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L’association Dignity organise une journée de conférence et d’ateliers sur les abus sexuels

L’association Dignity, que nous avions déjà présentée ici, annonce une journée de conférence autour des abus sexuels. Cette journée aura lieu le 31 janvier 2026 à l’église évangélique de Cossonay (canton de Vaud, Suisse). Lisa Zbinden, co-organisatrice de l’événement, a répondu à nos questions.

Servir Ensemble : Comment est née l’idée de faire cette conférence ?

Lisa Zbinden : Avec Dignity, nous avons deux axes majeurs. D’une part, nous souhaitons orienter les victimes vers des ressources d’aide. D’autre part, nous voulons prévenir et sensibiliser contre les abus.

Dignity a commencé avec des projections publiques du documentaire réalisé par Marga [Margarita Fugger-Heesen]. Lors de ces projections, les spectateur·ices venaient nous voir avec de nombreuses questions :

« Quelles sont les ressources existantes ? »

« Quelles sont les bonnes réactions à avoir quand une personne partage une expérience liée aux abus ? »,

« Faut-il encourager les personnes à porter plainte ? »

ou le point très sensible de « Que faire lorsque la victime et l’abuseur fréquentent la même église ? »

Ces questions sont essentielles, car elles touchent des réalités souvent difficiles à aborder. Nous voulions créer un espace pour en parler ensemble.

Par ailleurs, on constate que les gens ont encore une image assez stéréotypée des abus, et ne savent pas trop quoi faire de témoignages qui ne collent pas aux stéréotypes. C’est pourquoi nous avons aussi invité plusieurs personnes à raconter leur histoire, pour montrer la réalité des abus. Nous voulons donner aux participant·es les outils nécessaires pour s’engager et être mieux préparé·es. »

Vous avez pensé la journée de façon très vivante ! Tu peux nous en dire plus ?

Volontiers ! Nous avons conçu la journée pour offrir un triple éclairage : thérapeutique, sociologique et spirituel.

Notre souhait, c’est que ce triple éclairage soit présent dans toute la journée, et pas seulement dans les mots des interventions et des ateliers ! C’est pour cela que nous avons prévu des temps de prière et des intermèdes artistiques (musique, danse, vidéos…) pour nourrir ces trois aspects ! Par exemple, pendant la journée, des petites stations méditatives pour souffler et se reconnecter à Dieu seront accessibles en continu. Nous avons aussi prévu un coin prière. En atelier, les participant·es pourront prendre le temps d’échanger en plus petits groupes sur des sujets sensibles. Notre objectif, c’est vraiment que cette journée aide l’Église dans son ensemble à s’équiper pour mieux prendre en charge les situations d’abus et mieux les gérer.

Vous avez fait beaucoup de place à l’art ! Quel est son rôle dans une journée comme celle-là ?

L’art fait partie de l’ADN de Dignity depuis le début ! Déjà dans le documentaire, la danse et les scènes de kintsugi [un art japonais consistant à réparer les céramiques brisées avec de l’or] ont une place importante. Marga, la fondatrice, est danseuse professionnelle et a fait l’expérience forte de la guérison et de la restauration du corps par la danse. Sur des sujets aussi lourds que les abus, ces moments apportent une touche de beauté et d’espérance qui peut vraiment adoucir les discussions difficiles. C’est un équilibre délicat, mais nous croyons fermement que l’art atteint directement le cœur des gens, d’une façon toute différente des mots et des idées.

Est-ce que la journée est réservée aux responsables d’Église ?

Non pas du tout elle est ouverte à toutes et tous ! Nous souhaitons surtout toucher les personnes de foi, mais notre approche est œcuménique. Nous espérons rassembler une diversité de participant·es : des proches de victimes, des survivant·es, ainsi que des accompagnant·es et des responsables d’Église. Nous voulons créer un espace où chacun·e peut bénéficier de l’expérience partagée. Certains ateliers sont plutôt conçus pour répondre aux besoins des victimes (par exemple « Sens spirituel du corps »), tandis que d’autres ciblent plutôt les personnes accompagnantes et en responsabilité (par exemple « Bonnes pratiques des responsables d’Église ». L’idée est de parvenir à un équilibre où toutes les voix, toutes les histoires, trouvent leur place et où chacun·e peut trouver des ressources pratiques.

Et le soir ?

La soirée est séparée de la journée, mais nous offrons une projection de notre film documentaire. Il est possible de ne venir que pour la soirée, ou de participer aux deux !

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Une centaine de personnes sont attendues à la journée de conférence Dignity, le 31 janvier à l’Église évangélique de Cossonay. Vous pouvez vous inscrire sur ce formulaire.

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