présente devant la classe le message que j’avais préparé. Autant j’aimais méditer, creuser la Bible seule dans mon coin, autant je craignais de parler en public.  Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit et j’ai même regretté de m’être inscrite à ce cours. Quand le moment vint de parler à la classe, je me suis mise à trembler comme une feuille, mais j’avais décidé d’aller jusqu’au bout, quitte à me ridiculiser.

Et surprise, à la fin de ma présentation,  les critiques du professeur et celles des élèves (chacun pouvait donner son avis) étaient encourageantes! J’ai pris conscience que je m’étais plutôt bien débrouillée. Finalement j’ai été conforté dans l’idée qu‘il fallait continuer. J’en suis ressortie avec un amour plus grand pour la parole de Dieu et  le désir de transmettre le sens de cette parole selon ce que le Seigneur me permettait de comprendre. Grâce aux encouragements de Mlle Blocher qui animait le cours de langue française, j’ai pris conscience que malgré ma timidité, j’avais les capacités de transmettre avec mes mots des paroles, des émotions, des pensées inspirées par la Bible et que j’avais simplement besoin d’apprendre à maîtriser mon stress. Ce que je me suis appliquée à faire. Peu à peu, je me suis habituée à exprimer en public mes réflexions, J’y ai même trouvé une grande joie intérieure.  J’ai réalisé que c’était passionnant de pouvoir partager avec d’autres la parole de Dieu.

L’appel au ministère pastoral

En novembre, tous les ans, l’IBN participait à un événement national, qui se déroulait à Lognes. Les conférenciers défilaient sur le podium ainsi que les tables rondes et les stands où chaque oeuvre chrétienne tentait de se faire connaître au public. Une conférence déclencha dans mon cœur quelque chose que j’ai encore du mal à raconter aujourd’hui, tant cette expérience est curieuse. Un orateur avait pris la parole pour  raconter comment s’était déroulé un des réveils qui avaient touché les églises à la fin de la dernière guerre dans le sud de la France avec le pasteur Farelly. J’écoutais avec attention parce que la question de l’évangélisation était un sujet qui me tenait à cœur. A un moment donné, l’histoire a pris corps en moi comme si je la vivais de l’intérieur, comme si j‘étais présente. Je me voyais dans le rôle du pasteur qui revenait tout  triste dans son église vide à la fin de la guerre, les ronces avaient envahi le jardin autour de la porte du temple. Il n’y avait plus que quelques personnes au culte et beaucoup de chrétiens avaient été tuées. Un climat pesant régnait dans les familles endeuillées. Le  pasteur  n’avait d’autres recours que la prière. Chaque jour, il priait à la même heure et il attendait que Dieu intervienne pour son église. Au bout d’un certain temps, des chrétiens se joignirent à sa prière. Et petit à petit, l’église repris vie. Un réveil a soufflé dans cette région qui a amené à la conversion de nombreuses personnes.

A travers cette histoire du passé, Dieu  parlait à mon cœur. Je me disais que j’aimerai être à la place de ce pasteur pour pouvoir vivre un tel moment de renouveau ! La question du ministère pastoral est alors devenue une question récurrente pour moi. Je me sentais attiré par le pastorat mais à chaque fois que je commençais à réfléchir concrètement comment cela pouvait se passer,  cela devenait un casse-tête. Des murs infranchissables se dressaient autour de moi pour me barrer la route. Le plus grand était lié à ma condition de femme. A l’IBN, on nous enseignait qu’une femme ne pouvait pas être pasteur. Pourquoi? Parce que les Écritures Saintes l’interdisaient.

Ces Écritures avaient placé l’homme en 1ére position au moment de la création et la femme en seconde. Puis après la chute, Dieu avait puni la femme en la condamnant à la domination de son mari. De plus, l’apôtre Paul l’affirme également à 2 reprises dans ses épîtres: la femme a pour chef l’homme, elle ne peut enseigner dans l’église ! Puisque  l’autorité appartient aux hommes, donc les femmes doivent se soumettre à l’autorité masculine dans la famille et dans l’église. C’est une question d’autorité. A cette époque, j’ai remis en question l’appel que j’avais reçu pour le ministère pastoral. A cause de mon  désir de rester fidèle à la Parole de Dieu, je me rangeais derrière les explications que l’on m’avait fournies. D’autant plus que la fédération baptiste ne cautionnait pas à cette époque le ministère pastoral féminin. Je me persuadais donc que je m’étais trompé et que je devais accepter le rôle qui m’était imparti par Dieu.

Les grains de sable qui vont me faire changer d’avis

Mais j’avais beau chasser de mon esprit toute velléité de devenir pasteur, certaines contradictions venaient perturber ma conscience. Je n’en citerai qu’une mais elle est de taille: l’IBN était dirigé par une femme. Eh oui! Une autorité féminine dirigeait un institut biblique qui enseignait en majorité à des hommes. Lydia Jaeger donnait le cours de doctrine sur la création, elle prêchait aussi lors des cultes du matin, et dirigeait l’établissement au complet. Alors, bien sûr, me disait-on, il y avait au-dessus d’elle, une autorité masculine, puisque Jacques Blocher  supervisait l’IBN ainsi que  la faculté de Vaux sur Seine. D’ailleurs, des étudiants se plaignaient régulièrement que l’IBN soit dirigé par une femme. Pourtant, elle effectuait un travail remarquable. Le doute s’insinuait dans mon esprit quant à la validité des arguments qu’on m’avait donnés. D’autant plus que je rencontrais des femmes missionnaires qui me racontaient  leur travail en terres étrangères. Quelles étaient leurs tâches principales? Elles avaient en priorité la mission d’enseigner la Parole de Dieu à toutes  personnes: hommes/femmes/enfants. Les missions qui les soutenaient ne leur imposaient aucune contrainte. Et elles accomplissaient tout cela avec succès. Conclusion, ce qui était autorisé à l’étranger ne l’était pas en France! Cherchez l’erreur ! Des lectures m’ont aidé à poursuivre la réflexion : Le livre de Gilbert Bilézikian qui abordait le changement dans la relation homme/femme, apportée par la nouvelle alliance. Il dit que « l’autorité de l’homme est remplacé par une relation d’autorité et de soumission mutuelle qui reproduisent dans la vie du couple chrétien les conditions d’avant la chute ». Alfred Kuen, affirme aussi  que « la domination de la femme par l’homme résultant de la chute est clairement invalidée par 1 Co 7.4 où la femme reçoit exactement les mêmes droits que l’homme ».

L’élément décisif qui va faire pencher la balance

Puis il y a eu cette annonce affiché sur le tableau à l’IBN. Je l’ai lue et relue au point de la connaître par cœur et de la rabâcher dans ma tête : L’ EREI de Massy, où j’habitais à cette époque, recherchait un (ou une) stagiaire pour remplacer le pasteur pendant ses vacances. En lisant le mot « une », mon cœur a bondi de joie mais je me suis reprise tout de suite en me persuadant que ce serait impossible pour moi. Jamais, je n’oserai remplacer un pasteur et jamais cette église n’acceptera une femme pasteure. Pendant des semaines, j’ai été travaillée par cette annonce, jusqu’au moment où je me suis décidée à aller voir le pasteur. Persuadée qu’il me dirait un non catégorique, je me suis présentée devant Pierre Alméras qui m’a reçu avec courtoisie en m’expliquant en quoi consistait sa tâche et ce qu’il attendait de moi durant ses 6 semaines d’absence. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser la question épineuse qui me taraudait: « Mais croyez-vous qu’une femme a autorité pour enseigner la parole de Dieu à des hommes? » Il m’a répondu que l’autorité ne se situait pas dans la personne qui enseignait mais dans la parole de Dieu. Que l’enseignant ne faisait que transmettre un message qui ne venait pas de lui. Donc que ce soit un homme ou une femme cela n’avait aucune importance. Pendant qu’il me parlait, je sentais comme un poids énorme qui tombait de mes épaules.

L’un des obstacles qui me barraient la route venait de s’envoler et un nouveau chemin s’ouvrait devant moi. Un chemin qui me remplissait de joie. J’ai donc fait ma demande auprès de mon maître de stage de l’IBN et celui-ci, toujours à ma grande surprise, accepta sans exprimer aucune opposition. J’ai ainsi passé 6 semaines à visiter des malades, à prêcher la parole au culte, à rencontrer les chrétiens de cette communauté qui m’ont remercié à la fin de mon stage en m’encourageant à continuer ce métier pour lequel, m’ont-ils dit, j’avais  les qualités nécessaires.

Pour ce pasteur, mon seul point faible était mon niveau d’étude, à savoir seulement 3 années en institut biblique. Il  me conseilla de poursuivre mes études en faculté. Ce que j’ai fait quelques mois plus tard en m‘inscrivant à la faculté de théologie évangélique de Vaux sur Seine. J’étais heureuse d’avoir effectué ce stage qui m’a permis de vérifier sur le terrain que je ne m’étais pas trompée, que j’étais capable de  pratiquer ce métier. Pourtant une question restait sans réponse : Je ne pourrai jamais me mettre au service de l’église baptiste à laquelle j’adhérai, car la FEEBF n’acceptait pas le ministère pastoral féminin. A quoi me servirait-il de me préparer à un métier que je ne pourrai jamais pratiquer? J’ai quand même pris la décision de poursuivre mes études à la faculté de Vaux. Dans ce lieu, J’ai  beaucoup apprécié les cours. Les locaux étaient magnifiques avec une vue sur la Seine, les professeurs enseignaient avec intelligence et passion, il régnait une atmosphère amicale, détendue et studieuse. Nous n’étions que quelques étudiantes pour une majorité d’étudiants mais personne ne me faisait sentir que je n’avais pas ma place dans ce haut  lieu de  la théologie évangélique.

Au bout des 4 ans d’études universitaires, alors que j’arrivais à la fin de mon cursus, une nouvelle me bouleversa : le congrès de la fédération baptiste venait d’ouvrir la possibilité aux femmes d’exercer le ministère pastoral en son sein. Cette nouvelle, m’a remplie de joie car désormais, j’allais pouvoir me mettre au service des églises baptistes auxquelles j’étais profondément attachée. J’ai remercié le Seigneur pour cette décision qui tombait à point nommé, l’année ou je terminais mes études, en 2006. Il ne me restait plus qu’à trouver un lieu pour accomplir l’année de stage.

Un stage décisif

Mais je savais très bien que ce serait difficile. Quel pasteur accepterait d’accompagner une femme dans son stage pastoral? Je n’en connaissais aucun. Encore une porte qui semblait fermée devant moi. Mais pendant un stage que j’accomplissais à l’église de Bruay La Buissière, je fis la connaissance de Junior Damaceno, pasteur de l’église voisine à Béthune et je lui parlais de ma recherche désespérée d’un lieu de stage et de mon désappointement face à cela. C’est alors qu’il me proposa d’accomplir ce stage non pas à Béthune mais à Auchel.  Là  il y avait eu autrefois une église baptiste, mais elle avait périclité. Comme sa proposition correspondait à mon projet initial, je l’acceptais. A ma question « cela ne te gêne pas d’accompagner une femme vers le pastorat? », il répondit « pas du tout, je viens du Brésil et là-bas, ça fait des lustres qu’il y a des femmes pasteures ».

Pendant ce stage, je fis la connaissance des 7 paroissiens qui restaient encore au temple d’Auchel. La moyenne d’âge était de 80 ans. Un jour Albert, mon mari, me fit cette réflexion: « Après avoir enterré les derniers paroissiens, tu vas  pouvoir fermer  cette église ! ». C’est vrai que tout portait à croire que l’église était en fin de vie.  Pourtant une conviction différente s’imposait à moi. J’avais la conviction qu’elle allait reprendre vie. J’étais convaincue que mon travail consisterait à  redynamiser cette église. C’est pour cette raison que j’acceptais l’année suivante de commencer mon ministère dans cette petite église perdue au fin fond  du Pas de calais.

2008 le début du ministère pastoral à Auchel

Ma 1ére année à Auchel a été assez difficile.  Pas à cause des membres de l’église qui me soutenaient. Dès le début, je me suis heurtée à l’opposition de chrétiens issus d’autres églises, qui me critiquaient ouvertement. Je me souviens de ce jour où je tenais un stand au marché avec des jeunes d’Opération Mobilisation. Je savais que la priorité serait pour moi de faire connaître l’évangile aux habitants, donc j’avais organisé un concert Gospel et je distribuais des invitations en ville. J’ai engagé la conversation avec un homme qui a commencé à me dire que je n’avais pas le droit d’exercer mon métier et que de plus ma tenue était incorrecte (j’avais mis un pantalon pour plus de facilité afin de transporter le matériel à pied dans le marché). Pendant ½ heure, il m’a harcelé. J’ai fini par couper court et ne plus essayer de me défendre. Cette attaque frontale pendant un temps d’évangélisation m’a beaucoup peinée. Jamais, je n’aurai cru que les 1ers coups viendraient des chrétiens eux-mêmes. Mais c’est une réalité à laquelle j’ai dû faire face plusieurs fois. Je me souviendrai toujours de la 1ére pastorale Artois/Douaisis où je me suis trouvée face à face avec un pasteur remonté contre le ministère pastoral féminin. Au cours de la réunion, il m’a regardé et a dit devant tous les autres qu’il était contre le pastorat des femmes.  Je n’ai rien répondu sachant que je ne le ferai pas changé d’avis. L’idée de ne plus y participer m’a effleuré. Mais j’ai préféré persévérer car partir serait une manière de lui donner raison. Quelques années plus tard, ce pasteur a avoué bien malgré lui que mon ministère portait des fruits. Sans doute, pensait-il que j’allais me casser la figure assez rapidement et que je disparaîtrai de son champ de vision d’une manière naturelle. Mais cela n’a pas été le cas et il a bien été obligé de le reconnaître.

J’aurai encore beaucoup de choses à raconter mais je m’arrête ici. En conclusion, je crois que le Seigneur a ouvert devant moi toutes les portes fermées qui étaient des obstacles à l’accomplissement de ses projets pour l’exercice du métier de pasteure au féminin. C’est vrai que j’ai été obligé de tracer ma propre route avec plus de difficultés parce que je suis une femme. Mais aujourd’hui, je me sens à ma place dans ce service et le terme de « maman pasteure » exprime bien ce que je suis.

Thérèse Pokorski – Eglise baptiste d’Auchel

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