Progresser en Église

Boîte à outils: (bien) lire à deux voix

Quelques conseils pour lire à haute voix la Bible et d’autres ouvrages…

Préparer une lecture et l’offrir à une personne ou a un groupe est l’occasion de partager un temps de qualité ensemble, à l’écoute de la Parole de Dieu ou d’autres paroles intéressantes. Jeunes et moins jeunes apprécient qu’une personne, ou mieux, deux personnes, leur lise(nt) avec soin un livre en recevant, méditant, ressentant le texte tout en l’offrant à travers son corps.

Mais, faut-il avoir une voix aigüe si on est une fille et grave si on est un gars? Non. Encore un cliché à combattre. Chaque personne devrait s’exprimer en utilisant ses cordes vocales à leur position de repos, soit entre la note la plus haute et la plus basse qui peut être chantée. Il se trouve que des personnalités ont été très appréciées alors que, femmes, elles parlent avec une une voix très basse (Amanda Lear, Macha Béranger), ou que, hommes, ils s’expriment avec une voix très haute (Jean-Michel Apathie, Gérard Jugnot).

Premier conseil donc, parlons avec notre propre voix, qu’elle soit basse ou aigüe, et offrons-la en cadeau aux personnes qui nous écoutent. Une lecture incarnée, pour un moment de communion à l’écoute d’une histoire ou de la grande Histoire entre Dieu et nous. La lecture d’une bande dessinée est une magnifique occasion de vivre un temps fort avec petits et grands, en adoptant différentes voix pour les personnages. Il est même possible d’en jouer: Madame fait la voix du capitaine Haddock, et Monsieur de Tintin, et à la page suivante, on change les rôles.

La Bible, livre à lire à haute voix

La Bible a été lue à haute voix durant toute sa constitution. Par exemple,

  • Josué a lu les Paroles de la Loi, la totalité de ce que Moïse avait prescrit, devant toute l’assemblée, avec femmes, enfants et étrangers (Jos 8.34);
  • Esdras a lu le Livre de la Loi de Moïse devant l’assemblée, hommes, femmes, en âge de comprendre, en prenant soin de donner à entendre et à voir (debout sur une estrade), en lisant distinctement et en expliquant le sens pour favoriser la compréhension (Né 8.1-8)
  • Les premières Églises ont échangé les lettres qui constituent une grande partie du Nouveau Testament et les ont lues à haute voix, ce qui a généré notamment réjouissances et encouragements (Ac 15.30; Col 4.16).

Se mobiliser et s’exercer pour mieux parler

Pour se préparer à bien lire, quelques éléments à prendre en compte:

  • Utiliser sa voix est un exercice qui engage toute la personne. Cet “instrument à vent” mobilise la respiration et tout le corps qui va forger les sons (cordes vocales, articulation), les faire résonner (placement de la voix, posture, articulation) et les accompagner de façon visible (regard, visage, gestuelle, éventuels déplacements). Parler mobilise tout l’être, c’est un engagement, un partage qui relie profondément la personne qui s’exprime et celles qui écoutent.
  • Si on a la possibilité de préparer une lecture à plusieurs voix, homme(s) et femme(s) ensemble, nul doute que les exercices préparatoires pourront renforcer le sentiment et la conviction d’être pleinement unis dans notre humanité, doués de magnifiques capacités de communication. Les peurs qui doivent être contrées pour une expression orale optimale sont les mêmes quel que soit le sexe mais aussi l’âge des personnes.

Avant de lire à haute voix, 3 aspects à soigner:

  1. Penser aux bénéficiaires: prier pour les personnes qui écouteront, choisir un texte et une durée qui permettent de vivre quelque chose d’adéquat (connaissances préalables, âge, circonstances) et de constructif (besoins et envies), réfléchir aux conditions matérielles de la prise de parole (salle, sièges, éventuels éléments perturbateurs sur le plan sonore ou visuel) afin que chaque personne puisse être à l’aise, dans une écoute active.
  2. Prendre soin de soi: se reposer, manger léger, protéger ses cordes vocales (foulard pendant une nuit fraîche par exemple, eau plate à température ambiante pour s’humecter régulièrement la gorge durant la lecture), chauffer ses muscles et sa voix avant la lecture (exercices d’assouplissements, bailler, chuchoter, parler, chanter).
  3. Préparer la lecture: prendre le temps de penser au sens du texte à lire, se laisser toucher par lui, éventuellement le ré-écrire afin qu’il soit plus facilement lisible à haute voix (retours à la ligne et espaces en fonction des pauses, taille adéquate de caractères, impression sur un support facile à porter et utiliser – le format A5 est bien adapté: imprimer 4 pages A4 sur une seule feuille puis la couper en quatre feuillets); lire le texte à haute voix et s’arrêter sur tout ce qui ne sort pas de manière distincte (reprendre un mot compliqué en le lisant plus lentement, et le répéter plusieurs fois pour acquérir un automatisme de prononciation le moment venu; faire de même pour des groupes de mot qui posent problème), veiller en particulier aux consonnes qui se suivent afin que chacune soit audible (ajouter un “e” muet entre deux, par exemple: “cette – e – table” et non “cetable”).

Répéter et aider à répéter

Une communication orale qui vise l’excellence se prépare et se répète avec soin. Cela en vaut la peine, car l’être humain aspire à des moments de communion dans une écoute attentive. Les réseaux sociaux et les médias racontent de nombreuses histoires, mais jamais aussi bien qu’une personne qui offre son temps à une ou plusieurs autres personnes pour vivre un acte de communication dans la vie réelle, ensemble.

Une lecture à deux voix par une femme et un homme peut être un magnifique exemple de communion, alors qu’une écoute attentive permet de poursuivre la lecture quand l’autre s’est arrêté.e.

Il vaut la peine d’encourager d’autres personnes à lire à haute voix en perfectionnant leur capacité à offrir un texte de façon vivante.

Quelques clés pour accompagner une personne à puiser dans toutes ses ressources pour communiquer avec plus d’engagement, de conviction et d’impact:

  • Se mettre à côté de la personne, et lui proposer de lire un texte lentement, pour l’apprivoiser, pour se l’approprier peu à peu;
  • Discuter de la valeur du texte avec la personne: qu’est-ce que ce texte lui apporte, en quoi est-elle touchée? Et donc qu’est-ce que ce texte pourrait apporter à d’autres personnes?
  • Aider la personne à prendre conscience de son positionnement, et l’inviter à se tenir bien droite, en appui sur ses pieds légèrement écartés, les genoux en souplesse, la colonne vertébrale bien ferme, la tête haute, les épaules basses, l’avant du corps – visage surtout – en ouverture
  • Inviter la personne à bien s’oxygéner (respiration abdominale), puis à chauffer sa voix avec quelques exercices vocaux
  • Encourager la personne à projeter sa voix vers l’avant, avec un bon volume, une articulation soignée, pour un texte aisément audible par toutes les personnes présentes (quel que soit leur acuité auditive, 100% ou moins), et dont chaque mot est compréhensible avec clarté
  • Offrir à la personne une écoute attentive et bienveillante de sa prestation, et souligner les qualités de sa prise de parole (ce qu’elle fait bien, sur quoi elle peut s’appuyer);
  • Proposer un élément perfectible à la personne et l’encourager à reprendre la lecture en se concentrant sur ce point à améliorer (volume, pauses, articulation, intonation)

N’importe quel texte peut faire l’objet d’une lecture à deux voix (ou plus). Le mieux est de réécrire le texte, en utilisant des caractères assez grands pour faciliter la lecture, et en séparant ce qui sera dit par la voix 1, la voix 2 et éventuellement d’autres. Une bonne possibilité est d’écrire le texte en séparant plus ou moins les mots en fonction de la longueur de la pause qui semble adéquate pour souligner le sens de ce qui est dit.

  • Une longue pause pour favoriser la réflexion.
  • Une petite pause pour offrir une écoute claire de chaque mot articulé de façon distincte.
  • Une pause moyenne pour respirer – et permettre de respirer.

Enregistrer et écouter sa voix

Une excellente façon de s’améliorer dans l’élocution ou d’encourager une autre personne à le faire est d’enregistrer une lecture puis de l’écouter. Il s’agira de dépasser la gêne universelle d’avoir à entendre sa propre voix autrement, car enregistrée par un appareil qui n’est pas connecté à la résonance intérieure de notre être quand nous parlons. Si l’enregistrement (micro) et sa restitution (amplification, haut-parleurs) sont de qualité, la voix entendue correspond à celle que les autres entendent quand nous parlons. Les professionnel.le.s de la radio mettent quelque 6 mois à apprivoiser l’écoute de leur propre voix dans un casque, en vue d’améliorer toujours leur prestation.

Une bonne manière d’utiliser un enregistrement est de l’écouter ensemble puis de demander à la personne d’indiquer ce que la voix entendue a comme qualités. Il faut souvent aider la personne à ce moment à rester concentrée sur les qualités, et au besoin lui en suggérer.

Ensuite, passer à un élément (un seul) qu’il serait important d’améliorer pour un meilleur résultat. Il arrive fréquemment qu’une personne désigne des “défauts” qui sont inexistants ou dont l’impact est mineur, et qu’elles peinent à distinguer ce qu’il vaudrait vraiment la peine d’améliorer. Aider la personne à déterminer un point précis à corriger est une grande aide: elle pourra se concentrer sur cela en s’exerçant à nouveau, et beaucoup d’autres points s’amélioreront d’eux-mêmes, grâce à la concentration sur une lecture plus soignée du texte. Enfin, remercier la personne pour sa lecture (et pour les éléments de sa restitution du texte qui vous ont touché.e) et l’encourager à la proposer à une ou plusieurs personnes, tout en continuant à s’exercer.

Offrir une lecture incarnée des Écritures

Pour offrir une lecture de texte(s) de la Bible, Marion et Alain Combes proposent d’excellents conseils (“La lecture dans l’Église”). Selon eux, toute lecture en public est “destinée à être goûtée et partagée”. Il s’agit de se laisser toucher, au moment d’exercer la lecture, et aussi au moment de la prestation publique: être toujours à l’écoute du texte, et chercher à l’offrir à travers sa personne, sans exagération.

“La Parole de Dieu est vivante, ce n’est pas nous qui “la rendons vivante”, mais c’est elle qui nous rend vivants. Encore faut-il que nous laissions sa richesse faire vibrer nos capacités d’expression, que nous ne soyons pas de bois.”

Pierre-André Léchot (pierre.andre.lechot@gmail.com)

lechot_pierre-andre

Ressources

  • Application pour téléphone portable avec de bons conseils pour chauffer, préserver et soigner sa voix
  • Site internet qui propose des phrases en vue de perfectionner l’articulation
  • Étude: “Histoire de l’expression orale dans le culte: la lecture de la Bible” par Marion et Alain Combes
  • Vidéo en anglais concernant la lecture publique des Écritures (The Bible Project)

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1 comment on “Boîte à outils: (bien) lire à deux voix

  1. marcelmalaba

    Merci.

    J'aime

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